Lutte contre la migration clandestine : l’Algérie appelle à une approche globale

Messahel a indiqué que la migration irrégulière ne saurait être perçue et traitée dans ses causes profondes s’il n’est pas tenu compte de l’interaction objective qui existe entre ce phénomène et le crime organisé, le trafic de drogue, la traite des êtres humains, les conflits armés et l’instabilité politique
Migrants nigériens à Boufarik. New Press

Dans le cadre de sa participation à la Conférence «Rome-Mediterranean Dialogues», qui se tient à Rome du 30 novembre au 2 décembre 2017, le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, invité à intervenir sur la thématique de la migration irrégulière en tant que panéliste, a appelé à une approche globale pour faire face à ce phénomène, en tenant compte de ses causes profondes, au premier rang desquelles le niveau de développement des pays ainsi que l’état de la sécurité et de la stabilité politique dans les pays concernés.

Analysant le phénomène, Messahel a indiqué que la migration irrégulière ne saurait être perçue et traitée dans ses causes profondes, s’il n’est pas tenu compte de l’interaction objective qui existe entre ce phénomène, le crime organisé, le trafic de drogue, la traite des êtres humains, les conflits armés et l’instabilité politique.

Il a ajouté que le fléau de la migration irrégulière est encouragé par les réseaux de passeurs criminels qu’il faut combattre avec la dernière vigueur, ajoutant que cette lutte ne devrait en aucune manière servir de prétexte pour alimenter les pulsions racistes et xénophobes que suscite l’arrivée massive de migrants sur le sol européen.

Abordant précisément la question migratoire dans la Méditerranée, Messahel a souligné que la migration y représente, notamment au regard de l’importance des pertes en vies enregistrées et la résurgence de la pratique honteuse de l’esclavage par des réseaux criminels activant en Libye, un défi transnational de première importance. Il a rappelé que le cinquième Sommet entre l’Union africaine et l’Union européenne, qui a pris fin hier à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en a souligné toute la gravité et appelé la communauté internationale à des actions énergiques et concertées.

Messahel a souligné à nouveau que l’Algérie condamne cette pratique honteuse à l’endroit de personnes innocentes et sans défense et rappelle l’urgence d’une solution politique à la crise libyenne, solution qui permettra à ce pays frère de se doter des institutions de lutte contre ce fléau. Dans le même sillage, il a mis en exergue le fait que les causes profondes de la migration illégale résident dans la multiplication des crises politiques et des conflits armés, le développement de groupes terroristes et leur jonction active avec la grande criminalité transnationale ainsi que la persistance de la pauvreté extrême dans nombre de régions du continent africain.

S’agissant de la vision de l’Algérie, Messahel a estimé qu’il est important que les pays de la région assument leurs responsabilités individuelles et collectives. Dans ce cadre, il a rappelé que l’Algérie, après avoir été un pays pourvoyeur de migrants, et pendant un certain temps un pays de transit, est devenue aujourd’hui un pays de destination, et de ce fait, partie prenante dans la problématique migratoire.

Pour ce qui est du phénomène migratoire en Afrique de manière générale, il a rappelé que l’Afrique est de tous les continents celui qui enregistre les flux migratoires les plus importants au monde. Une particularité, a-t-il ajouté, qui appelle à appréhender à sa juste valeur le fardeau, sans égal ailleurs, porté par les pays africains, et d’agir conséquemment sur les causes profondes de ce phénomène par la promotion d’une approche globale, concertée, équilibrée et solidaire.

S’agissant du phénomène de la migration irrégulière et ses liens avec le développement, Messahel a indiqué qu’au lieu d’affecter l’essentiel des moyens financiers au renforcement des mesures sécuritaires de lutte contre l’immigration irrégulière, il est plus judicieux de les consacrer à la promotion de projets économiques structurants, seul moyen susceptible d’engendrer de véritables dynamiques de développement et de réduire durablement la pression migratoire en fixant les candidats à la migration dans leurs propres pays.

Enfin, il a conclu en soulignant que la migration irrégulière, qui est une réalité socioéconomique, ne saurait être dissociée du niveau de développement d’un pays ainsi que de sa stabilité politique. Plus le niveau de développement d’un pays est élevé et moins il est pourvoyeur de migration. Il en va de même de la stabilité et de la sécurité qui y règnent. Ainsi, le partage équitable de la prospérité et l’instauration durable d’un climat de sécurité participent de manière directe au tarissement des flux de migrants irréguliers.

C. P.

Comment (6)

    Kouidri Saadeddine
    2 décembre 2017 - 12 h 53 min

    Il faut insister sur le nombre de travailleurs qui manque à l’Europe. Les patrons européens ne veulent toujours pas d’un ouvrier africain mais d’un esclave, d’un indigène et dans ce cas ils cultivent l’émigration anarchique pour cueillir des clandestins. Les flibustiers gèrent ce flux migratoire et tendent a déstabiliser toute la région du Maghreb dans le seul but de bénéficier d’une main d’œuvre bon marché. On doit exiger le nombre d’ouvriers et manœuvres étrangers indispensable à la marche de l’économie européenne. On doit aller vers des contrats d’un quota destinée à l’émigration comme le faisait auparavant notre pays avec la France.




    3



    1
    Anonyme
    2 décembre 2017 - 10 h 49 min

    certains les considèrent comme des être humains!




    4



    10
      Majda
      2 décembre 2017 - 11 h 13 min

      Ils ont évidemment le morphotype des humains mais malheureusement des comportements bien au delà, je me permets de dire qu’ils ont des comportements dégoûtants sans civisme ni pudeur et une délinquance que seuls leurs pays doivent gérée, les algériens ne sont pas des porteurs de fardeaux de ces peuples chaque être humain à sa place dans cet univers et dans les sciences écologiques on parle de déchirure dans l’environnement si des peuples ou populations s’offre a liberté de quitter leurs lieux de vie pour débarquer chez d’autres peuples.




      8



      12
    BECAUSE
    2 décembre 2017 - 9 h 41 min

    Du moment que ces migrants essentiellement subsahariens traversent facilement nos frontières et circulent aisément sur tout le territoire national , les Algériens doivent accepter cette nouvelle réalité que notre pays est de fait devenu une terre d’immigration et de destination choisie, et comme toujours les faits sont têtus et sont seuls comptables des réalités.
    Ces gens de tout horizon seront de plus en plus nombreux à venir s’installer chez nous et l’Algérie sera tôt ou tard amenée à les régulariser massivement ce qui induira des problématiques extrêmement dommageables à tous les niveaux : économique, social, politique et sécuritaire.




    3



    6
    Akli Boughzer
    2 décembre 2017 - 8 h 54 min

    Bravo M.Messahel,j’espère que vous serez entendu.En effet combattre les causes c’est mieux que de s’attaquer aux effets.Qui pousse ces populations avec femmes et de nombreux enfants à aller au nord pour le plus souvent mendier après avoir traversé plus de 3000 km de désert impitoyable?C’est vrai qu’ils vivent l’enfer sur terre dans leurs pays respectifs avec des dirigeants corrompus et incompétents,ils ne sont pas les seuls si vous voyez ce que je veux dire.Les aides éventuelles ne doivent pas aller dans les poches des corrompus qui ne manquent pas en Afrique.J’ai lu quelque part que la population de l’Afrique va augmenter de 450 millions de bouches à nourrir entre 2017 et 2030 et il serait peut être temps de songer aux limitations des naissances de ces populations qui ont des taux de croissance démographique les plus élevés du monde (pour exemple le Niger est à 49/1000 et le Mali 47/1000 alors qu’il est seulement de 8/1000 en Allemagne).Il serait peut être temps que les grands de ce monde et aussi les moins grands songent à trouver des solutions avant qu’il ne soit trop tard.




    9



    1
    Anonyme
    2 décembre 2017 - 7 h 49 min

    Depuis le temps qu’on entend parler de cette approche globale mais au niveau concret rien n’est réalisé, la situation ne fait qu’empirer et ces sahéliens avancent en faisant semblant de rien comprendre et qu’ils sont libres de leurs mouvements et vraiment rien ne les arrête. UNS SEULE CHOSE arrêtera le grossissement de cette … subsaharienne c’est le mur et le renforcement des villes du sud par des agents de la sûreté eux même contrôlés et sévèrement sanctionnés en cas d’erreur ….
    Ces peuples ont toujours vécu dans les conflits en se bagarrant pourquoi c’est maintenant qu’ils se rendent compte d’envahir l’Algérie, complètement infestée. On est pas contraints de vivre douloureusement l’enfer de les voir traîner et vagabonder dans nos rues pour détruire notre beau pays, …




    8



    1

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.