Les événements du Rif : une autre révolte avortée

Rif Maroc révolte
Le Rif, une région livrée à elle-même. D. R.

Par Youcef Benzatat – La révolte du Rif a pour point de départ la mort du vendeur de poisson, Mouhcine Fikri, broyé par un engin à ordures en octobre 2016. Mouhcine Fikri est un commerçant qui achète du poisson en gros au port pour le revendre au détail afin de subvenir aux besoins de sa famille. Ce jour-là, il fut victime de la hogra (humiliation par le rapport de force méprisant) de la part de la police de la monarchie despotique de Mohammed VI. Ces derniers voulaient le racketter en lui exigeant un pot-de-vin sur le poisson acheté au port, sous peine de détruire sa marchandise s’il refusait de s’exécuter, avec comme prétexte l’interdiction de pêcher dans le port dont il s’était prétendument rendu coupable. Ayant refusé de se soumettre à leur abus de pouvoir, il sauta dans l’engin à ordures et fut broyé avec sa marchandise.

L’affaire avait soulevé l’indignation dans tout le royaume et déboucha sur des révoltes sporadiques pendant de longs mois, avant d’atteindre l’ampleur d’aujourd’hui. Paradoxalement, elle finit par être cantonnée dans la province du Rif, à l’endroit où a eu lieu l’événement déclencheur. Le reste de la population marocaine s’en désolidarisa progressivement jusqu’à l’indifférence.

Cette affaire rappelle par son aspect abusif de la part des représentants de l’ordre l’affaire de Tarek Bouazizi, un vendeur de fruits et légumes ambulant, soumis lui aussi à la hogra de la police du dictateur Ben Ali, qui s’est immolé par le feu par indignation, le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, en Tunisie, et qui décéda le 4 janvier 2011 suite à ses brûlures. Sa mort déclencha l’indignation de toute la population tunisienne, qui sera suivie d’une révolte nationale ayant eu pour conséquences la chute de la dictature de Ben Ali et le déclenchement de ce qui est convenu d’appeler «le printemps arabe».

A se demander pourquoi la révolte a pris ici et avorta ailleurs ! Aussi bien au Maroc, en Libye et en Algérie. Bien qu’il soit attesté que le printemps arabe fut un gigantesque complot, sournois et intéressé, celui-ci n’a pu réussir facilement ses différentes manipulations parce que ces sociétés étaient prédisposées à cela. A ce propos, il serait plus plausible de parler de contrerévolution que de complot.

Contrairement à la révolution française, qui réussira à balayer l’absolutisme despotique, en s’appuyant sur la solidarité des classes antimonarchiques, roturiers nobélisés, bourgeoisie naissante, bas clergé et tiers-Etat (paysannerie et peuple démuni des faubourgs des villes), éclairés et guidés par les philosophes et leurs idées et pensées révolutionnaires des lumières, en Afrique du Nord, la société est dépourvue de système de classes et l’essentiel de l’élite est généralement cooptée pour être clientélisée et acculée à la démission devant la nécessité de renverser le despotisme. Si les sociétés nord-africaines sont dépourvues de classes sociales et leurs élites asservies, la société est de plus traversée par des clivages de segments conservateurs, antidémocratiques et irréconciliables entre eux. D’un côté, les islamistes, et de l’autre, le mouvement identitaire berbériste. Le reste de l’élite démocratique et moderniste, qui échappe à l’aliénation dans le despotisme, est tragiquement poussée à l’exile, ou alors, marginalisée et réprimée à chaque fois qu’elle se risque de revendiquer ses droits politiques et ceux de son peuple.

La population étant contenue dans un imaginaire pré-politique par un système d’éducation nationale expressément défaillant en matière de sens critique du politique, de notion de citoyenneté, d’Etat de droit républicain, de modernité et de démocratie, se retrouve naturellement embrigadée dans l’un ou l’autre segment qui lui est le plus accessible. Ces deux segments qui dominent la scène politique dans l’opposition sont condamnés à ne jamais développer une solidarité suffisante pour constituer un contrepouvoir pouvant venir à bout du despotisme. Les islamistes se trompent d’époque, en voulant instaurer un Etat théocratique en complet déphasage avec la contemporanéité du monde et les berbéristes se trompent de combat en projetant l’avènement d’un nationalisme ethnique dans une société métissée et depuis longtemps structurée par une inconsciente transculturalité universalisable !

L’exception tunisienne est due justement au dépassement de ces contradictions structurelles responsables de l’avortement de toute tentative de soulèvement populaire dans les autres pays d’Afrique du Nord. Les islamistes et les berbéristes sont faiblement représentés dans la société tunisienne, avec une classe moyenne composée de professions libérales et une élite intellectuelle très nombreuse et largement imprégnée de culture moderniste et universelle. Contrairement aux autres pays où ils sont fortement implantés et structurés. Il a suffi d’un facteur déclenchant, la mort cruelle et injuste de Tarek Bouazizi et le soulèvement populaire suite à l’indignation générale devant cette méprise, pour que l’élite puisse se constituer en contrepouvoir et venir à bout du régime despotique de Ben Ali sans aucun reflue.

C’est pour toutes ces raisons que les événements du Rif marocain seront d’emblée voués à l’échec et finiront, comme tous ceux qui se produisent périodiquement dans les pays d’Afrique du Nord, en une autre révolte avortée.

A y regarder de près, ce mouvement spontané du Rif revendiquait au départ plus de justice, d’égalité économique et sociale, sans la moindre allusion à une quelconque revendication identitaire, régionaliste ou séparatiste. Mais, inévitablement, celui-ci finira par être récupéré par les berbéristes rifains et détourné de ses revendications initiales. Il se développa ensuite, contre toute attente, une solidarité contre nature avec le mouvement islamiste, El Adl Wal Ihssane. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce mouvement islamiste réussit une démonstration de force en manifestant dans la capitale Rabat avec près de 15 000 manifestants et en affichant explicitement sa solidarité avec le Rif. Peu de temps avant, le leader du mouvement rifain, Nasser Zefzafi, avait surpris plus d’un en travestissant le langage contestataire tenu jusqu’à une certaine période, d’une connotation berbériste à un vocabulaire religieux des plus prosélytes. C’est dire que le mouvement berbériste lui-même est traversé par deux courants inconciliables, les berbéristes qui revendiquent leur appartenance religieuse musulmane et le reste qui se réclame du courant républicain laïque. Par ailleurs, il ne peut être dénué de fondements que ce mouvement islamiste voudrait récupérer pour son compte cette révolte du Rif. Ces mouvements restent, cependant, très vulnérables à une probable manipulation des régimes en place, voire de la part d’éventuelles puissances extérieures intéressées ou par des pressions et marchandages géopolitiques régionaux, notamment l’affaire du Sahara Occidental dans ce cas, comme ce fut le cas durant les moments forts du printemps arabe qui se poursuit encore jusqu’à nos jours.

Pour dépasser cette fatalité, il apparaît évident qu’il appartient aux intellectuels et aux élites, généralement, de revenir de leur démission, en semant sans relâche et avec détermination de véritables idées et pensées révolutionnaires, pour essayer de dépasser ces contradictions et se tenir prêts aux côtés des populations pendant ces révoltes cycliques, qui ne finissent pas de déboucher sur des révoltes avortées.

Y. B.

Comment (25)

    EGO
    19 juin 2017 - 10 h 48 min

    La kabylie est surpeuplee de
    La kabylie est surpeuplee de politicards, rien de benefique ne sortira de ce bled pour l algerie ou pour les kabyles.




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    Dr Knock
    18 juin 2017 - 17 h 57 min

    Mello et Benzatat se
    Mello et Benzatat se contredisent cordialement. La réponse De Mr Benzatat irait mieux à mélo. Je vous rappelle que les 3rouch buggués par le RCD et le FFS ont tout fait pour donner une dimension nationale au mouvement , d’où la manif à Alger . Ce n’est donc pas faute de volonté. Quant à la dimension nationale , le FFS et le RC d n’ont-ils pas essayé ? J’aimerai bien qu’on dise un jour que toute l’Algérie a bougé pour des revendications nationale, seule la Kabylie s’est abstenue. Et c’est là qu’on comprendra peut-être.




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      Mello
      19 juin 2017 - 11 h 48 min

      Cher Dr Knock, la courtoisie
      Cher Dr Knock, la courtoisie reste ce geste digne de grands hommes. Je dis grands hommes par modestie, car il ne nous reste plus de grand homme en Algerie, depuis la disparition de Hocine Ait Ahmed. Bien qu’on ne l’ait pas enterre , on la plante et un jour des petits grands hommes naitront pour mette fin a cette gabegie. Pour votre connaissance, le mouvement des aarouchs, bien que connu au niveau national suite a une mediatisation a outrance dictee depuis les hautes spheres, a remis la Kabylie des dizaines d’annees en arriere. Ses consequences sont desastreuses au point de depolitiser la societe kabyle pour l’enclencher dans un cycle de violence sans fin. Sans comter la destructuration de l’organisation des villages en tajmaath, au point de faire perdre toutes les actions de bienfaisances des habitants. La depolitisation a eu pour effet « l’ecrasement » des partis politiques traditionnels dont le message ne passe plus. Avant l’intrusion de ces aarouchs, cette region d’ Algerie ne connaissait pas les memes problemes d’insecurite, aujourd’hui, la kabylie n’a jamais connu un tel niveau de peur et de pauperisation organisees.
      On est en 2017, soit six annees apres la disparition de 128 jeunes , qu’ont fait ces aarouchs pour les faire indemniser, leur famille continue a les pleurer, pendant que les responsables de ce mouvement acquierent des locaux commerciaux au niveau de la route de l’hopital (Tizi Ouzou). En conclusion, la Kabylie n’est plus ce porte flambeau des revendications nationales, elle s’est retrouvee en queue de peleton dans le domaine des investissements et du developpement. Voila, cher Dr Knock, comment les dignitaires s’entetent a devaster et a pourir une societe , tout en intensifiant et en generalisant les germes de la violence , une realite trompeuse a une realite inavouable. Saha ftou koum




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    Mello
    18 juin 2017 - 10 h 39 min

    Pour situer le parallele avec
    Pour situer le parallele avec les manifestations en kabylie de Juin 2001, il y a lieu de revenir seize ans en arriere. Bien que les citoyens de la region se soient mobilises en vue de juguler l’effusion de sang , force est de reconnaitre que cette preoccupation n’a pas ete celle de tous les pseudo delegues, dont certains ont ete de veritables pompiers pyromanes.
    Malgre l’exploitation sans vergogne de la tragedie, beaucoup de personnes ont eu tort de croire que Belaid Abrika et ses amis cherchaient a eteindre l’incendie. De toute evidence, l’avenement de cette structure autoproclamee et illegitime (aucune organisation villageoise ne les a delegues) inaugure l’une des phases les plus sombres de la region. En effet en moins de deux ans d’ existence, les arouchs ont detruit tout ce qui faisait la force de la kabylie : la tolerance politique. Malheuseusement, bien que cette organisation ait disparu depuis pas mal d’annees deja, et c’est tant mieux pour la democratie en Algerie, les consequences de son oeuvre se ressentent encore de nos jours .
    Ainsi depuis le 14 Juin 2001, toute manifestation a Alger est interdite a ce jour, malgré la levée de l’etat d’urgence en 2011, cette mesure demeure applicable a Alger. Comme pour le MAK aujourd’hui, les arouchs jouaient l’unicite politique de la Kabylie. Il n’est pas etonnant que le MAK tente de recuperer cette date symbolique.




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      youcef benzatat
      18 juin 2017 - 12 h 11 min

      Il suffisait de constater l
      Il suffisait de constater l’équipement des leaders des arouchs en 4/4 et en aisance financière soudaine pour se rendre compte de la grossière manipulation




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        Dr Knock
        18 juin 2017 - 13 h 02 min

        Bien sûr, il y avait un
        Bien sûr, il y avait un million de 4X4 à Alger le 14 juin ! Ce mouvement n’avait aucune chance d’aboutir à quoi que ce soit parce qu’en vérité il n’avait aucun objectif et qu’il était miné de partout ! En vérité, le pouvoir n’avait pas besoin de s’y mettre pour l’imploser car le FFS et le RCD s’en étaient chargé. Qu’on le veuille ou non, cette manifestation du 14 juin était grandiose! Quant aux 4X4 il n’y a pas que les leaders des 3rouch qui sont achetés!




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          youcef benzatat
          18 juin 2017 - 14 h 38 min

          La question à poser serait :
          La question à poser serait : pourquoi cette fabuleuse marche n’a pas suscité autant de ferveur dans les autres régions du pays ? La question pourrait être posée pour toutes les occasions ou d’autres régions s’étaient mises en colère également ! pourquoi cette permanence des révoltes avortées ?




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          Mello
          18 juin 2017 - 16 h 19 min

          En effet , les multitudes de
          En effet , les multitudes de revoltes qu’avaient connues toutes les regions du pays , se sont bizarement toutes etteintes comme par magie. Mr Benzetat, vous ne devez pas ignorer le maillage de la societe , partout , par une multitude d’agents delateurs qui infiltre chaque revolte. Le systeme Algerie s’est construit une carapace impenetrable depuis la prise du pouvoir en 1962. La solution ? Vous allez me dire, elle ne peut provenir que d’une negociation entre ce pouvoir et l’opposition epaulee en cela par l’Elite Algerienne, mais de quelle Elite il s’agit ? Toute cette classe d’hommes et de femmes intervenant regulierement dans les debats politico-economiques dont la portee est restee lettre morte. Si au moins cette elite epaulait l’opposition en rang serre, il en resultera une avancee capitalisee. Saha ftour koum




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          Mello
          18 juin 2017 - 15 h 09 min

          Non Cher Dr Knock,non, il y
          Non Cher Dr Knock,non, il y avait un millions de citoyens venus a Alger dire leur ras le bol d’une vie sans issue, sachant que mise a part les brigades de gendarmerie et les commissariats de police qui fleurissaient a tout coin de la montagne, sans oublier ces casernes militaires qui pululaient , aucun investissement , aucune nouvelle usine ou societe n’est venue alleger ce poids du chomage galoppant qui touchait la region. De toute evidence, bien que l’emergence de l’organisation des aarouchs n’ait pas suscite de mefiance, dans un premier temps, peu a peu , le vrai visage de ses delegues a revele l’existence d’un plan visant a etouffer toute autre voix politique en Kabylie. Les aarouchs reussissent alors a detruire le dernier bation democratique de lAlgerie. Saha ftour koum




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    Dr Knock
    17 juin 2017 - 14 h 40 min

    Donc la vie n’est rien d
    Donc la vie n’est rien d’autre qu’une façon de mourir. A way of dying. Puisque c’est là l’aboutissement.

    Les exemples de Jésus, des offrandes et des rites sacrificiels sont significatifs à ce sujet. Certains patients voudraient que ce soit leur médecin qui supporte le traitement. Ce que @mello ne semble pas comprendre ( je taquine) et que le Za3im lui a compris en refusant de se sacrifier une fois de plus pour une populace qui n’a que l’ingratitude à lui rendre. Un cousin qui était sous chimio lourde l’avait abandonnée pour vivre encore les 2 ans de vie que l’oncologue lui pronostiquait s’il ac acceptait la chimiuo. Il a décidé de refuseer ce traitement pour mener une vie de débauche en flambant ses économies. Il a vécu quatre ans ainsi , ce n’est même pas son cancer qui l’a tué , mais un AVC . Les gens ne cherchent pas la solution à leurs problèmes mais comment vivre avec. Dites-moi ce dont vous avez besoin, on vous dira comment vous en passer, disait Coluche .




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      leputois
      17 juin 2017 - 19 h 04 min

      L’évolution a toujours eu le
      L’évolution a toujours eu le dessus sur tout. L’esprit humain est tellement imprévisible, sauf que l’humanité n’a pas le temps de s’en rendre compte. ça va vite, très vite. Eh bien à l’heure actuelle, ce qu’il y a de mieux à faire pour l’individu c’est de chercher à vivre le mieux possible avec son mal. Il sera mort d’un autre, mais peu importe, ce n’est pas le premier qui aura eu raison de lui. Chercher l’erreur, elle est surement dans la société. saha ftourek.




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    Mello
    15 juin 2017 - 15 h 31 min

    L’article en lui porte
    L’article en lui porte certaines verites qui ne vont pas au fond du probleme. Les revoltes sporadiques sont legions dans tous les pays gouvernes par une dictature. Cette dictature qui ligotte l’elite capable de donner une autre dimension a ces revoltes. N’avons nous pas vu et vecu ce qui s’est passe en Tunisie ? Des revoltes de Sidi Bouaziz portees au niveau nationale, par qui ? Justement par cette elite composee d’avocats, de medecins, d’universitaires jusqu’a ces magistrats qui se sont secoues de cette chape de plomb posee par Ben Ali. Ailleurs, en notre pays, cette elite campe sur ses positions elitistes , loin de ce peuple qui erre a la recherche d’un guide. En ce qui concerne les revoltes Amazighs, pourquoi le peuple entier n’y adhere pas, qu elles soient du Rif ou de la Kabylie ? La reponse est bien simple. Des entitees extremistes, radicalistes et autonomistes infiltrent ces revoltes et au lieu de leur donner un cachet nationale , elles s’etouffent dans la region , car le reste du peuple y voit une volonte regionaliste a travers ces mouvements autonomistes. L’exemple le plus frappant , fut cette revolte en Kabylie, de 2001, qui prenait une allure nationale , avec des soubressauts a Chlef, Medea, Setif et Oran mais vite eteints par cette intervention des aarouchs en Kabylie qui se sont vite accapares de cette revolte en proposant , meme, une plate forme de revendications « scellees et non negociable ». Pourtant quelques temps apres cette plate forme fut negociee avec le premier ministre pour ne donner pratiquement rien. Une societe infiltree ne pourra jamais aller au fond de ses revendications , sans l’appui de cette elite , vehiculant un discours national.




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      Dr Knock
      15 juin 2017 - 16 h 28 min

      Cher Mello,si vous manquiez d
      Cher Mello,si vous manquiez d’humour je dirais que c’est de l’ingratitude à mettre sous le fait du ramadhan. Je me disais bien que nous vivons des temps messianiques : « loin de ce peuple qui erre a la recherche d’un guide » . Wouaw ! C’est y pas bien asséné pour un militant du FFS qui pourtant n’en a pas manqué, de guide, suprême, quasiment, lui ? Et nous qui n’avions même pas vu comment cette élite tunisienne a accompagné le peuple pour lui rendre tout le pouvoir confisqué par Ben Ali en portant au pouvoir d’abord les islamistes et après trop de réussite à un perdreau de l’année tout frais émoulu. C’est depuis que le peuple tunisien s’est définitivement affranchi de toute menace islamiste. Pourquoi l’Algérie n’arrive donc-t-elle pas à accoucher d’un vrai Messie ? Sommes-nous condamnés à attendre le Mahdi ?




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        Mello
        16 juin 2017 - 12 h 53 min

        Salut Dr Knock, le militant
        Salut Dr Knock, le militant politique n’est pas un faiseur de miracle, ni un gladiateur des temps modernes. Il est au mieux, et quand les conditions de la societe le permettent, un citoyen conscient des enjeux du moment. Je dis , quand les conditions de la societe le permettent , car pour un militant politique , l’essentiel consiste a etre ancre dans la societe sans pour autant se laisser enfermer dans les limites de cette derniere. Nous connaissons nos maux : sous-developpement politique, economique et culturel , nous croyons connaitre les solutions: le developpement, la democratie, la transformation de nos moeurs politiques. Mais une vie entiere, de militantisme se resume souvent a chercher , chaque jour, le meilleur moyen de tisser les liens entre les mots , les maux et les gestes a faire. Ce qui serait nouveau, serait de repousser nos atavismes meurtriers , nos egoismes plus tribaux que nationaux et cette sorte de fatalisme qui nous pousse a accepter le pire quand le mieux nous semble trop lourd a porter. Saha ftour koum




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          Dr Knock
          16 juin 2017 - 18 h 54 min

          Je voulais juste te taquiner
          Je voulais juste te taquiner ya si mello ! Le vieux schnock que je suis peut te confirmer effectivement » « cette sorte de fatalisme qui nous pousse a accepter le pire quand le mieux nous semble trop lourd a porter ». Je vais te donner l’exemple du malade ; l’expérience m’a montré que certains préfèrent les souffrances de la maladie que celui du traitement.




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          leputois
          16 juin 2017 - 22 h 09 min

          Fatalement Dr knock, Il n
          Fatalement Dr knock, Il n’existe que 3 instants importants pour l’homme lors de son passage sur terre, naître, vivre et mourir. Alors oui (comme le voit un philosophe), chez nous il ne sent pas naître, il souffre à mourir et il oublie de vivre. La nature ne tord pas les choses, si le malade préfère la souffrance de la maladie à celle du traitement c’est qu’il a de bonnes raisons et nos valeureux philosophes les accompagnent bien sur. D’aucuns d’entre eux leur répliquent alors qu’ils errent entre deux mondes l’un mort et l’autre impuissant de naître. saha ftourek l’ami.




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          Mello
          17 juin 2017 - 14 h 12 min

          Et non finalement, les 3
          Et non finalement, les 3 instants pour l’homme redeviennent fatalement un seul instant: vivre dans la souffrance. Pour les deux autres instants , on est comme inconscient aussi bien a la naissance que ce cri prelude a une vie cauchemardesque , c’est la ou je rejoins votre philosophe, qu’au moment de pousser le dernier souffle qui semble instantane. Le debut et la fin de vie sont des eclairs qui nous inondent ,ils sont incolores, inodores et insipides. Tout de meme Saha ftour koum




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      Dardour
      17 juin 2017 - 14 h 03 min

      Y’a si mello, cadre du ffs ,
      Y’a si mello, cadre du ffs , canal khobziste, selon vous la cause de l’inexistence de solidarité des autres religions d’Algérie à l’égard de leurs « frères  » de Kabylie est imputable aux arch! On reproche peut être aux 128 victimes et les centaines de blessés d’avoir gâché la fête du printemps aux algériens!




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        Mello
        17 juin 2017 - 18 h 34 min

        Les 128 victimes ? Ya si
        Les 128 victimes ? Ya si Dardour, sont morts pour tu vives dans la dignite, pour que ce regime qui a tire avec des balles reelles sur ces Algeriens ne puisse le refaire pour chacun de nous tous. Le vrai combat de cette Kabylie n’est autre que le recouvrement de la liberte, de la dignite et pour la democratie , la vraie, de tout un chacun. Ce cadre du FFS , qui n’en est pas un, car simple citoyen partageant le projet de ce grand parti, continuera a lutter et a militer pour une democratie reelle et une societe libre. Je vous salue.




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    Dahman
    15 juin 2017 - 9 h 17 min

    Toutes les révolutions du Rif
    Toutes les révolutions du Rif ont avorté depuis le massacre des villageois rifains par moulay Hassan en 1958 (avec l’aide de l’aviation française) – épisode oublié par les historiens marocains- Tous les soulèvements ont été matés et étouffés. Dans les années 60, Hassan II a fait rafler tous les hommes libres et intellectuels rifains opposants et à son régime, beaucoup d’entre eux sont toujours portés disparus (jetés d’hélicoptère dans l’océan).
    De ce fait, la transmission du flambeau de la contestation pour la liberté et la vérité a été interrompue car tous les opposants ont été liquidés, emprisonnés ou muselés, et la population rifaine soumise par la culture du cannabis et éduquée (acculturée) par le mépris du makhzen.
    Les rifains d’aujourd’hui sont dociles et pacifiés, acquis à la cause du makhzen; ils sont très différents de leurs aînés des années 50 et 60 qui étaient « algériens » d’esprit, avides de liberté. Et pour cause, ce sont les descendants des Zenatas d’Algérie.




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    Dr Knock
    15 juin 2017 - 8 h 30 min

    S’il n’y a pas de quoi
    S’il n’y a pas de quoi devenir bipolaire avec ces doses antagoniques, une pour rire et une autre pour pleurer, je veux bien qu’on me prête une paranoïa critique comme celle de Dali pour me sustenter.
    Je veux bien que Mr Benzatat qui se chauffe de tous les bois invite les événements du RIF pour casser encore du grain sur le dos des berbéristes et nous fourguer son fantasme du « contre-pouvoir », mais de là à mêler la Tunisie qui elle est un contre-exemple pour toutes les sociétés arabes, je ne l’accepterais pas. Le mouvement du RIF n’est-il pas affreusement berbériste et islamiste pour rendre incongrue toute comparaison ? Alors qu’en Tunisie même Ghannouchi apparait comme un fieffé libertin comparé à Sadi, qui est à la fois berbériste et salafo-musulman soft.
    C’est vrai que l’exemple tunisien est à considérer à part car il chappe à tous les déterminismes des sociétés arabo-musulmanes et il n’y pas d’islamistes à l’affut qui puissent profiter de l’aubaine et arriver au pouvoir. Et la façade exposée au tourisme constituée d’une véritable élite surdouée a permis à la Tunisie d’échapper définitivement au sort réservé à d’autres pays de la région. Bien sûr ce n’est pas de la Tunisie que partent des milliers de jeunes, proportionnellement 50 fois plus que d’Algériens, pour constitués les hordes de Daesh. Et sur le plan économique la Tunisie a su développer une industrie nationale qui l’a prémuni aujourd’hui contre tout risque d’explosion sociale. L’affaire Bouazizi n’ est évoquée que par ceux qui ne voudraient pas reconnaitre le développement fulgurant de la Tunisie qui ne se trouve entre deux pays féroces et attardés qu’à l’insu de son plein gré. Aucun haraga ne quitte la Tunisie et aucun Tunisien ne cherche à quitter son pays aujourd’hui pour subir les affres de l’exil, et ce grâce à une élite très moderne, évoluée et compétente qui a su procurer une industrialisation à très haute technologie et valeur ajoutées, le plein emploi et l’autosuffisance à son pays.




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    Cactus
    15 juin 2017 - 7 h 59 min

    De plus ils nous envois des
    De plus ils nous envois des tonnes de drogue pour detruire notre jeunesse, ceux qui les soutiennent leur ressemblent et sont complices




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    anonyme
    15 juin 2017 - 5 h 30 min

    Une belle analyse! bravo
    Une belle analyse! bravo




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    Méfiance
    15 juin 2017 - 3 h 52 min

    Évidement nous compatissons
    Évidement nous compatissons avec ce pécheur assassiné si cela est est vrai, mais que les Algériens ne s’en mèlent pas car ça peu se retourner contre nous et le Rif anti Algérien et colonisateur de sahara occidentale ce n’est pas notre affaire !
    Car ou étaient t’ils pendant que l’occident et les pays du golfe et du Maroc nous envoyaient des terroristes dans les années 90 jusqu’à ce jour ?????
    Mieu, ils avaient fermer les frontières contre nous donc BASTA !!!!!




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    Karim
    15 juin 2017 - 1 h 36 min

    Excellent article, complet,
    Excellent article, complet, analytique et conclu avec des propositions concrètes. Merci !




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