Sonatrach : récupérer les gaz associés pour répondre davantage à la demande

hassi r'mel
Hassi R'Mel. D. R.

La compagnie Sonatrach confère la priorité aux «projets novateurs» pour la récupération des gaz associés face au double défi de répondre à la demande locale et étrangère, a indiqué jeudi son PDG, Abdelmoumen Ould Kaddour.

«Nous avons un manque à gagner de 50 millions m3/jour de gaz et nous sommes en train de pousser nos jeunes ingénieurs à avoir des idées novatrices, à l’instar de ce qui a été fait à Rhourd El-Baguel (Hassi Messaoud)», a souligné Ould Kaddour à la presse à l’issue d’une visite à Hassi R’mel. Le PDG de Sonatrach faisait référence au nouveau procédé technique qui lui avait été présenté, il y a quelques jours, pour la récupération d’une dizaine de millions m3 de gaz associés par jour, qui étaient auparavant injectés pour faire fonctionner les installations de l’usine de traitement de Rhourd El-Baguel en vue de les destiner à la vente.

«Nous essayons de faire la même chose à Rhourd Ennous», a alors avancé Ould Kaddour, ajoutant que Sonatrach déploie de gros efforts pour pouvoir répondre à la forte demande locale et étrangère en gaz naturel. C’est un «défi énorme» pour lequel Sonatrach «travaille dur» et consent des efforts énormes pour continuer à développer ses capacités de production, a fait valoir le premier responsable du groupe national des hydrocarbures.

A ce propos, il a cité particulièrement deux champs à Reggane et au Touat qui devraient entrer en production à la fin de l’année en cours. «Pour Reggane, c’est certain. Concernant le champ de Touat, nous avons ramené avec nous nos entreprises locales en vue de les pousser à accélérer la mise en route de ce champ», a-t il fait savoir.

Au cours de sa visite à Hassi R’Mel, le PDG de Sonatrach a inauguré la station de compression GR5 qui servira à renforcer la pression du gaz transporté par le gazoduc GR5 avec une capacité de 8,8 milliards m3/an. C’est la deuxième station de compression servant à booster la pression du gaz transporté par le gazoduc GR5, après celle de Khrechba.

La Station GR5 de Hassi R’Mel permettra de remonter la pression à 70 bars en vue de l’évacuation du gaz naturel collecté des champs du sud-est, à savoir ceux de Reggane-Nord, Timmimoun et Touat vers Hassi R’Mel (Laghouat) sur une distance de 765 km.

Les injections de production de ces champs dans ce système de transport par canalisation (TRC) sont prévues pour novembre 2017 concernant Reggane-Nord, en décembre 2017 pour Touat et en février 2018 pour Timimoun, a précisé un responsable du Centre national de dispatching de gaz (CNDG). Ce gaz, dont la pression a été augmentée, sera ensuite acheminé vers le CNDG à Hassi R’Mel.

D’un coup global de 16,74 milliards DA, cette station, avec ses expansions, atteindra une capacité de transport de 21 milliards m3/an à compter de 2020, et ce, avec l’entrée en production de futurs champs gaziers. Il s’agira des champs de Hassi Mouina Nord et Sud, Hassi Bahamou, Ahnet, Tidikelt-Sud et Akabli.

La réalisation du gazoduc GR5 avait été confiée à des entreprises nationales en gré à gré, à savoir Cosider Canalisation, ENAC, GCB et GTP.

Développement des gazoducs : plus de 37 milliards DA de financements pour 2017

Outre ces projets, une enveloppe financière de 37 milliards DA a été allouée, au titre de l’année 2017, aux projets de développement des gazoducs installés sur les axes sud-est et sud-ouest du pays, a indiqué à la presse le directeur des projets de Hassi R’Mel du groupe Sonatrach, Youcef Malki.

Cette enveloppe représente 51% de l’enveloppe globale attribuée aux projets de développement et de réhabilitation de l’activité TRC de Sonatrach au titre de l’année 2017, estimée à 72,5 milliards DA. D’autre part, depuis l’année 1985 (date de son entrée en service) jusqu’à aujourd’hui, une quantité totale de 2 230 milliards m3 de gaz a transité par le CNDG.

Par ailleurs, le PDG de Sonatrach a aussi visité des salles de compression et a procédé au lancement des travaux du projet Boosting phase III qui vise l’installation de capacités de compression supérieures en vue d’accompagner la déplétion naturelle du gisement de Hassi R’Mel, et ce, après avoir réalisé le Boosting phase I (2004) et phase II (2009). Ce projet prévoit l’installation de deux lignes de compression en deux étapes : de 24 à 57 bars et dont le démarrage est programmé pour 2019, puis de 10 à 24 bars en 2023. D’un coût total de plus de 141 milliards DA, le contrat du projet avait été signé en décembre 2016.

La délégation de Sonatrach a également visité la station électrique hybride de Hassi R’Mel, fonctionnant conjointement avec l’énergie solaire et le gaz, produisant ainsi 150 MW d’électricité destinée à être injectée dans le réseau national électrique.

Dans ce sens, Ould Kaddour a indiqué que Sonatrach ambitionne d’utiliser l’énergie solaire dans les champs d’exploitation. «Nous avons lancé un plan de développement en vertu duquel au lieu d’utiliser les gaz qui sont produits au niveau des champs en vue de les faire tourner, nous produirons de l’énergie solaire pour remplacer les gaz qui pourront être utilisés pour l’exportation», a-t-il détaillé.

Lors de son point de presse, il a également avancé que Sonatrach était en train de faire une étude pour prospecter d’autres marchés, outre celui de l’UE qui est actuellement le plus grand client de la compagnie. «Nous avons aussi des partenaires étrangers qui travaillent avec nous tels ENI (Italie), qui est un partenaire historique, et Total (France). Nous essayons de trouver des solutions pour pouvoir répondre aux besoins de ces clients importants et, en même temps, répondre aux exigence de l’UE», a-t-il déclaré.

R. E.

Comment (5)

    Djamel BELAID
    30 juillet 2017 - 17 h 49 min

    Qu’est-il fait pour réduire les torchères et les gaz brulés. Outre la perte en gaz que constituent ces torchères, nous augmentons les gaz à effet de serre et le réchauffement climatique, notamment dans le sud de l’Algérie.




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    BERKANI
    29 juillet 2017 - 16 h 39 min

    Et que fait l’Algérie de son manque à gagner qui dépasse de très loin le coût du gaz consommé dans les champs pétroliers, du fait de la non participation des entreprises étrangères aux dépenses d’exploration des gisements pétroliers ?
    A cet égard, nous ne devons pas perdre de vue que, contrairement au gaz, le pétrole permet de développer une industrie de produits dérivés qui constitue une activité à forte valeur ajoutée.
    Mais les entreprises étrangères qui s’associent à ALNAFT pour explorer les gisements pétroliers sont pas intéressées par le développement de la pétrochimie en Algérie. C’est le prétexte qu’elles invoquent pour ne pas participer au financement de l’exploration du pétrole, dont on sait qu’il est toujours mélangé à du gaz.
    C’est ainsi que le poids du financement de l’exploration pétrolière est retombé entièrement sur le dos de l’Algérie. Pire encore: Avec le nouveau PDG d’ALNAFT, l’exonération des entreprises étrangères de toute participation aux frais d’exploration s’est officialisée, sous prétexte que ……. le prix du pétrole est trop bas à l’heure actuelle !!!!….. Une manière comme une autre d’admettre que celles-ci n’y sont pour rien dans la baisse du prix du baril de pétrole et que seule notre bonne vache à lait doit supporter les risques d’une activité aussi aléatoire que celle de l’exploration des hydrocarbures …….




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    BERKANI
    28 juillet 2017 - 19 h 15 min

    Les efforts du PDG de SONATRACH sont méritoires, mais que représente l’économie de consommation de gaz découlant du remplacement de celui-ci par l’énergie solaire pour satisfaire les besoins en énergie des champs de production d’hydrocarbures, comparé au secteur les plus énergivore qu’est celui de l’Habitat ????
    Cette initiative constitue, néanmoins, un bon exemple à suivre par l’ensemble des institutions et des citoyens de notre pays, notamment par les responsables des secteurs de l’Habitat et de l’Energie ayant saboté les 11 projets pilotes inscrits au programme Eco-bât lancé en partenariat et censé expérimenter des matériaux de gros oeuvre à fort pouvoir isolant.
    A l’issue de ce programme, ces voyous assoiffés de devises étrangères n’ont rien trouvé d’autre que de suggérer l’emploi d’isolants thermiques et pour cause ; L’isolant le plus couramment employé dans notre pays est le panneau en PSE et il est importé, feignant ainsi d’apparaître comme ignorant l’existence de matériaux de gros oeuvre locaux dont le pouvoir isolant est si élevé qu’ils permettent de se passer de tout isolant rapporté …..
    Au demeurant, qu’attend le groupe SONATRACH pour tirer la leçon de ce partenariat raté en lançant immédiatement un nouveau projet pilote à l’occasion du grand projet de ville nouvelle de Hassi Messaoud, en faisant appel aux jeunes architectes qui ont participé honnêtement aux concours relatifs aux projets pilotes de 82 logements de Mostaganem et de 80 logements d’Oran et ayant opté pour l’emploi d’un matériau répondant aux exigences précitées, sur le conseil d’un bureau d’études avisé et que la magouille a écartés de manière outrancière ????? ,…




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    issam
    28 juillet 2017 - 18 h 48 min
    Améziane
    28 juillet 2017 - 16 h 43 min

    Sonatrach : récupérer les gaz associés pour répondre davantage à la demande
    Sonatrach :Récupérer les cadres très compétents qui ont, malheureusement, fui à l’étranger,
    Et qui travaillent dans les multinationales françaises, et autres étrangères,
    Dans de très bonnes conditions socio-professionnelles…..
    (Technip, Total, Schlumberger qui espionnent, et surexploitent nos richesses,…) à cause de:
    L’administration bureaucratique lourde de Sonatrach,
    De l’arbitraire,
    De la très mauvaise organisation
    De la très mauvaise gestion,
    De l’injustice,
    De la mauvaise considération pour les compétents
    De la corruption,(marchés, et commissions sous tables), protégée par des puissants
    De l’incompétence (responsables parachutés par simples coups de téléphones), du népotisme,
    Des dépassements qui prennent diverses formes,
    Du régionalisme des incultes, et des mal éclairés qui a déchiré la cohésion, et l’harmonie de SH
    Des luttes intestines stériles, et inutiles des longs couteaux dissimulés,
    Dans la longue nuit algérienne
    Qui ont ruiné l’Algérie, et Sonatrach, et les ont empeché de décoller, et de se développer
    …..depuis 1962




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