Gaïd-Salah veut instaurer un climat de pré-violence qui met le pays en danger

élection pays
Le peuple a voté «non aux élections du 12 décembre !». PPAgency

Par Rabah A. – Depuis le début du soulèvement populaire qui n’a pas cessé de se renforcer en dépit des différents contretemps (vacances scolaires, Ramadhan, canicule, etc.), nous avons revendiqué un changement de cap qui permettrait au pays de retrouver son destin confisqué depuis 1962. Puis, nous avons pensé naïvement qu’avec la chute d’un des derniers symboles vivants de ce clan, en l’occurrence Bouteflika, l’Algérien allait enfin goûter aux bienfaits de son indépendance reconquise. Mais, hélas, la délivrance n’était pas au rendez-vous, et il faudra encore continuer à nous battre et à crier encore plus fort notre dépit et notre rejet de ce système pourri.

Ce énième report est cette fois dû à l’obstruction d’un caporal nourri aux mamelles de l’immoralité et de la prédation. Ainsi donc, la mise en garde inscrite dans les gares ferroviaires, «faites attention, un train peut en cacher un autre !» se confirme car, pour notre malheur, un dictateur succède à un tyran. Le peuple a chassé un dangereux psychopathe pour permettre à un de ses clones de lui succéder.

Celui-ci, au lieu de répondre aux revendications légitimes du peuple, lui a tourné le dos et veut lui imposer des élections jouées d’avance, avec des candidats non crédibles qui ne feront que perpétuer le système prédateur déjà en place et dont un clan s’est débarrassé de son autre moitié en s’appuyant sur le soulèvement populaire.

Cependant, ce serait enfoncer des portes ouvertes que de s’en prendre à Gaïd-Salah, qui cherche à sauver sa tête et celle de ses enfants et de tous ses protégés en imposant un scrutin-mascarade qui va lui permettre de désigner son poulain le plus docile afin de protéger ses arrières. Tout le reste, à commencer par ses inepties concernant sa participation à la Guerre de libération (qu’il a suivie à partir du territoire tunisien), la protection du Hirak (en bloquant les accès à la capitale), les échos positifs qu’il recevrait du peuple algérien (qu’il n’a jamais rencontré, ni connu) ne trompent plus personne et prêteraient à rire si ce n’était le dramatique de la situation.

Ce qui est grave, par contre, c’est de voir cinq candidats participer à cette comédie électorale et cautionner, ce faisant, la démarche suicidaire d’un général complètement obtus et aux abois. Ne vivent-ils pas avec nous pour savoir que le peuple dans sa très grande majorité rejette ce scrutin ? Leurs relais dans la société, leurs enfants, leurs amis ne leur disent-ils pas que cette élection, si elle se tenait, mettrait le feu aux poudres et qu’ils seront désignés du doigt parce qu’ils auront été les artisans de cette folie ? Comment comptent-ils animer une soi-disant campagne électorale alors que leur simple apparition dans la rue entraîne automatiquement leur rejet par la population ? Comment pensent-ils procéder dans certaines régions qui rejettent catégoriquement ce vote ? Iront-ils jusqu’à boycotter une partie de l’Algérie, accentuant ainsi les fractures et la division du pays ?

Gaïd-Salah et ses compères ont instauré un climat de pré-violence qui expose le pays à tous les dérapages et à toutes les déchirures, et ce depuis le 9 juillet, date à laquelle un Conseil constitutionnel, prétendument gardien de la légalité et de la conformité des lois à la Constitution, a accouché d’une fatwa inique, prolongeant indéfiniment la survie du régime en place. Aucun de ces candidats n’aurait dû cautionner cette aventure qui va aggraver la crise et attiser le feu au lieu de le circonscrire et l’éteindre.

Il n’est pas trop tard pour le faire, à moins qu’ils aient peur de se déjuger auprès de leur mentor ou, pis encore, qu’il rende publics des dossiers les concernant et les jette en prison à leur tour.

On ne peut être impunément complice d’une trahison à l’égard d’un peuple qui a revendiqué jusqu’à aujourd’hui pacifiquement et d’une manière civilisée son droit à la parole. En outre, et même si ces élections devaient se tenir, quel serait le poids face à l’armée d’un Président choisi par celle-ci ? La réponse est bien sûr aucun, surtout que ce Président aura contre lui le peuple aussi.

R. A.

Comment (15)

    Anonyme
    12 novembre 2019 - 3 h 22 min

    C’est une action, du peuple, s’inscrivant dans un  » temps
    long « … et le temps reste
    notre allié…

    La non violence… est notre force.

    Attention… à la provocation.

    Nous le  » P E U P L E  » sommes
    les représentants de l’ordre
    démocratique.

    Le pouvoir, actuellement coule
    progressivement,
    sous le poids du désordre, à
    l’intérieur de ses rangs, et la
    montre ne joue pas en sa faveur.

    Le voile tombe…
    L’apparence d’un pouvoir, sans
    substance.

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    icialG
    11 novembre 2019 - 23 h 38 min

    NOMBRE DE FOIS OU J E LIS QUE C EST LA FIN DE CAID ET DES RÉSIDUS IL EST TOUJOURS LA
    GÉNÉRAL BOL

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    Mohammed
    11 novembre 2019 - 18 h 26 min

    À mon humble avis, s’il voulait un carton ou un carnage, il aurait sorti l’artillerie dès le début pour préserver les boutef et les hommes véreux qui gravitaient autour de cette nébuleuse sans foi ni loi qui ont mis à sac ou presque l’Algérie qui était devenue leur propriété. C’est vrai, la liste des candidats est un pied de nez mais le plus important c’est que la isaba est en gros sous les verrous, d’autres salopards en fuite et le manjal continue son boulot. Pour m3, l’important c’est de sortir l’Algérie de cette impasse et de la préserver de toute intervention étrangère qui transformera notre pays en un champ de bataille et d’expérimentation et le livrera aux secessionistes et autres arabo-islamophobes. Qu’allah protège notre pays et son unité nationale et territoriale. Amine.

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    Felfel Har
    11 novembre 2019 - 18 h 21 min

    GS sait-il que dans un petit pays d’Amérique Latine, un apprenti-despote qui a tripatouillé la Constitution pour s’offir un 3ème mandat vient de remettre sa démission sous la pression de son peuple? Il était pourtant populaire lors de ses premiers mandats. Il incarnait l’espoir d’un renouveau bénéfique.
    Sait-il aussi que l’armée et la police lui ont retiré leur confiance, que ses propres ministres ont préféré démissionner plutôt que de participer à une mascarade? Le sens de l’honneur et de la sagesse lui ont dicté de renoncer à un prolongement de son pouvoir pour le plus grand bien de son pays?
    Je m’interroge alors à haute voix: mais qu’ont donc ces Péruviens de plus que nous? Leurs officiels ont écouté la voix de la raison et ont assumé leurs responsabilités devant leur peuple et l’Histoire.
    Nos officiers supérieurs, nos ministres sauront-ils se hisser au niveau de leurs équivalents péruviens pour forcer le despote à se retirer? Ce dernier, à son âge avancé (l’âge de la sagesse dit-on) , aura-t-il autant de jugeote que ce gamin de 60 ans?

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      Elephant Man
      11 novembre 2019 - 22 h 28 min

      @Fefel Har
      Ne serait-ce pas plutôt un coup d’État en Bolivie Evo Morales ayant été réélu, l’opposition Carlos Mesa conservateur néolibéral et tutti quanti l’UE et l’OEA ont crié à la fraude..
      Nombreux en Amérique latine ont condamné le coup d’État : Venezuela Nicaragua Cuba Argentine Mexique l’ex président brésilien Lula et l’ex président péruvien Humala.
      Le gouvernement d’Evo Morales a permis des avancées économiques sociales politiques et culturelles avec une croissance du PIB, une politique de redistribution de la richesse qui a ramené l’indice de pauvreté de 60 à 35%, nationalisation des richesses naturelles stratégiques les hydrocarbures etc..consolidation d’un État National avec des classes sociales inférieures actrices fondamentales du changement et par conséquent des forces sociales anti-impérialistes.

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        Felfel Har
        12 novembre 2019 - 14 h 34 min

        @ Elephant….
        S’il n’avait pas tripatouillé la Constitution de son pays, Evo Moralès ne devrait pas être élu après des élections bidouillées à son profit. Le peuple ne l’a pas accepté, l’armée et le gouvernement l’ont suivi et il a démissionné. A partir de là, rien ne me permet de conclure qu’il y a eu un coup d’État, d’autant plus qu’il n’y a pas eu effusion de sang ni affrontement entre ses partisans et ses rivaux.
        C’est ça l’alternance en démocratie. Si les nouvelles autorités sont impopulaires, on ne tardera pas à le savoir.
        Salutations!
        PS: my bad, c’est bien de la Bolivie qu’il s’agit.

    Momo
    11 novembre 2019 - 16 h 34 min

    ‘Il faut aller de l’avant, coûte que coûte’ dit-il au ministre de l’INJUSTICE. Cette expression de ´coûte que coûte’ n’est pas anodine. Elle a été reprise par l’ENTV. Elle dit explicitement que le Caid ne reculera devant rien peu importent les conséquences.
    Il a mis dans la balance sa parole contre celle du Hirak. Et il compte bien triompher même s’il doit y avoir un bain de sang. Eh bien ya Sidi on va relever le défi et on verra bien qui va gagner.
    S’il ose faire sortir l’armée contre le hirak, ce sera certainement le début d’un grand cauchemar. Il en sera l’unique responsable et ne sera Certainement pas là pour voir son épilogue.

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    Le lievre.
    11 novembre 2019 - 15 h 01 min

    Ce système a plus d`un tour dans sac. Vous croyez vraiment que c`est Tonton Gaid (el cabrane ) qui oriente les issues des événements ? Voyons !!! Ceux qui sont derrière ne se montrent jamais et comme ils sont inconnus des médias et de la population, ils jouent à une partie d`échecs entre le peuple et le bouc émissaire Salah le Caid. Le perdant sera l`un ou l`autre mais jamais cette bande de l`ombre qui ne veulent jamais représenter le pouvoir mais le détenir comme du temps de Boutesrika. Ils auraient pu nommer Bouregaa président en le séquestrant comme Boutelika et perdurer encore 20 ans. Benflis comme Tebboune ne seront jamais les présidents de l`Algérie car trop bidon pour eux. Le prochain lièvre sortira bientôt et tous ces malheureux candidats diront qu`ils se sont fait avoir comme toujours en perdant tout.

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    Le pouvoir est ailleurs, le contre pouvoir seul le peuple peut le créer
    11 novembre 2019 - 14 h 19 min

    Vous donnez trop d’importance à des personnes qui ont été de toute leur vie des jouets entre les mains du vrai pouvoir, quand est ce que Teboune ou Benflis ont brillé d’un quelconque acte patriote défiant leurs parrains ? En dehors de Mohamed Boukhourouba dit Boumedienne, aucun autre « président » algérien n’avait le pouvoir sur l’armée, il était le seul qui à réellement exercé le pouvoir personnel, depuis un seul patriote à tenter de s’émanciper des généraux qui l’ont ramené, il est liquidé devant le peuple en direct à la télévision, le régime algérien n’a que faire de ce que pense le peuple, d’ailleurs le peuple n’a aucune existence pour le pouvoir, la seule peur leur vient de l’étranger, si les capitales occidentales en particulier l’oncle SAM accepte l’élection et le futur président potiche, le reste ne compte pas pour eux, c’est au peuple de créer un contre pouvoir et d’acculer le régime au départ, sinon les ZERDA de tous les vendredi, Gaid Saleh et son entourage s’en foutent comme de l’an 40.

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    Ain Boucif
    11 novembre 2019 - 13 h 55 min

    Dans mon post du 10 novembre 2019 – 13 h 26 min concernant l’article de Mr Nabil D. ayant comme titre : « Ce rapport de l’ONU qui effraie les tenants du pouvoir illégitime en Algérie »
    J’avais affirmé par conviction ou naïveté que GS est le chasseur chassé (pas dans le sens mit à la porte, mais gibier).

    D’un coté nous savons que le moindre écart des « droits de l’Homme » et tout le tralala, ses puissants chasseurs qui ont déjà prouvé leurs machiavels habiletés et leur sinistre savoir faire dans divers pays du monde (dont le cas le plus frappant est la Libye), sont toujours en embuscade.
    Sous le joker des « libertés des peuples » et tous les factices slogans prônés par les adeptes du N.O.M (Nouvel Ordre Mondial), qu’Ils exhibent sans ménagement quand il s’agit de leurs intérêts économiques et politiques pour exaucer leurs plans.
    Un drôle de jeu de cartes (ou Map Monde) où Il n’y a ni ONU, ni certaines ONG … ni Sidi Zekri.

    De l’autre coté, la partie visible de l’iceberg en occurrence G.S, renseigné de ces faits et averti par l’intelligence du Hirak que l’union, la détermination, et le pacifisme sont sa devise. Partagé entre la peur de perdre le pouvoir en chassant un mouvement calme par violence et l’épée de Damoclès que ses chasseurs ont suspendu sur sa tête en cas d’utilisation de la force.
    Il envisage donc une division par une guerre civile afin d’assouvir ses desseins par un « légitime » Etat de Siège, d’urgence ou exception …
    Les prémices de ce scénario ne les a-t-on pas déjà rencontrés dans ses arrestations arbitraires, d’interdits incongrus … ?
    Un drôle de jeu de vidéo dans sa tête et la réalité est tout autre, il n’y aura ni vote, ni batailles entre nous, ni Sidi Zekri, quant aux jokers qu’on tire des manches qu’ils les remettent là ou mon éducation ne me permet pas le dire.

    ITNAHAOU GA3.

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    11 novembre 2019 - 12 h 10 min

    c est un dictateur né vous vous attendiez a quoi ? surtout maintenant qu il goûter au délices et a l ivresse du pouvoir ,faut lui changer de cervelle sinon lui électrocuter les 3 neurones négatifs tant pis pour les dégâts collatéraux

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    Anonyme
    11 novembre 2019 - 11 h 36 min

    J espère qu il y a dans l armée des arghazs qui vont éviter à l Algérie un autre bain de sang.
    Ce Gaid avec son état major se prennent pour les propriétaires du pays et du peuple et nous ne sommes que leurs khamess .
    Comment être aussi aveugle et sourd pour ne pas entendre le rejet massif et définitif de ses élections par le peuple !!!
    Il n y a que les dictateurs pour en être capable…..
    Demain il va nous sortir les chars et les baïonnettes pour aller voter?

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    Mounir Sari
    11 novembre 2019 - 10 h 14 min

    L’Octagenaire, le dictateur Gaid Salah est entrain de mettre l’Algérie à feu et à sang juste pour sauver ses propres intérêts et l’intérêt de ses enfants!!!

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    Fellah
    11 novembre 2019 - 10 h 02 min

    Peut-être que le système veux ils instaurer, un état d’urgence une fois élus un président rejeté par le peuples, et sui as était placé par une mafias, un régime autoritaires, quils connaissent juste la violence. Je crains c’est le chaos après le 12 décembre si maintient vraiment ces élections.

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    mokrane
    11 novembre 2019 - 9 h 18 min

    Vous avez dit « En outre, et même si ces élections devaient se tenir… » Ne parlez pas ainsi, c’ est une forme d’ abdication qui pourrait uniquement encore plus déterminer gaid à les tenir. Ces élections, il ne faut pas les envisager. L’ Algérie sera foutu. Si ces élections sont annulé d’ une manière ou d’ une autre nous avons encore de grande chance mais si ces élections se font, il en est foutu réellement pour l’ Algérie. Sécession régional, sécession social, implosion sociétal, anarchie, immigration massive, radicalisation, naissance de groupuscules ayant plus rien à perdre, crispation religieuse ( un nouveau FIS apparaîtra c’ est certain) etc etc car les Algériens n’ accepterons jamais d’ avoir marché 9 mois durant pour rien !! Ils continuerons jusqu’ au bout et le hirak se transformera en bombe à retardement c’ est certains. Il faut pour cela éviter par tout les moyens que ces élections se tiennent. Il vaut mieux une radicalité d’ un jour que de plusieurs années… Le regret ne nous ramènera pas à la possibilité initial d’ éviter le cataclysme. Cette chance nous l’ aurons qu’ une fois, salam…

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