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Colère au FFS : Aït Ahmed perd-il le contrôle du parti ?

Fin de règne difficile pour le zaïm. New Press
Fin de règne difficile pour le zaïm. New Press

Rien ne va plus à la maison FFS. Sans attendre, Samir Bouakouir, représentant du parti à l’étranger, répond de la manière la plus forte à la sévère mise en garde de Hocine Aït Ahmed contre des comportements «indignes» de certaines figures du Front. Dans sa réponse adressée aujourd’hui au secrétariat national, M. Bouakouir, candidat malheureux aux législatives en France, a accusé des cadres du FFS d’avoir pris en otage le parti. «Ce n’est pas la participation du FFS aux élections du 10 mai qui est en cause, c’est le sens que lui ont donné ceux qui ont pris en otage un appareil politique et, peut-être, son président», a-t-il souligné dans sa lettre, en appelant à la tenue en urgence d’une conférence des cadres pour éviter le pire au parti. Samir Bouakouir ne cite pas de noms, mais ceux qui connaissent le parti comprendront qu’il cible Ali Laskri, premier secrétaire, et Karim Baloul, secrétaire national chargé des relations internationales, considéré comme les yeux et les oreilles de Hocine Aït Ahmed. «Comment ne pas douter que ces éléments, au vu d’une campagne électorale affligeante et des déclarations post-électorales en rupture totale avec la structure et les éléments de langage même du discours politique traditionnel du FFS, ont délibérément opté pour un ralliement à la politique clientéliste et de cooptation du pouvoir ? » se demande-t-il. Selon lui, «l’éthique et le courage politiques auraient été d’assumer un tel changement stratégique et de l’expliquer publiquement en toute transparence !» M. Bouakouir cache mal son étonnement de ce changement de ligne de conduite pour le moins inattendu. Pour lui, rien ne peut justifier une telle attitude politique. Ni les menaces d’ingérence étrangère ni les enjeux régionaux que d’aucuns ne contestent. Cela ne peut justifier un tel «abandon des idéaux pour lesquels de nombreux militants se sont sacrifiés depuis 1963, surtout que le coup de force électoral accélère la mise sous tutelle de l’étranger de notre jeune nation». Il considère dans ce sillage qu’avec un capitalisme financier mondial conquérant, le pouvoir d'Alger, de plus en plus isolé, ira de concessions en concessions jusqu'à hypothéquer une souveraineté nationale déjà bien malmenée. Dans un tel contexte, il estime que «le pouvoir n'aura de mieux pour assurer sa pérennité que de faire valoir un rôle de sous-traitant régional des intérêts étrangers». Cette sortie de Samir Bouakouir en dit long sur la situation interne d’un parti qui est au bord de l’implosion. La guerre des tranchées entre les partisans de la participation et les défenseurs du boycott se poursuit après l’élection législative. «algeriepatriotique» avait fait état de cette situation en rapportant récemment la colère de Hocine Aït Ahmed contre le premier secrétaire et certains de ses caporaux auxquels il reproche la mauvaise gestion de la campagne électorale. Il a également rapporté que de nombreux cadres du parti réclamaient la tenue d’une conférence nationale. Une volonté exprimée, de nouveau, aujourd’hui, par l’ancien secrétaire national du parti, Samir Bouakouir. Les dissensions ne font que commencer et le désaccord entre les cadres dirigeants ne conjecture rien de bon pour l’avenir du parti
Sonia Baker

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