Investissements étrangers : l’Algérie améliore ses résultats en 2012

L’Algérie affiche de très bons résultats en matière d’investissements directs étrangers (IDE) en 2012, selon le réseau «Anima Investment Network» spécialisé dans la veille des investissements en Méditerranée. Les investisseurs semblent s’être adaptés au principe du 49%-51%, qui oblige les étrangers à inclure des partenaires algériens dans leur projet d’investissement à hauteur de 51%, ce qui avait fortement déstabilisé les entreprises étrangères lors de son introduction en 2008, selon l’observation du réseau Anima. Après deux années consécutives particulièrement mornes en ce qui concerne les IDE en Algérie, quelques grandes annonces d’investissements ont permis au pays de redresser la barre en 2012. L’acquisition quasi totale de l’opérateur de téléphonie mobile Wataniya Telecom par le qatari Qtel pour un montant annoncé de 1,5 milliard d’euros, ainsi que le rachat, pour un montant similaire, des activités pétrolières de Conoco Phillips par l’indonésien Pertamina, ont largement gonflé le montant des annonces d’investissement retenu en 2012, qui dépasse pour la première fois les niveaux enregistrés depuis l’adoption de la nouvelle loi de finances en 2009. Ces deux projets exclus, souligne Anima, le montant des investissements reste stable pour un nombre de projets en hausse (+46%). L’année 2012 se caractérise également pour l’Algérie par une nette percée des annonces d’investissement dans le secteur automobile (7 projets), à commencer par la conclusion du projet d’usine Renault à Oran, qui devrait permettre à terme la création de plus de 7 000 emplois et l’arrivée sur le marché d’un certain nombre de sous-traitants. Par ailleurs, la poursuite des vastes projets d’infrastructures prévus dans le cadre du plan quinquennal 2010/2014 continue de susciter l’intérêt des multinationales étrangères, telles la RATP et Alstom notamment dans le domaine ferroviaire. Pour ce qui est de la stratégie de promotion des investissements durant l’année 2012, Anima estime que notre pays a accompli de timides efforts. «Sans rigoureusement modifier son contraignant code de l’investissement, l’Algérie a mis en place une série de mesures visant à améliorer les conditions générales liées aux investissements étrangers.» Celles-ci incluent, selon le réseau, la création par le Premier ministre d’un comité spécifique chargé d’évaluer l’environnement des affaires, de communiquer auprès des organisations internationales et d’identifier les changements administratifs nécessaires pour mieux promouvoir la création d’entreprises, les IDE et le soutien aux PME. Le réseau cite également la mise en place de réformes pour faciliter la création d’entreprises et améliorer le cadre dans lequel celles-ci exercent leur activité, telles que la révision du code du commerce, la simplification des procédures d’obtention du registre de commerce ou de l’accès au foncier, et l’allégement de la fiscalité des entreprises. D’autres facilitations sont citées dans le rapport qui inclut «l’acceptation d’un nouveau motif d’exemption pour la mise en conformité avec la règle des 51/49 lors d’un changement de statut sur le registre du commerce, et ceci si les actions transférées entre nouveaux et anciens administrateurs s’élèvent à moins de 1% du capital de l’entreprise (loi de finances 2012)». Le rapport énumère aussi l’exemption, pour les entreprises étrangères en partenariat avec des entreprises publiques, du devoir de réinvestir les bénéfices obtenus via l’application de mesures incitatives si celles-ci se reflètent dans le prix du produit (loi de finances 2013), et le relèvement de 5 à 15 millions d’euros du plafond à partir duquel les projets d’investissement doivent être approuvés par un comité national (LF 2013). La nouvelle loi sur les hydrocarbures approuvée début 2013 a, quant à elle, également apporté, estime Anima, quelques modifications au cadre qui régit les IDE. Si cette loi réaffirme l’obligation de s’associer à la Sonatrach pour tout projet lié au pétrole et au gaz, elle révise néanmoins la méthodologie utilisée pour déterminer le taux d’imposition sur les revenus pétroliers (TRP) : celui-ci sera désormais calculé sur la base de la rentabilité du projet plutôt que sur son chiffre d’affaires, permettant ainsi de rééquilibrer les pertes potentiellement causées par des problèmes opérationnels. La nouvelle loi ouvre également, selon le rapport, la voie à l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels et à l’utilisation de la technique de la fracturation hydraulique pour le gaz de schiste. Le réseau Anima estime de manière plus générale que les tempêtes politiques qui continuent d’agiter la Méditerranée ne doivent pas étouffer les bonnes nouvelles. Ainsi, après deux années particulièrement difficiles pour une Méditerranée prise en étau entre ses crises politiques et les crises économiques mondiales, 2012 est une excellente année pour la région en termes d’attraction des investissements directs étrangers – la quatrième meilleure de la dernière décennie. En effet, avec 37 milliards d’euros d’IDE annoncés en 2012, les pays MED renouent avec les niveaux atteints avant 2008 et la crise financière. Tous les pays, à l’exception de la Syrie, enregistrent des résultats en hausse par rapport à 2011, notamment grâce à quelques spectaculaires transactions annoncées en Algérie, en Egypte et en Turquie.
Meriem Sassi
 

Comment (4)

    Safiya
    10 décembre 2013 - 1 h 44 min

    Bien sûr qu’avec tous ces
    Bien sûr qu’avec tous ces allègements et tous cet emberlificotage qui, en réalité, rend caduc la loi des 51-49% puisque l’on prend en compte la « rentabiité »??? et non le chiffre d’Affaires. Cadeaux sur cadeaux.

    J’aimerais quant à moi, connaître la part de l’Etat à ces « investissements directs étrangers ».

    kaw’ouar wa 3té la3war !

    Les martyr(e)s doivent trembler dans leur tombes, attention le sang trahi ne pardonne pas !




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    00213
    9 décembre 2013 - 11 h 53 min

    L’exemple Renault est
    L’exemple Renault est inapproprié, dans le sens où c’est un investissement de 1 MILLIARD DE DOLLARS financé en grande partie par l’Algérie et qui générerait peut être 7000 emplois (directs et indirects dans les meilleurs prévisionnels).
    Autant dire une belle arnaque !
    .
    Les investissements qui intéressent les étrangers et où ils sont prêts à subir notre système piston-rechwa-bureaucratique, c’est les hydrocarbures et les télécoms car c’est une véritable poules aux œufs d’or.
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    Demandez aux investisseurs étrangers de monter des usines agro-alimentaires ou des chaines de fabrication électronique.
    Leurs réponses est palpable dans les statistiques.
    De plus ils viennent les mains dans les poches avec un savoir-faire, et nous en générale on racle tout.
    Soyons intelligent et investissons dans nos universités et dans quelques années, on pourra se passer de ces IDE qui n’ont en réalité quasiment aucun impact sur le quotidien du peuple mais beaucoup plus dans les factures de l’état.




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    Inspektor TAHAR
    7 décembre 2013 - 21 h 17 min

    Investissements étrangers :
    Investissements étrangers : l’Algérie améliore ses résultats en 2012….Combien de leurs profits de ces etablissements etrangers ont ete….reinvestis en Algerie..? Les ambassadeurs algeriens et leurs charges des affaires economiques en Europe, dans les ameriques et en Asie ne font pas leur boulot pour attire des investissements en Algerie. Malheureusement l incompetence et la mediocrite se trouvent enromement chez ces represenatnts diplomatiques de l Algerie a l etranger. Le gouvernement algeriens refuse d etablir une audite pour le rendement de chaque embassade algerienne a l etranger. Les marocains font un bien meilleur travail et ont reussi a convaincre le constructeur d avions Canadien Bombardier, a fabriquer des avions dan leur pays….




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    Farida
    7 décembre 2013 - 20 h 18 min

    Il faut continuer a faire
    Il faut continuer a faire developper l’economie du pays et a moderniser ses Institutions




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