L’Algérie remet à une juge française des prélèvements des têtes des moines de Tibhirine

Sépultures des moines de Tibhirine assassinés par le GIA en 1996. D. R.

«Une juge française a pu rapporter d’Algérie des prélèvements des têtes des moines de Tibhirine, des éléments susceptibles de faire avancer l’enquête sur leur enlèvement et leur assassinat en 1996», rapporte le journal français Le Monde, qui se réfère à une source judiciaire et à l’avocat de familles. «Ces prélèvements avaient été effectués à l’automne 2014 lors d’une exhumation des crânes des religieux, enterrés à Tibhirine», précise le quotidien, qui révèle que la juge d’instruction Nathalie Poux a pu rapporter «les scellés dont les experts avaient besoin pour mener leur mission», après un voyage qu’elle a effectué en Algérie cette semaine. «De leur côté, les juges français ont remis à leurs homologues algériens des prélèvements génétiques des familles des moines pour les besoins de l’enquête menée en Algérie», rapporte encore Le Monde. Les voix habituelles s’étaient élevées en France pour semer le doute sur les véritables assassins des sept moines trappistes lâchement exécutés par les hordes terroristes en 1996. Le juge Marc Trévidic, qui était en charge du dossier, avait fait preuve d’une partialité douteuse qui compromettait le bon déroulement de l’instruction. Des sources avaient révélé que ce dernier avait rencontré à plusieurs reprises l’avocat Patrick Baudouin, connu pour ses positions hostiles à l’Algérie et à son armée. Un livre écrit par l’ancien patron de la DST, Yves Bonnet, et paru récemment aux éditions Casbah – il sera mis en vente incessamment, a-t-on appris – revient sur cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre et donné lieu à un long métrage. Le livre, intitulé Le berger de Touggourt, est le fruit d’une enquête menée par Yves Bonnet sur les lieux du crime et de plusieurs entretiens qu’il a eus avec différents acteurs et personnes au fait du dossier. Il balaie d’un revers de main la thèse répandue par les zélateurs du «qui tue qui» et confirme que les groupes islamistes armés qui infestaient la zone de Médéa où se trouvait le monastère des moines français, sont derrière l’enlèvement et l’exécution des sept religieux qui ont choisi de rester malgré les nombreuses mises en gardes des autorités algériennes.

Karim Bouali

 

 

 

Commentaires

    MELLO
    15 juin 2016 - 12 h 29 min

    Depuis vingt ans l’affaire
    Depuis vingt ans l’affaire des moines de Tibhirine vient régulièrement rappeler l’horrible décennie 90. Comme s’il revenait à ces religieux de témoigner, même par delà la mort, qu’une horrible guerre a été imposée aux algériens. Des algériens qui n’en finissent pas d’en payer le prix. A divers niveaux. Celui d’un Etat colonisé par un régime déliquescent. On en retiendra que les familles des moines assassinés pourront, peut-être un jour, faire le deuil que les dispositions de la loi sur la réconciliation nationale interdisent à des dizaines de milliers de familles algériennes amputées des leurs de faire.
    Il y a, dans ce double standard entre ceux dont la mort doit être expliquée, dont l’Etat prend en charge la demande de vérité, quelque soient par ailleurs les calculs de ce dernier, et ceux qui doivent seulement se taire pour ne pas déranger la quiétude de leurs dirigeants, toute la profondeur de la vacuité du concept de citoyenneté en régime autoritaire.




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