Godfrey Bloom à Algeriepatriotique : «Nos institutions ne sont absolument pas démocratiques»

Godfrey William Bloom. D. R.

Algeriepatriotique : Dans votre intervention du 21 novembre dernier au Parlement européen, vous avez traité les bureaucrates de la Commission européenne de champions de l’évasion fiscale et déclaré que les eurosceptiques finiraient par prendre la Chambre d’assaut pour les pendre. Pouvez-vous nous expliquer sur quoi se base cette déclaration ?

Algeriepatriotique : Dans votre intervention du 21 novembre dernier au Parlement européen, vous avez traité les bureaucrates de la Commission européenne de champions de l’évasion fiscale et déclaré que les eurosceptiques finiraient par prendre la Chambre d’assaut pour les pendre. Pouvez-vous nous expliquer sur quoi se base cette déclaration ?

Godfrey Bloom : Le thème du débat ce jour-là était l’évasion fiscale et j’ai pointé du doigt le fait que les bureaucrates et les commissaires européens que je désignais particulièrement ne paient quasiment pas de taxe et qu’il est hypocrite de parler d’évasion fiscale. Bien sûr, cette déclaration a eu beaucoup de succès, notamment en France, et mon discours a été vu par plus de deux millions de personnes.

Peut-on dire que les institutions européennes sont démocratiques et agissent pour le bien des peuples ?

Non, pas du tout, elles ne sont absolument pas démocratiques. La Commission et les commissaires ne sont pas élus, le président du Parlement européen lui-même n’est pas élu par les peuples. Finalement, ce sont des gens qui sont nommés à huis clos dans le plus grand secret, et qui ne paient pas de taxes ou très peu. Ils ont des pensions privilégiées avec des fonds de pension garantis par le contribuable. La chose européenne est corrompue. Le Parlement européen est comme un vernis de démocratie destiné à faire croire aux gens qu’il est démocratique.

Comment se fait-il que votre parti, l’UKIP, soit anti-Union européenne et que vous siégiez au Parlement européen ? Est-ce pour porter la voix des eurosceptiques au sein même des institutions européennes ?

Tout à fait, nous sommes la vraie voix d’opposition contre ce système, en tout cas contre une Europe fédérale. Si vous demandez à n’importe quel pompier, il vous dira qu’il faut combattre le feu par le feu, et c’est ce que nous faisons, nous sommes le feu qui combat le feu.
Les récents sondages montrent votre parti en pleine ascension malgré la campagne de harcèlement dont il est l’objet. Pouvez-vous nous expliquer le succès de cette progression ?

De plus en plus de gens réalisent qu’ils sont très mal gouvernés et 77% des lois au Royaume-Uni viennent directement de Bruxelles. Au Royaume-Uni, nous avons une démocratie depuis plus de mille ans qui fonctionnait très bien avec une Constitution et un Parlement, et qui a été complètement ruinée par les traîtres au pouvoir dans notre pays. Si cela ne tenait qu’à moi, je les conduirais sur Tower Hill et je leur couperais la tête pour cette raison. Les gens prennent conscience de plus en plus et ce sentiment est en train de grandir, c’est pour cette raison que nous avons autant de succès. Ce n’est que le commencement.

Peut-on dire que l’Europe des bureaucrates a réussi là où l’Europe des peuples a échoué ?

Je n’accepte pas que l’Europe soit un Etat. Il y a une Europe composée de différents pays, avec leur propre culture et des coutumes différentes, mais l’Europe telle qu’on nous la présente n’existe pas. Elle est composée de beaucoup de nations comme la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, dont certaines sont des démocraties très récentes. Si l’on prend le cas de l’Allemagne, par exemple, la démocratie allemande n’a que 150 ans. L’Italie elle-même est assez récente, le Portugal également. Ce sont des pays qui font l’expérience de la démocratie et il faut qu’ils prennent le temps de la découvrir, contrairement à nous qui avons une démocratie depuis plus longtemps. Si nous comparons le territoire européen avec le continent américain qui comprend les Etats-Unis, le Canada et la Bolivie, ces pays n’ont absolument rien en commun, pourtant ils peuvent faire du commerce ensemble. On peut néanmoins envisager d’une certaine manière une défense commune, comme par exemple l’Otan. Nos pays sont différents, la France ne veut pas être l’Allemagne, l’Allemagne ne veut pas être l’Italie, et de toute façon, les Britanniques ne veulent être rien d’autre que ce qu’ils sont. Pourquoi voudrions-nous être autre chose quand nous sommes britanniques, puisque Dieu nous a fait un cadeau en nous donnant cette nationalité (rires).

On vante les mérites des soi-disant démocraties occidentales dans le monde. Les Occidentaux n’arrêtent pas de donner des leçons de bonne gouvernance, sur les droits de l’Homme, l’intégrité des hommes politiques, etc. Qu’en pensez-vous ?

Personnellement, je trouve très impertinent de la part de ces hommes politiques occidentaux de dire aux autres peuples comment gérer leur pays. Nous avons suffisamment de problèmes dans nos propres pays pour aller faire la leçon ailleurs. Il faut accepter une réalité, pour certains pays, la démocratie parlementaire n’est pas possible, nous devons le comprendre, c’est une question historique ou culturelle, et souvent le cas lorsqu’il y a plusieurs communautés religieuses qui cohabitent. Prenons l’exemple de la Syrie, nous n’avons pas pu nous empêcher de nous en mêler et maintenant des populations sont affamées, massacrées, et subissent la plus grande souffrance, parce que l’Occident avec la CIA aux Etats-Unis et le ministère des Affaires étrangères en Grande-Bretagne ne peuvent pas s’empêcher de se mêler des affaires syriennes. Nous avons fait une grosse erreur en allant en Irak et en Afghanistan, et nous continuons avec la Syrie. Je me demande quand nous allons apprendre les leçons de nos erreurs. Quand est-ce que la CIA et le ministère des Affaires étrangères britannique vont-ils comprendre que ce ne sont pas leurs affaires et qu’ils feraient mieux de s’occuper des leurs ?

Entretien réalisé au Parlement européen à Bruxelles par Mohsen Abdelmoumen

Biographie succincte
Godfrey William Bloom est membre du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) et inscrit comme membre indépendant du Parlement européen pour le Yorkshire et le Humber. Il a été élu pour l’UKIP en 2004 et réélu en 2009.

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