Pseudo-suspense sans intérêt

Par Kamel Moulfi – Le tapage politico-médiatique fait depuis de longs mois autour de la révision constitutionnelle était-il justifié maintenant que l’on sait qu’elle n’est ni consensuelle ni substantielle, et qu’elle sera facilement votée par le Parlement, acquis à tout ce que fait le pouvoir, sachant également que le Conseil constitutionnel n’ira jamais à l’encontre de la volonté du président Bouteflika ? Un suspense a été entretenu dans la classe politique et dans les médias sur son contenu et sur les modalités du vote, Parlement ou référendum, par ceux qui se sentaient investis du rôle de porte-parole du chef de l’Etat. Mais ce pseudo-suspense n’a suscité aucun intérêt chez la masse de la population préoccupée par des soucis immédiats et l’angoisse du moyen terme, et plus sensible aux prévisions pessimistes, voire catastrophistes, des experts de l’opposition qu’aux assurances données par le gouvernement. La rue ne parle pas de la révision constitutionnelle et le microcosme politique, habituellement à l’affût des nouveautés, en discute à partir d’«on dit» sans avoir lu le document. Le passage de la langue tamazight, déjà nationale, au statut de langue officielle n’a soulevé d’enthousiasme chez personne, pas même chez ses partisans qui ont porté cette revendication par le passé. De la même façon, l’article sur l’interdiction des binationaux d’occuper certains postes – d’ailleurs «modulé» par le Conseil des ministres – a entraîné des commentaires qui n’ont pas réussi à faire bouger l’opinion publique. On comprend, dès lors, la prudence de la présidence de la République qui a choisi le Parlement pour avaliser son texte, au lieu du référendum. Il y avait un risque certain d’une abstention record qui s’explique facilement par l’absence de débats publics et quasiment l’indifférence de la population sur cette question. En demandant le passage par le référendum populaire pour adopter la révision constitutionnelle, certains dirigeants de l’opposition étaient convaincus qu’une telle consultation se serait soldée par une fin de non-recevoir et donc une véritable désapprobation du pouvoir. Tout porte à croire que cette Constitution sera de nouveau remaniée dès la fin de règne de Bouteflika, tant elle est l'œuvre d'une poignée de décideurs et n'émane pas du peuple.
K. M.

Comment (7)

    Anonyme
    12 janvier 2016 - 19 h 16 min

    Des le début on voit que c
    Des le début on voit que c une plaisanterie. Préparée on ne sait comment,les partis sont invités mais leurs propositions ne seront pas respectées,l’avant projet soumis au conseil lui elle soumis. Puis au congrès lui même soumis..tout est pipé d’avance. La charte nationale de 1976 de boumediene était mieux. Et dire que certains le traitent de dictateur!! Vive boumediene et son équipe,abdeslam le stratège




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    Anonyme
    12 janvier 2016 - 13 h 23 min

    L’annonce de l’élection d’une
    L’annonce de l’élection d’une assemblée Nationale Constituante, sur la base du multipartisme et du respect des libertés démocratiques est le seul acte susceptible de ramener la paix, la concorde et l’espoir.
    Ce serait une vraie perspective en vue de vrais débat, aux yeux d’une jeunesse pleine d’ardeur et d’ambition pour son pays. Elle a besoin d’une mystique, comme témoigne l’effervescence associative et le réveil civique qui travers tout le pays. C’est à elle, qui revient le droit d’avoir des droits en élaborant une constitution digne de ce nom c’est-à-dire librement élaborée par des représentants librement élus. Nul doute qu’elle a été très attentive à la proclamation historique du Conseil Palestinien, en faveur du multipartisme politique et du principe d’égalité entre la femme et l’homme, et qu’elle a salué dans la victoire de Benazir Bhutto, la concrétisation de ces principes démocratiques.

    Hocine Ait-Ahmed




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    Anonyme
    12 janvier 2016 - 13 h 08 min

    La grande kermesse orchestrée
    La grande kermesse orchestrée pendant des mois, en 1976, autour de la Charte Nationale, et qui a abouti à l’adoption de la constitution qui est encore en vigueur, à notamment réussi à accréditer deux images de marques, à propos du système politique: qu’il est l’Alpha et Oméga de la démocratie directe à l’intérieur et qu’à l’extérieur, il est le champion de la libération économique du tiers-monde, grâce à l’idée du nouvel ordre Économique Mondial, l’idée est valable en soi, sauf que la démocratisation de l’ordre international dans l’importe quel domaine, est conditionné tout autant qu’il conditionne la démocratisation de l’ordre national.
    Dans le contexte de malédiction universelle qui entourent les dictatures de tous périls, le cynisme des dictatures n’est pas de mise, le camouflage est même de règle, dans les États du tiers monde qui ont tourné dos aux idéaux démocratiques au nom desquels s’effectue l’énorme mouvement de décolonisation. Mais les gouvernants algériens semblent détenir le record dans la fabrication des mythes et le renouvellement des fictions qui ont accrédité leur image de marque.
    L’immense capital moral et politique accumulé par les luttes et les souffrances du peuple, n’y est pas pour rien. Qui oserait franchir le rideau de martyrs pour regarder de plus près les réalités ? De plus, la propagande officielle n’a manqué ni de ressources financières, ni d’habileté, même et surtout dans le chantage et le marchandage qui furent par excellence ses deux mamelles.




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    Anonyme
    12 janvier 2016 - 12 h 40 min

    C’est seulement au terme
    C’est seulement au terme d’une remobilisation citoyenne et politique des algériens que nous pourrons aborder l’ensemble du processus électoral devant aboutir à une refondation institutionnelle, qui remette les droits des citoyens, leur sécurité et leur développement ainsi que ceux du pays au cœur d’une constitution digne de ce nom, par ce que enfin issue d’une assemblée constituante librement élue par des algériens libres.

    Ceux qui participeront à l’élaboration de ce processus seront les premiers algériens véritablement libres, et ceux qui seront partis avant, ne se seront pas battus pour rien.

    Hocine .AIT AHMED




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    Anonyme
    12 janvier 2016 - 12 h 38 min

    Un Etat de droit, des
    Un Etat de droit, des institutions fortes de leur légitimité, une justice indépendante, des contre – pouvoirs efficaces, une vie politique démocratique réglée par un contrat national, social et politique qui garantisse les libertés individuelles et collectives au même titre qu’il se porte garant de la justice sociale.

    Le droit à la sécurité, au travail, au logement, à une scolarité de qualité, à une santé de qualité, à une justice de qualité, à un environnement de qualité, à une vie culturelle de qualité sont des questions qui intéressent tout le peuple.

    Et par ce que ces questions intéressent tout le monde, elles mettent en jeux des intérêts contradictoires.
    Il manque pourtant à toutes ces résistances à l’injustice, à la violence et à l’oppression un ancrage social plus large.
    Il leur manque l’aide et le soutien de médias libres et crédibles
    Il leur manque de se voir et de savoir ce qui les lie et ce qui les sépare et comment ne pas tomber dans les pièges de la division, de la dispersion et de la diversion…

    Mais pour autant il serait vain de se mentir et de ne pas voir que le mur de la peur a été remplacé et aggravé au plus profond de la société par un mur de lassitude et de dégoût devant la vénalité et la vassalité des fausses élites imposées à l’ombre de la terreur, de la mafia politico-financière, des élections truquées, des médias sous haute surveillance.




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    Buck John.
    12 janvier 2016 - 12 h 24 min

    Comme Nessie le monstre du
    Comme Nessie le monstre du Loch Ness ,je t’attends ,tu es là ,pas là ,je suis las ,c’est l’Algérie ,l’année dernière l’abrogation d’un article devait rapporter beaucoup d’argent aux travailleurs bien promu par l’UGTA ,syndicat ‘libre’ résultat ,une poignée de dattes ,le paiement par chèque ou par carte bancaire rien ,le crédit a la consommation ,banal ,depuis des décennies partout dans le monde ,du pipeau ,les pensions de retraite par virement bancaire ,rien ,la sécurité sociale pour tous ,rien ,des annonces ,OK ;du vent ;du brassage d’air ,OK .




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    lhadi
    12 janvier 2016 - 11 h 29 min

    Si Machiavel était Algérien,

    Si Machiavel était Algérien, il serait un enfant de choeur devant le florentin d’Alger qui s’amuse du microcosme politique algérien.
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    Abraham Lincoln disait : « Un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil ».
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    Le président de la république n’est pas le dernier perdreau de l’année !!!
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    Levons le voile de l’hypocrisie et parlons vrai pour être juste.
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    La méfiance à l’égard du suffrage universel est forte, parce que, dans notre culture politique, il n’a jamais acquis le monopole d’expression de la volonté du peuple.
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    J’invoque la volonté du peuple pour garder une signification offensive et agressive contre la classe dirigeante qui se sert d’arguments fallacieux pour éviter le débat public, forme légitime de l’affrontement dans les démocraties : aussi son absence, suscite le soupçon.
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    Pour l’embarrasser, il constitue cet acte grave, symptôme d’une dérive institutionnelle.
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    Ceci étant dit, l’opposition politique n’a pas l’influence destabilisatrice nécessaire pour peser. Et donc, ne peut porter à son point d’incandescence la représentation du peuple comme un ensemble soudé, voire harmonieux, de toutes les catégories sociales unies dans la fraternité.
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    Face à un Président, retiré dans un splendide isolement, méconnaissant les attentes qui se font jour au sein de la société, l’incohérence et le degré d’organisation des opposants, sont des facteurs majeurs de l’inconséquence.
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    Par conséquent, surfer sur la digression et ne pas réclamer le débat des idées est une erreur politique qui doit être assumée.
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    Fraternellement lhadi
    ([email protected])




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