L’enfant de notre enfant

Par Mohamed Benallal – «Les enfants des forgerons n’ont pas peur des étincelles.» Proverbe chinois.
La terre est fertile dans la mesure où tous les éléments fertilisants sont mis à sa disposition, labourée puis ensemencée, elle donnera avec de l’eau, du soleil et du travail humain un fruit délicieux, utile et agréable pour les besoins de la vie de l’homme. L’école ressemble bien à la terre, un riche programme mis en application par un enseignant, ce progiciel contenant la leçon de toutes les choses : l’écriture, la lecture, la grammaire, une belle architecture éducative… qui permet de donner un élève de qualité, ensuite un étudiant de valeur et enfin un homme compétent, intègre et utile pour la société.

Avec le capital productif cumulé, le progrès technique ne cesse de nous livrer des choses nouvelles et souvent inouïes qui nous permettent de nous faciliter les tâches de notre quotidien pour le plaisir et le besoin, le travail se fait de plus en plus par la machine, l’invention de l’imprimante en 3D risque de révolutionner tout mode de vie existant sur cette planète. C’est aussi un projet destiné à promouvoir la culture libre, notamment par l’éducation populaire et les technologies du numérique. Le développement informatique permet à l’entreprise de développer différents plateformes, outils et services valorisant la culture libre et la diffusant dans différents domaines du quotidien.

Cette plateforme devrait être complète, prenant en compte le plus de secteurs : une nouvelle éducation pour former des «apprentis sages» et non des citoyens ; ainsi naîtra une nouvelle culture et une politique basée sur une démocratie directe (forum constituant, forum libre), une voix libre, tout en misant sur une restriction des limites de la pensée pour la plèbe, ces nouveaux citoyens dits «apprentis sages» gouvernés par une élite dirigeante (merdias, idio-vision, oligarchies financières). Un apprenti sage est un citoyen du monde qui n’a ni identité, ni nationalité, ni citoyenneté, il est avant tout cent fois consommateur sans foi ni principe, sa seule logique est celle de l’ultralibéralisme basé sur les cendres de la république. Pas de frontière ni d’identité culturelle, ceci dans le seul but pour que la maffia ultralibérale puisse s’affairer en toute impunité.

Pour ce qui est des enfants de nos enfants, ceux de demain, ce n’est plus la peine de les envoyer à l’école, la classe c’est du classique, puisque notre enfant sera équipé de tablettes numériques en 3G, 4G, et même plus, dès son petit âge, il se familiarisera avec le système (procédures, techniques, finances, échanges divers…). Il n’est plus important dans ces conditions de lui apprendre à lire, à écrire, à compter, le progrès technique a déjà pensé à lui, c’est la machine qui va tout faire à sa place, ce n’est plus la peine pour le gamin de demain de faire quoi que ce soit, la machine écrira pour lui, causera avec lui, chantera pour lui, s’amusera avec lui, etc. Il suffit de formuler son petit vocabulaire très restreint à la machine qui décryptera et lui montrera le chemin à faire. Elle répondra à toutes ses préoccupations et le GPS lui montrera le chemin qu’il veut emprunter sans aucun incident. Devant cet état de fait, il n’est pas utile, ni nécessaire, ni obligé de penser, de songer et de méditer, la télévision avec les chaînes satellitaires prendra en charge cette fonction culturelle, religieuse, suiveuse, elle réfléchira pour toi et t’indiqueras ce qu’il faut faire pour rester au milieu d’une plèbe constituée par des hommes dits «modernes», le GPS te mènera là où tu veux, te montrera ce que tu veux.

Grâce à l’apprentissage machine et à la magie technologique, l’impossible deviendrait une chimère. Déjà, on se prépare pour la langue universelle, elle est signifiée comme la langue «elfique»(*) qui est disponible pour tous. Les résultats de l’expérimentation sur «l’elfique» ont déjà permis de conclure que l’humanité parlera demain une seule et même langue. Le principe «de l’elfique» deviendrait universel, une science et une technologie uniques. Par conséquent, le lien entre le signifiant et le signifié n’est point arbitraire comme le confirmaient les théories linguistiques antérieures. La liberté pour l’enfant de demain lui sera offerte pour causer selon un vocabulaire dicté par la machine, la liberté d’action ne sera pas tolérée, toutes les actions lui seront dévoilées pour le bien d’un seul maître (oligarchie), la famille deviendra une notion rétrograde, pas de culture, tout se façonne par les «idio-visuels». On lui fera oublier la notion de son pays, de ses racines, par contre, il sera ouvert à toutes les incultures, à l’extrémisme religieux, politique, un véritable «boy» semblable à ceux de l’école de Chicago.

L’homme nouveau est en phase de préparation, sans couleur, sans passé, sans famille, sans racine, sans patrie, il sera habillé par des dogmes religieux pour faire du terrorisme. Un «boy du monde» taillable et corvéable à merci, soumis à ceux qui ont le pouvoir ou l’argent, ou les deux à la fois, pour mettre en exécution la loi de la force afin que la force de la loi se soumette pour de bon à la force de l’argent. L’enfant d’aujourd’hui sera périmé devant l’enfant de demain. L’enfant périmé connaissait bien son pays, son histoire, sa géographie, sa politique, sa culture, sa langue, il aimait lire, écrire, parler, créer et jouer et s’amuser.

Demain, la science se chargera de fabriquer le nouvel «homme type» – Jules Verne l’avait bien prédit –, l’enfant de demain peut être même conçu à partir de gonades mises dans des éprouvettes et peut être même dans un utérus artificiel imprimé en 3D. L’enfant de demain serait programmé selon un ordre numérique au service des nouvelles oligarchies impérialistes. Tel serait le nouveau monde préparé par une science sans fin qui dépasserait peut-être même l’intelligence humaine comme disait bien Jules Verne.

M. B.

(*) Les langues elfiques (également appelées simplement elfique ou elfe) sont des langues imaginaires parlées par les peuples elfes de diverses œuvres de fantaisy. (Wikipedia)

La langue «elfique» disponible pour tous ! À l’aide d’ordinateurs spéciaux, un groupe de recherche international a analysé entre 40 et 100 mots basiques de 3 700 langues différentes (62% des langues existantes) et est parvenu à dégager des régularités qui échappaient jusqu’à cette date aux linguistes. L’analyse a ainsi permis d’établir que toutes les langues ont des racines identiques cachées. Où qu’ils vivent, les personnes choisissent les mêmes sonorités pour composer les mots les plus basiques.

Toutefois, les chercheurs peinent encore à expliquer la raison de ce phénomène. «Nous supposons que cette faculté aide les enfants à apprendre les mots clés au tout début de leur vie», estime Morten Christiansen, coauteur de la recherche, cité par The Telegraph. «Il est probable que ces sonorités aident les enfants à apprendre une langue. Il se peut que les particularités de la conscience humaine ou du cerveau y jouent un rôle. C’est à cette question que tenteront de répondre les recherches ultérieures», a-t-il conclu. Le moteur de recherche russe Yandex a lancé dernièrement un traducteur en ligne de la langue «elfique» (données tirées du journal électronique Sputnik News). 

Comment (3)

    MELLO
    21 septembre 2016 - 16 h 13 min

    Sereinement,mais
    Sereinement,mais inéluctablement , la voie du futur tel que décrite par l’auteur n’est pas aussi simpliste qu’il ne le prétend. La technologie , certes, révolutionnera notre avenir, mais , hélas, telle que voulu par nos dirigeants. La technologie est au service de l’homme , mais cette technologie est issue de la pensée et du bien vouloir de l’homme. Il existe bien des modèles technologiques qui permettent, dans certains pays, aux hommes et aux femmes de recevoir à domicile via une connexion leur commande: un produit, un repas, un ticket de transport ou un encaissement d’argent, et chez nous ? . Les chaînes pour payer ses factures d’eaux , d’électricité ou de téléphone sont bien là encore. Notre médecin de famille continue encore à remplir manuellement ses fiches de patients à la main et continue d’émettre ses ordonnances écrites (scribouillées) à la main. Des milliers d’exemples, identiques, numérisés dans certains pays « développés » qui sont encore à l’état primaire chez nous.
    La politique de développement d’un pays dépend du développement de sa politique.




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    Dr. justice
    20 septembre 2016 - 7 h 55 min

    Le pain ne pousse pas dans
    Le pain ne pousse pas dans les arbres!
    Pour arriver a faire du pain il faut tout un processus,plusieurs métiers y interviennent a commencer par l’agriculture qui est la cheville ouvrière, il laboure (plusieurs fois) la terre il scrute le ciel en permanence pour voir tomber les premières gouttes de pluie, puis vient la période des semailles puis l’angoisse qui ne le quitte que lorsque l’année finira avec une bonne pluviométrie et épargnée des parisitoses.
    Puis arrive la fastidieuse campagne des moissons et enfin l’acheminement de la récolte vers les silos.
    Puis intervient à ce stade l’intervention des spécialistes de la technique de stockage et la distribution vers les minoteries qui à leur tour fournissent la farine aux artisans boulanger pour enfin avoir du pain sur la table…voire dans les poubelles.




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    New kid
    19 septembre 2016 - 17 h 44 min

    L’auteur de cet article
    L’auteur de cet article commence par un proverbe tout à fait étranger à notre terroir. Je n’ai rien contre les langues étrangères si celles-ci sont abordables pour tous les enfants algériens. Mais malheureusement comme vous le savez mieux que moi qui ne suis qu’un berger, je peine à maitriser 5 langues. La terre comme l’auteur le mentionne, est malheureusement pourrie avec les fertilisants nocif qui ne sont plus en vente en Europe mais utilisés dans leurs anciennes colonies et acheté par nos décideurs.
    Demandez à quiconque de se souvenir du gout d’antan des aliments tels que la viandes, les tomates et les fruits, les œufs et combien d’autres dont le gout et la saveur on disparut à cause de l’empoisonnement et il en va ainsi avec la culture de nos enfants avec une éducation qui leurs est étrangère des vieux colonisateurs.
    L’utopie de cet auteur ne cesse de nous narguer avec l’avance technologique de l’occident, et le retard de nos enfants du a la myopie de nos décideurs qui ne pense qu’à envoyer leurs rejetons en Europe avec des « shkaras » pour leurs offrir des appartements de luxe.
    On prépare les enfants dès leur jeune âge à réciter ce qu’il ne comprenne pas afin de les envoyer au Hadj a coup de millions pour des saoudiens qui investissent chez les kouffars et leur demi-frères sionistes. Le libéralisme se fait « within » en respectant son prochain et voisin, sans empiéter sur les autres ou réduire leur liberté dans leur mode de vie et en leur donnant une justice.
    Cette langue elfique ressemble au langage des petits nains qui aident le Father Christmas à produire les jouets destinés aux enfants sages.
    L’auteur soufre d’une rejection chimérique dont il est le seul à en ressentir les afflictions.
    Ce monsieur nous parle de Jules Vernes des Elfes et du père Noel, Moi je lui répondrais qu’il arrête de fumer et de se réveiller de son cauchemar. La technologie se produit par la liberté de pensée et d’action chez un peuple qui existe et est en vie dans une parfaite harmonie.




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