Air Algérie : l’équilibre financier est «fragile»

Air algerie Centre de maintenance des avions de l'aéŽroport international d'Alger Houari-BomedieŽne. New Press

L’équilibre financier de la compagnie aérienne Air Algérie est «fragile» vu les charges de cette entreprise, a indiqué mardi le directeur de la division commerciale de la compagnie nationale, Zohir Houaoui. Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, M. Houaoui a relevé que cette situation s’explique essentiellement par les charges de la compagnie liées notamment à la masse salariale qui devrait se situer entre 18% et 20% des charges, ainsi qu’aux coûts d’exploitation relatifs à la maintenance et au carburant. Mais en dépit de cette délicate situation, le même responsable a avancé que cette compagnie aérienne exclut toute augmentation des prix de ses prestations : «Cela n’est pas possible parce que nous évoluons dans un environnement concurrentiel.»

Actuellement, a-t-il précisé, 22 compagnies aériennes activent sur le marché algérien. Interrogé sur la grève du personnel navigant commercial observée lundi dernier pour revendiquer des augmentations salariales, il l’a considérée comme «illégale» et rejetée par la justice, car le préavis de grève déposé le 31 décembre dernier était entaché d’irrégularités. Il a, cependant, rappelé qu’un accord prévoyant cette augmentation des salaires avait été conclu avec les membres de cette profession il y a une année, soulignant que cet accord n’est pas remis en cause, mais qu’il s’agit seulement d’un gel factuel.

A la question d’une éventuelle révision de la grille des salaires, M. Houaoui a affirmé que cette revendication ne pouvait pas se concrétiser dans le contexte actuel du fait des équilibres financiers fragiles de l’entreprise. Air Algérie «n’est pas dans la capacité de pouvoir assurer cette augmentation salariale au détriment de son équilibre financier», a-t-il fait valoir, en ajoutant que la compagnie se trouve dans une situation «difficile» dans le sens où elle ne pourrait pas se permettre de pouvoir assurer une telle révision des salaires. Mais une fois que la situation financière s’améliorera, a-t-il soutenu, l’entreprise prendra en charge cette revendication soulevée par le personnel. Selon lui, les 9 000 employés d’Air Algérie, dont le personnel navigant, avait déjà été informé des contraintes financières auxquelles fait face Air Algérie.

Abordant, par ailleurs, le développement à l’international de la compagnie, le même responsable a fait savoir que de nouvelles lignes aériennes seront ouvertes pour desservir des pays de l’Afrique subsaharienne comme le Tchad et le Cameroun.

R. N.

Comment (2)

    Anonymeplus
    23 janvier 2018 - 19 h 27 min

    Air Algérie est gérée comme toutes les entreprises nationales, sans objectifs de rendement, sans évaluations, sans bilans, sans un minimum de cohérence, etc…
    Le problème avec la compagnie nationale c’est que son activité est à l’extérieur des frontières du coup la médiocrité se voit au quotidien et la comparaison avec la normalité se fait tout de suite criante. La norme voudrait que les avions arrivent et partent à l’heure, la norme voudrait que les passagers, ceux qui font vivre la compagnie nationale soient pris en charge correctement, la norme voudrait que la compagnie recrute selon le niveau de compétence et non selon le copinage et les passes droits, dois-je rappeler qu’une vingtaine de stewards et hôtesses croupissent en prison pour trafic de drogue, d’or, de diamant, etc, un recrutement en bonne et due forme nous aurait évité se genre de spectacle deshonorant, la norme voudrait qu’une compagnie nationale qui possède 45 appareils ai au grand maximum 3000 salariés et non près de 10 000 actuellement.
    comble de l’absurdité, enfin, la norme voudrait qu’on mette à la tête du pavillon national un gestionnaire qualifié, pas un ex général ou un ex pilote ou un ex gestionnaire d’une autre compagnie nationale (cosider) qui a été ruiné durant ses fonctions, ils ont tous échoué parce qu’ils n’ont pas la compétence requise. On ne peut pas faire d’un âne un cheval de course, l’avenir de cette compagnie est plus que sombre parce que ses propres employés n’ont eu de cesse de la saboter durant des décennies, aujourd’hui que la crise est là, on ne peut plus cacher la vérité avec des mesurettes de politicards, ils ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis, la chute n’en sera que plus catastrophique.

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    Felfel Har
    23 janvier 2018 - 16 h 13 min

    Si AH n’avait pas bénéficié de 54 milliards de DA de subvention en 14 ans (chiffres tirés d’une déclaration du ministre des transports,Talai), l’entreprise aurait déposé son bilan depuis longtemps. Restons avec les chiffres! AH gère au mieux 50 avions avec un effectif de 9000 employés, soit une moyenne de 180 employés par avion. Pour payer ce personnel, il faudrait plus de 200 passagers PAYANTS par avion pour équilibrer les comptes en Frais de personnel seulement par avion, ce qui est impossible à réaliser compte tenu des capacités offertes. De plus, on n’a pas encore compris à AH que son marché est en majorité en DA alors que ses charges sont en devises étrangères. Ses représentants à l’étranger (tous des planqués) ne font aucun effort de démarchage de clients potentiels pour générer en devises au minimum de quoi payer leurs salaires. Mêmes nos compatriotes sont boudés lorsqu’ils ne sont pas maltraités, ce qui les jettent dans les bras d’Air France et d’Aigle Azur, ce qui fait leur bonheur. Tant qu’aux grands maux dont souffre AH, on n’a pas eu recours aux grands moyens, sa situation financière restera précaire. On ne peut plus cacher le soleil avec un tamis … troué! Décideurs, faites preuve de courage! Un ultime plan de sauvetage devra nécessairement intégrer un important délestage de tous ceux (une bonne moitié des effectifs) dont la valeur ajoutée est nulle et le recrutement de vrais managers avec un contrat de performance et une obligation de résultats positifs. L’État ne peut plus se permettre de porter à bout de bras des EPE budgétivores. Il doit aussi envoyer un signal fort à tous ceux qui seraient tentés de s’immiscer dans la gestion de toute entreprise car leur ingérence a un coût.

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