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Coupable de ne pas être blond

Les Etats-Unis ont beau avoir un président de couleur – comme ils disent dans le langage politiquement correct –, le racisme n’en continue pas moins d’y constituer le credo. En Arizona, la police a le droit d’interpeller toute personne qui ne serait pas blonde aux yeux bleus. On appelle ça un contrôle de faciès et la Cour suprême américaine vient de décréter cette pratique ségrégative légale. Cinq Etats ont déjà voté une loi similaire et treize autres s’apprêtent à le faire. Voilà donc les Etats-Unis d’Amérique, champions de la démocratie dont les institutions pléthoriques et zélées attribuent des notes aux autres pays, bons derniers de classements farfelus élaborés par des rédacteurs qui abhorrent les miroirs, se rendant coupables d’un apartheid dûment autorisé. Barack Obama a tenté vainement de faire barrage à cette démarche cocardière mais la justice américaine étant au-dessus de tout, le locataire de la Maison-Blanche a été gentiment invité à rester dans les limites de la mission qui lui est assignée ; celle de faire faire à ses semblables un aller sans retour en Afghanistan et en Irak. «Aucun Américain ne devrait vivre ainsi suspecté juste à cause de son apparence». Un regret formulé au conditionnel, voilà tout ce qu’a pu dire l’homme le plus puissant de la planète en réponse à cette ignominie qui se passe sous ses yeux, lui dont la voix menaçante porte jusqu’aux limites du monde.
M. Aït Amara

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