Coupe du monde 2018 : l’Italie n’ira pas en Russie

Foot Italie
Le joueur italien Florenzi en pleurs à la fin du match. D. R.

L’Italie va assister en spectateur à la coupe du monde de football l’an prochain en Russie, du jamais vu depuis presque 60 ans, et surtout, un scénario inimaginable pour un pays où le Calcio est presque une seconde religion.

«Je pensais que jamais que j’aurais vu ça dans ma vie»,  lache dépité, Andrea, venu lundi soir avec quelques copains assister dans un bar au match retour contre la Suède, dont le résultat (0-0) sort définitivement son pays du Mondial 2008. «Du jamais vu, je n’y crois pas, c’est fini», lance tout aussi abattu, Davide.

A la sortie du stade de San Siro à Milan, la déception est toute aussi grande. «Je suis écœuré par le système du football en Italie. C’est un échec de notre pays, même ici on y arrive pas», explique Mirko Palmieri, venu soutenir son équipe.

«L’Italie a toujours joué la Coupe du monde, ça a toujours été comme ça. Demain, je vais me réveiller et ma vie va continuer, mais cet été je ferai autre chose», ajoute un autre supporter. Et pourtant, à San Siro comme à Rome, on voulait y croire. «Jusqu’à la dernière minute, on y a cru, mais rien à faire, ça n’est pas passé», assure Daniele, passionné de foot, comme la plupart de ses compatriotes, venu regarder et commenter le match dans un bar de San Lorenzo, le quartier étudiant de la capitale italienne.

Et si l’heure est à la tristesse de voir la Squadra Azzurra éliminée, un scénario inédit depuis 1958, les règlements de compte vont bon train. L’entraîneur, Gian Piero Ventura, en prend pour son grade, accusé d’avoir étouffé le beau jeu pour défendre un système peu convaincant, particulièrement depuis le 3-0 encaissé par l’Italie face à l’Espagne. «No comment», préfère déclarer Davide, plutôt que d’injurier le sélectionneur italien. Au-delà des choix controversés de Ventura, c’est toute l’Italie du football qui va devoir désormais se remettre en cause. «C’était une équipe trop jeune, qui avait surtout besoin de grandir», juge Davide, à l’unisson d’autres tifosi (supporters).

Gian Piero Ventura n’a pas donné sa démission

Le sélectionneur Gian Piero Ventura a déclaré lundi soir qu’il n’avait pas donné sa démission malgré l’échec de son équipe en barrage de qualification pour le Mondial, expliquant qu’il devait encore parler avec le président de la fédération Carlo Tavecchio.

«La démission ? Je ne sais pas. Il y a une infinité de choses à évaluer. On va se voir et on va évaluer ces choses. Je n’ai pas encore parlé avec le président», a-t-il dit en conférence de presse. «Ca ne dépend pas de moi, je ne suis pas dans l’état d’esprit d’affronter cette question. On va se voir, je dirai ce que j’ai à dire, et j’écouterai. Tout ce qui en sortira sera accepté», a-t-il répondu à une autre question sur une éventuelle démission à venir. «Le résultat est terrible. Il y avait une volonté féroce mais le football est fait de cela et je sais l’accepter. Je suis fier d’avoir fait partie de ce groupe et d’avoir travaillé avec de grands champions et avec d’autres auxquels je souhaite de le devenir», a encore confié Ventura, dont l’avenir à la tête de la sélection semble tout de même extrêmement compromis. «Quand on obtient des résultats, le mérite de l’entraîneur importe peu. Quand il n’y a pas de résultats, le responsable est l’entraîneur. C’est une banalité», a-t-il également affirmé.

R. S.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.