Contribution de Youcef Benzatat – Compromission sioniste des artistes séparatistes algériens

Sous le titre «Merzak Allouache et les convoitises impérialistes pour l’inféodation de l’Algérie», article paru dans Le Matin.dz,le 10 avril 2012, puis censuré quelques heures après sa parution, j’avais déjà évoqué la compromission de ce cinéaste dans le complot permanent pour la «talibanisation» de l’Algérie, afin d’y semer le chaos et de procéder à sa partition. Depuis, Le Matin.dz,après avoir été cédé par son propriétaire, est devenu le porte-parole du mouvement séparatiste kabyle et la vitrine de tous les extrémistes berbéristes et des intellectuels et artistes favorables à la partition de l’Algérie, pour la création d’un Etat kabyle indépendant. Ainsi, Ferhat Mehenni, Boualem Sansal et maintenant Merzak Allouache, n’ont jamais été critiqués pour leur séjour «autiste» dans un Etat colonialiste, coupable à plusieurs reprises de crimes contre l’humanité et exerçant l’apartheid contre le peuple palestinien, en l’occurrence l’Etat d’Israël. On ne peut reprocher à quiconque de se rendre dans un pays, dans la mesure où il demeure libre de son pouvoir critique et de dénoncer toute violation des droits humains qui s’y déroulent. Or, l’on sait que quiconque s’aventure à dénoncer l’occupation de la Palestine et des crimes récurrents commis contre son peuple est systématiquement déclaré comme indésirable en Israël. A commencer par les juifs antisionistes de la diaspora eux-mêmes, y compris les Israéliens anticolonialistes vivant en Israël. Nos artistes séparatistes kabyles, qui y ont séjourné, n’ont, en effet, jamais pris une position franche dans le conflit israélo-palestinien pour être privés de séjour en Israël. Par ce soutien implicite à la colonisation de la Palestine, il va de soi que ces séparatistes cherchent un appui à leur cause de la part des amis de l’Etat sioniste. Ceci explique la présence du cinéaste algérien Merzak Allouache à la 31e édition du Festival international du film à Haïfa, qui se tient du 26 septembre au 5 octobre prochain, avec son dernier film «Madame courage». Comme il lui est arrivé de participer au Doha Tribeca Film Festival, qui s'est déroulé le mois d'octobre 2011, où Merzak Allouache s’est vu décerner le prix du meilleur long métrage arabe pour son film «Normal !» d’une valeur de 100 000 dollars, qui lui a été remis par le cinéaste syrien Mohamed Mallas, président du jury. Le président du jury syrien et le prix décerné à un Algérien sont un signe hautement symbolique aux artistes et intellectuels arabes et particulièrement syriens et algériens de rejoindre l’association américano-qatarie pour une collaboration active et rémunérée. Lors de la remise du prix, le jury avait précisé explicitement que ce film avait été choisi pour sa capacité à «exprimer avec courage ce qui se passe dans les pays arabes et à dévoiler la répression». Cependant, pour éloigner les soupçons sur cette collaboration rémunérée, Merzak Allouache a feint de dédier son prix de 100 000 dollars à la lutte du peuple syrien ; un «geste» qui a été largement médiatisé. L’imposture de cette diversion montre la gêne occasionnée à Merzak Allouache par cette collaboration honteuse, dont il voulait se laver les mains par ce geste désespéré. Car, à moins d’être dupe, tout le monde sait que le Qatar et les Américains, qui ont dès le départ transformé cette lutte en une guérilla djihadiste, sont très proches de l’opposition islamiste syrienne, à qui ils accordent un soutien logistique et diplomatique conséquent, et que celle-ci n’a que faire des 100 000 dollars offerts par Merzak Allouache. A savoir que le Tribeca Film Festival fondé en 2002, par Jane Rosenthal, Robert De Niro et Craig Hatkoff en réponse aux attaques du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center à New York, a été lui aussi mobilisé par l’association américano-qatarie pour influencer le développement du «printemps arabe» et la déstabilisation de l’Algérie pour l’instauration d’une démocratie islamique inféodée. Le Tribeca Film Festival a été, en réalité, fondé pour remplacer le Tribeca Quartier Lower Manhattan, en perte d’efficacité depuis la destruction du quartier par les attentats d’Al-Qaïda.
Une multinationale culturelle
Il faut être naïf pour ne pas croire qu’il a été fondé pour accompagner la propagande américaine, pour la promotion de sa suprématie sur le monde, dans la perspective de la redéfinition de la nouvelle carte géostratégique, que celle-ci s’acharne à dessiner, suite à la fin de la guerre froide et son projet du Grand Moyen-Orient incluant un Maghreb islamisé, sous contrôle et totalement inféodé. Officiellement, la mission du festival est de «permettre à la communauté cinématographique internationale et au grand public de découvrir la puissance d’un film». En réalité, il s’agit d’une sorte de multinationale culturelle, intégrée dans la dynamique de la mondialisation ultralibérale, façonnée et contrôlée par les forces impérialistes, notamment américaines. Le moment fort de son démarrage correspond aux années 2006 et 2007 où le festival avait reçu plus de 8 600 films et projeté 1 500 qui répondaient aux attentes des organisateurs. Le programme comprend une variété de films, allant du documentaire au long métrage de fiction ainsi que le court métrage. Le festival propose également des tables rondes avec des personnalités du monde du spectacle, choisies en fonction de leur disponibilité à collaborer avec les objectifs de ses organisateurs. Il est doté d’un programme de bourses pour artistes dans lequel les artistes émergents ou déjà confirmés, retenus par son comité de sélection, peuvent en bénéficier à titre d’aide à la création cinématographique. Le festival attire désormais environ trois millions de personnes, y compris des célébrités du monde de l'art, du cinéma et de la musique, et génère près de 600 millions de dollars chaque année. Son objectif stratégique, aussi bien à l’échelle planétaire que régionale, et particulièrement à destination du Moyen-Orient et du Maghreb, est d’éclipser les festivals cinématographiques locaux des capitales arabes, notamment ceux du Caire, de Damas et de Tunis. Comme l’ont fait les grands multiplexes cinématographiques qui ont éclipsé les salles d’art et d’essais des quartiers. Cela, pour neutraliser l’émergence d’un contre-discours à la propagande américaine en empêchant les artistes locaux, qui résistent à l’expansion de l’hégémonie impérialiste, d’être visibles et audibles. C’est dans cette perspective que les Américains ont organisé avec les autorités qataries le Doha Tribeca Film Festival. Dans sa version qui s'est déroulée le mois d'octobre 2011, tout laisse croire que Merzak Allouache n’est pas arrivé au festival sur simple invitation. Son film «Normal !» est un véritable film de propagande, qui lui a été commandé par l'Institut du film à Doha (IFD) au milieu de l’année 2011, en pleine effervescence du «printemps arabe». Certainement pour contribuer à la déstabilisation de l’Algérie et faire la promotion de l’islam wahhabite, dans la perspective d’instaurer une démocratie islamique, sous le «label» d’un islam «modéré», comme cela s’est produit dans les autres pays arabes. Cela ne peut être autrement, car on imagine mal comment le Qatar, une théocratie archaïque, peut soutenir un projet de film progressiste qui fait la promotion d’une véritable démocratie avec tout ce que cela implique comme transition vers la citoyenneté, la liberté de conscience, l’égalité de la femme avec l’homme et tout ce qui est antinomique avec l’idéologie wahhabite. Le film de propagande demandé à Merzak Allouache devrait naturellement correspondre à la propagande à l’œuvre sur les chaînes satellitaires Al-Jazeera et Al-Arabiya, qui œuvrent depuis leur création à la promotion du wahhabisme à l’adresse du monde arabo-musulman.
Un cinéma médiocre 
De son vivant, un grand artiste a toujours été un mal-aimé de ses contemporains. En même temps qu’il est admiré, jalousé, envié et adulé dans la solitude et l’anonymat, en même temps il est craint pour sa capacité à démasquer et à pénétrer en profondeur dans les aspects les plus ténébreux de son époque et par son audace et son courage à les dénoncer. Par un consensus implicite et complice, il est l’ennemi à abattre. Haï, persécuté, injurié, vilipendé, affabulé pendant l’accomplissement de son art, ce n’est qu’une fois mort que son cadavre devient exquis. Propre aux louanges. Il devient soudainement ce visionnaire qui fait honneur à la nation, la grandit et le fait grandir à son tour à titre posthume. Car il véhicule par son art tout ce qu’il y a de haïssable chez ses contemporains. Hypocrisie, mensonge, servitude, arrogance, lâcheté, conservatisme et toutes sortes de laideurs, qu’il parvient à transformer par son art en beauté, laissant place à des perspectives heureuses. Merzak Allouache a raté cette occasion. D’ailleurs, il n’a jamais réussi à atteindre l’essence de l’art avec son médiocre cinéma. Il est en train de finir sa carrière en larbin des Qataris, en fétiche des Américains, pour accomplir les sales besognes et, aujourd’hui, il franchit un point de non-retour : la compromission avec un Etat colonialiste, coupable à plusieurs reprises de crimes contre l’humanité et exerçant l’apartheid contre le peuple palestinien.
Youcef Benzatat

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