Aéroport Houari-Boumediene, le 24 février 2003. Le soleil vient de décliner. Trois gentlemen, l’allure élégante, pénètrent dans l’aéroport en roulant des épaules. Normal, ils sont jeunes, riches et puissants. Ils se soucient peu des formalités douanières. Ils ont coutume de passer le check point sans coup férir. Une facilité déconcertante favorisée par la déliquescence d’un Etat qui a laissé s’invétérer de mauvaises habitudes. Côté départs, un agent, nonchalant, perché sur un tabouret, siffle négligemment un air quelconque en tapotant des doigts sur un pupitre en contreplaqué lissé.