Luk Vervaet à Algeriepatriotique : «L’extrême droite en Europe pousse sur une terre pourrie»

Algeriepatriotique : Vous avez été au centre d’une grande polémique en Belgique concernant votre travail dans les prisons belges, pouvez-vous nous expliquer cette affaire ?

Algeriepatriotique : Vous avez été au centre d’une grande polémique en Belgique concernant votre travail dans les prisons belges, pouvez-vous nous expliquer cette affaire ?
Luk Vervaet : Tout d’abord, je vous remercie pour votre invitation à cet entretien. Ce qui s’est passé, c’est que je donnais des cours de néerlandais dans les prisons bruxelloises, et aussi à la prison de Nivelles, et je précise qu’il n’y avait pas de remarque sur mon travail au niveau professionnel qui se déroulait bien autant avec les détenus qu’avec le personnel et la direction des prisons. Mais sur la base de l’administration générale des institutions pénitentiaires en Belgique, et en particulier son directeur, ils ont décidé de m’exclure de tout travail professionnel et je ne peux plus mettre un pied dans une institution pénitentiaire, aucune des 35 prisons en Belgique. Pourquoi ? D’après eux, pour des raisons de sécurité. Au moment où j’ai demandé quelles étaient ces raisons de sécurité, ils m’ont dit qu’ils n’avaient pas à répondre à cette question, que la mention «raisons de sécurité» devait suffire. J’ai donc pris la décision d’entamer différents procès pour les obliger à dire quelles étaient les raisons invoquées pour mon exclusion, ce qu’ils ont toujours refusé de faire en disant qu’ils avaient le droit en tant qu’institution de décider qui entrait ou pas en prison, sans devoir motiver leur décision. Ils ont réussi à me priver de mon travail et je me suis retrouvé sans emploi. J’ai contesté cette décision et exigé des explications. Celles-ci sont venues d’une manière tout à fait inattendue par un rapport de la Sûreté de l’Etat, qui a été mis à la disposition de l’administration pénitentiaire, disant en résumé que j’étais un militant et un activiste. Ce rapport ne mentionne rien de criminel – et ne m’incrimine en rien – qui mériterait une inculpation quelconque, il suggère seulement certaines choses dont, premièrement, que j’étais un membre actif du comité pour la liberté d’expression et d’association, le CLEA, connu en Belgique du côté francophone et qui mène une campagne sur les lois antiterroristes, et en particulier pour Bahar Kimyongür. Deuxièmement, que j’ai rendu visite à Nizar Trabelsi, un Tunisien accusé de terrorisme en Belgique et extradé par la suite aux Etats-Unis, à la prison de Lantin, avec leur permission d’ailleurs, sans que cela ait posé quelque problème que ce soit. Troisièmement, que j’ai mené une action contre l’incarcération en isolement de Trabelsi, mais aussi d’autres, dont Moussa Assougoulou, un ami de Bahar Kimyongür, car je trouvais que les conditions inhumaines dans lesquelles ils étaient enfermés étaient inacceptables. Quatrièmement, que j’ai aidé à fonder une organisation qui s’appelle «Egalité» qui contiendrait une présence salafiste. Je peux vous garantir que je n’ai jamais rencontré un salafiste au sein d’«Egalité», mais soit, c’est ce qu’ils suggèrent. Ensuite, que j’étais un ami de Dyab Abou Jahjah, un Belge d’origine libanaise qui a été actif dans l’organisation la «Ligue arabe européenne». Ils concluent le rapport en disant que ma lutte légitime pour la défense des prisonniers n’empêche pas de s’interroger si je n’ai pas transgressé la ligne vers une sympathie pour les causes terroristes. Ils disent qu’il n’y a aucune preuve à ce sujet, mais c’est une éventualité. Ce rapport a suffi pour m’exclure de toutes les prisons en Belgique, ce que j’ai bien sûr contesté parce qu’il s’agit là, pour moi, d’un travail tout à fait légal, légitime, ouvert, contrôlé, vu et su par tout le monde. J’ai toujours défendu publiquement mes opinions aussi bien dans la presse belge comme Le Soir, De Morgen, La Libre Belgique, De Standaard, pour nommer les quatre journaux dans lesquels j’ai publié, que dans un blog que l’on peut consulter, etc. Donc, cette activité que je mène effectivement contre les lois antiterroristes, contre la participation à des guerres en général et contre les conséquences pour les détenus, a toujours été claire quant à mes positions tout à fait légitimes et légales. Il n’y a rien de criminel dans ce que je fais. Effectivement, je suis un activiste au niveau des prisons, car ce que je constate, c’est qu’en Belgique et en Europe en général, on glisse de plus en plus d’un état de soins, de sécurité sociale, vers un état où c’est la prison qui va «régler les choses». On va de plus en plus enfermer la misère qui bien sûr augmente et donc, oui, je m’oppose à ce choix-là, c’est évident. J’ai eu une confrontation avec Monsieur Stefaan De Clerck, l’ancien ministre de la Justice, qui organisait une activité sous le titre de «Prison make» sur la construction de nouvelles prisons en Belgique, je lui ai parlé comme je le fais avec vous et je lui ai dit : «Monsieur, ce dont on a besoin à Bruxelles (parce qu’il s’agissait de Bruxelles), c’est avant tout d’écoles, de centres, d’hôpitaux proches des gens, de logements décents, un emploi pour les jeunes alors que dans nos quartiers, il y a 40% à 60% de jeunes sans travail. C’est de cela dont nous avons besoin de toute urgence et non pas de nouvelles prisons, c’est ma position.» Il m’a répondu : «Oui, oui, je sais tout cela, mais moi je m’occupe uniquement du secteur des prisons et mes collègues s’occupent des autres affaires.» J’ai ajouté : «Il ne s’agit pas de séparer les choses, parce qu’apparemment, il y a un robinet qui coule et on met une petite tasse en dessous, ensuite un grand verre, et puis un bassin, après une piscine, mais il faudrait peut-être penser à réparer la fuite qui fait que nos prisons se remplissent.» Ce sont mes positions politiques engagées, mais qui ne m’ont jamais empêché de faire mon travail d’enseignant correctement, avec dévouement, évalué chaque année de manière satisfaisante. Je me suis tenu aux règles imposées, j’ai donné mes cours correctement, tout cela est vérifiable, mais ils ne veulent pas en parler. Donc, ils m’excluent sur la base de mes opinions que l’on peut avoir comme tout citoyen qui fait bien son travail. C’est comme si une infirmière dans un hôpital ne pouvait pas exercer son métier parce qu’elle a des opinions politiques. Même chose pour un avocat ou un juge. On pourrait leur dire : «Oui, mais si vous vous occupez de telle chose, vous êtes déjà coupable par association avec telle ou telle personne.» Ce qui est en train de se passer de plus en plus dans nos pays, je trouve, c’est un maccarthysme qui s’installe, qu’on a connu aux Etats-Unis dans les années 50 et 60, qu’on a connu en Allemagne avec Belous Verboten pendant toute la période de la Rote Armee Fraktion et Baader, Meinhof, Proll, etc., dont les «sympathisants», comme on disait, n’avaient plus droit à avoir un boulot, un appartement, etc. Donc, on est un peu dans cette époque aujourd’hui – la décennie des guerres contre le terrorisme –, dans la même philosophie et je vais le contester jusqu’au bout. S’ils ont des choses à me reprocher, ils n’ont qu’à ouvrir un procès, je n’attends que ça, parce que là au moins je pourrai me défendre. Voilà un peu le résumé de cette affaire.
Afin d’éclairer notre lectorat, j’aimerais vous demander où vous vous situez politiquement…
Je suis un militant qui vient de la gauche, j’ai été longtemps dans le Parti du travail de Belgique (PTB) en tant que cadre. J’ai travaillé au projet «Résiste» qui était une alliance entre la Ligue arabe européenne et le PTB, et j’ai travaillé pendant cinq ans à un projet qui s’appelle «Egalité». Ce sont mes positions politiques qui ne font pas l’objet de discussions dans le sens que c’est tout à fait un travail légal et normal, comme tout citoyen engagé peut en avoir un.
Vous les dérangez parce vous dénoncez un fascisme qui s’installe en Europe ?
Effectivement, je ne peux que confirmer ce que vous venez de dire. Pour moi, ce qui se passe en Europe, c’est qu’on a une extrême droite à un niveau qu’on n’a jamais vu depuis les années 30 du siècle passé, donc une popularité et une adhérence au sein de l’opinion publique qui est tout simplement effrayante. Cette montée a commencé après la liquidation des pays socialistes dans le monde, fin des années 80 et début des années 90, et ils ont eu une nouvelle montée à partir des attentats du 11 Septembre. Pour moi, ce sont deux dates clés qui expliquent la montée de l’extrême droite qui est absolument effarante. Je viens de poster sur mon blog une petite vidéo sur les actions de l’extrême droite en Tchéquie contre les Roms, c’est effrayant et choquant, c’est du jamais vu. Mais ce qui est pour moi le fond du problème, c’est que l’extrême droite n’est qu’un champignon qui pousse sur une terre qui est pourrie, dans le sens que toute l’orientation de la politique classique, aujourd’hui en Europe et globalement en Occident, va vers ce que j’appelle un fascisme nouveau, c'est-à-dire il n’y a pas d’uniformes ou de symboles, mais il y a une idéologie et un tournant dans la politique qui est vers la droite et vers l’extrême droite. Je vais vous donner un exemple : il y a un auteur anglais qui dit que, c’est évident, toute l’extrême droite en Europe s’est nourrie et a trouvé sa justification dans ses campagnes de haine contre les populations d’origine immigrée, chercheurs d’asile et autres, donc, toute la campagne antiterroriste qui a été menée par l’Occident a nourri l’extrême droite qui a trouvé sa justification dans une politique légale. Ils ont dit : «Nous, on n’invente rien, on voit bien ce que tout le monde fait, nous on est le bras armé de cette politique dite "de paix" qui a mené à agresser l’Irak, l’Afghanistan, et d’autres pays.» Ainsi, l’extrême droite s’est nourrie de toutes ces situations et de cette argumentation pour mieux s’attaquer à toutes les minorités, musulmanes d’origine étrangère, d’autres couleurs ou opinions. C’est ce qui est en train de se faire. Si vous prenez toutes les lois d’exception de ces dix dernières années, par exemple, en Belgique, la loi antiterroriste date de 2003 et ils viennent d’ajouter un paragraphe en 2013 qui renforce encore cette loi d’exception en disant que tout appel «indirect» au terrorisme, comme ils disent, sera punissable. Avant, c’était uniquement «appel direct», dix ans après, ils renforcent les lois d’exception et celles-ci sont faites pour rester. Donc, on vit dans un climat que je n’ai jamais connu dans ma jeunesse, pourtant j’ai vécu dans une période en Belgique et en Europe où l’on peut dire que l’activité dite terroriste était pourtant assez présente. Mais un climat pareil, je n’ai jamais connu. Il faudrait peut-être commencer à se réveiller et se rendre compte que nous sommes vraiment sur une piste de guerres à l’infini. Moi, je choisis une autre piste, je veux la paix, je veux la réconciliation, je veux que l’on trouve ensemble une solution aux problèmes, et pas par la confrontation et la guerre.
D’un côté, l’Occident a fait des lois antiterroristes carrément fascistes, et de l’autre, c’est lui qui a créé les terroristes qu’il continue à financer. En Belgique, l’Etat ne vous permet pas de vous mobiliser, mais il permet à des djihadistes de partir se battre dans un autre pays. Qu’en pensez-vous ?
C’est vrai qu’il y a un double langage et une politique de deux poids deux mesures. C’est évident. Il faut bien se dire que c’est toute la scène politique qui est hypocrite. Le dernier exemple est l’hommage à Nelson Mandela. Ils ne mentionnent même plus qu’ils ont soutenu l’apartheid contre le communisme quand c’était la grande lutte, que c’est grâce à la CIA que Mandela a été arrêté, que Mandela a été condamné à perpétuité pour terrorisme et trahison, que ça duré jusqu’à 2008 avant qu’il soit enlevé de la liste terroriste américaine, et ils sont tous allés faire la fête là-bas, Georges Bush y compris. C’est à en tomber de sa chaise de voir cette scène, tout en sachant qu’aux Etats-Unis, les prisonniers politiques comme Mumia Abu-Jamal, Léonard Peltier, Lynne Stewart, Marilyn Buck et tous les autres se trouvent toujours en prison ou viennent de sortir pour mourir parce qu’ils ont attrapé un cancer ; on les lâche à leur dernière extrémité. En même temps, il y a toujours Guantanamo. On reste perplexe devant le jeu et la force de pouvoir effacer toute réalité autour de nous en se lançant dans une commémoration où ils sont tous présents et se donnent la main. Bien sûr qu’il y a un double jeu.
Vous attaquez l’Etat belge en justice, où en êtes-vous aujourd’hui ?
Le Conseil d’Etat qui est l’organe suprême de la justice en Belgique m’a donné raison et a dit que l’Etat belge n’avait pas le droit de me priver de mon travail comme il l’a fait. Cette décision date de 2012. Rien ne s’est fait depuis, il n’y a pas eu de sanction liée à ce jugement du Conseil d’Etat. Ce que j’ai décidé avec mes avocats, c’est de faire un procès en civil pour poursuivre l’Etat belge pour la faute qui a été reconnue par le Conseil d’Etat, et donc il y aura un procès en septembre 2014. S’il le faut, j’irai à la Cour européenne des droits de l’Homme pour faire reconnaître mon droit et pour faire condamner la Belgique pour son attitude dans ce dossier, qui est peut-être petit et qui n’a pas d’importance majeure comparé à d’autres, mais il s’agit pour moi de défendre ce droit jusqu’au bout et aussi pour les générations futures, parce que c’est un combat pour la liberté d’expression qui est à mener, à savoir : en tant que militant, en tant que citoyen engagé, avons-nous encore le droit de faire un travail dans le service public en Europe ?
Vous avez participé à une conférence à Alger sur les prisonniers politiques palestiniens. Pouvez-vous nous en parler ?
Cette conférence a eu lieu il y a trois ou quatre ans au Palais des nations à Alger et regroupait toute la résistance palestinienne, ce qui est assez unique. C’était une conférence impressionnante avec des délégués venus d’un peu partout dans le monde. J’étais avec une Canadienne, il y avait un journaliste suédois et des participants internationaux qui voulaient se mobiliser autour de la question des prisonniers palestiniens. C’est un sujet sur lequel j’ai toujours travaillé, j’ai mené des campagnes en faveur des grévistes de la faim palestiniens, ces dernières années, et pour moi, les prisonniers palestiniens ont toujours été une source d’inspiration dans mon travail, parce que non seulement ils ont repris l’axe central dans la résistance palestinienne par leur action, mais aussi ils ont été un exemple d’unité, car s’il y a bien une initiative qui a été mise en place par toutes les factions en Palestine, c’est cette initiative d’unité des prisonniers palestiniens qui, de toutes les factions enfermées, ont demandé que la résistance soit menée dans les territoires occupés et pas au sein de la population palestinienne, que les conflits internes devaient cesser. C’était donc un manifeste signé par tous les représentants des factions emprisonnés. Peut-être que ceux qui sont ramenés à la simple existence, la plus dure, comprennent mieux ce que signifie «l’unité». Ils ont toujours été pour moi une source d’inspiration et je trouve que c’est un scandale qu’il y ait des résistants derrière les barreaux depuis vingt ou trente ans dans les geôles israéliennes, et que l’on puisse laisser passer cela. Cela a été d’ailleurs dit lors de cette conférence. C’est injustifiable et la question des prisonniers palestiniens doit, pour moi, avoir une place centrale dans tout travail de solidarité avec la Palestine. C’est pour cette raison que je suis allé à Alger et j’en ai profité pour avoir des contacts là-bas.
Des contacts avec un représentant de votre organisation ?
J’ai mis sur pied une association qui s’appelle «Association des familles et amis des détenus». C’est une association qui travaille sur différents thèmes, aussi bien la politique intérieure de la Belgique concernant les prisons, que sur la solidarité avant tout avec la Palestine, et la détention dans des pays comme le Maroc, etc. Parce qu’il y a des Belgo-Marocains qui sont détenus là-bas.
Et la question du Sahara Occidental ?
Je défends les prisonniers sahraouis enfermés, dont certains dernièrement, dans la ville de Gdim Izik. J’ai rencontré au cours d’un déplacement au Maroc pour suivre le procès d’Ali Aarrass un Belgo-Marocain condamné et emprisonné pour douze ans au Maroc (pour lequel le juge espagnol Balthazar Garzon a prononcé un non-lieu), j’ai rencontré des familles et des amis des prisonniers sahraouis, donc, pour moi, il est évident que l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental est à défendre.
Avez-vous des projets concernant votre résistance face à l’Etat belge et à votre conception, puisque l’on remarque que les droits de l’Homme sont une illusion en voyant votre cas ?
Une des premières choses, c’est que la Belgique doit revenir à une position de paix. En 2014, on fête le début de la Première Guerre mondiale, et dont la Belgique a été le théâtre avant tout autre pays. Il suffit d’aller jusqu’à Ypres, ce que je conseille vivement à celui qui visite la Belgique, pour voir les ravages qu’a fait l’une des guerres les plus monstrueuses qu’il y ait jamais eu. Aussi, avant de donner des leçons aux autres, il faudrait revenir un peu en arrière pour voir que les guerres les plus monstrueuses ont eu lieu sur le continent européen, et ce, deux fois dans le siècle passé. On commémore cette guerre qui a commencé il y a cent ans, et la Belgique, pour moi, aurait la légitimité et l’autorité morale de dire «à partir de notre expérience, nous nous opposons à ces guerres d’intervention, à ces coalitions proaméricaines, etc.».
Vous pensez que le Premier ministre Di Rupo va faire ça ?
Je ne le pense pas. Il s’agit pour moi de construire un rapport de force et une opinion publique. C’est tout ce qu’on peut faire, et je crois qu’avec des pressions on peut arriver à des changements. C’est une première chose qui pour moi est importante : revenir à une position de paix et de négociations. Deuxièmement, concernant la question des prisons, mon projet est d’élaborer des initiatives et des alternatives à la politique qui est de plus en plus américaine concernant la question code carcéral. On voit que les qualités du modèle européen, qui était quand même très différent du modèle des Etats-Unis, cèdent la place au modèle américain qui est l’incarcération de masse et l’incarcération de longue durée, avec tout ce que cela comprend, de Guantanamo jusqu’au «maximum security prisons» et l’enfermement en isolement. On voit un glissement en Europe de toutes ces pratiques et conceptions-là et je trouve qu’il y a des alternatives à formuler ainsi qu’un travail de sensibilisation à faire. Juste un exemple : il y a eu un «truth and reconciliation commissions» en Afrique du Sud. Ce serait peut-être une idée de s’inspirer une fois du Sud pour arriver à des solutions pour des problèmes que l’on ne sait pas résoudre.
Entretien réalisé par Mohsen Abdelmoumen

Qui est Luk Vervaet ?
Luk Vervaet est un activiste et écrivain, éducateur de prison, basé à Bruxelles (Belgique). Il a travaillé pendant six ans comme professeur de néerlandais dans la prison de Saint-Gilles à Bruxelles. Aussi bien comme un membre fondateur du parti de l'Egalité en Belgique (www.egalite.be), du Comité pour la Liberté d'Expression et d'Association (www.leclea.be) et de la Commission arabe pour des Droits de l'Homme (www.achr.nu), il a été interdit d'enseigner dans des prisons pour «raisons de sécurité nationale» en août 2009. Après avoir attaqué l’Etat belge, Luk a gagné son procès devant la Cour constitutionnelle, qui a levé l'interdiction en juin 2011. Il a essayé d'attirer l'attention sur le racisme, la crise sociale et l’échec du système éducatif dans des prisons par des colonnes occasionnelles dans des journaux nationaux comme La Libre Belgique, Le Soir, de Standaard et de Morgen aussi bien que par la collaboration avec la recherche universitaire sur les conditions de vie dans les prisons. Il a aussi été impliqué dans des campagnes contre les lois antiterroristes belges, se prononçant contre le traitement réservé aux suspects de terrorisme dans des prisons belges et leur expulsion dans des pays comme le Maroc et les Etats-Unis qui pratiquent la torture et/ou la peine de mort.
 

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