Dossier – Gestion d’Air Algérie : ce que l’audit commandé en 2014 devait révéler (I)

AH Air Algérie
Débris de l'avion affrété par Air Algérie en juillet 2014. D. R.

Algeriepatriotique publiait un dossier en quatre parties, en septembre 2014, sur la gestion catastrophique de la compagnie aérienne nationale Air Algérie, au lendemain du terrible crash du vol AH 5017 survenu deux mois auparavant à Ouagadougou. Le quotidien arabophone Echorouk révèle, ce dimanche, un nouveau scandale retentissant – 1 000 milliards détournés par des syndicalistes véreux – qui éclabousse une firme moribonde dont la santé s’est détériorée davantage avec la crise sanitaire mondiale. Nous reproduisons les articles publiés en leur temps et qui dévoilaient, à l’époque déjà, une situation intenable au sein de cette société censée être commerciale mais éternellement maintenue sous perfusion avec l’argent du contribuable.

Par Hani Abdi – Après le crash fin juillet du vol AH 5017 – le 24 juillet 2014 – de la compagnie nationale de transport aérien Air Algérie, la presse s’est légitimement interrogée sur les raisons qui ont conduit à un tel drame. Les autorités se sont comme d’habitude murées dans un silence inquiétant, laissant le soin aux médias et au gouvernement français d’informer l’opinion publique. Lorsque les responsables algériens se décident enfin à communiquer sur cet accident qui concerne un avion battant pavillon national, ils ne manquent pas d’accuser la presse d’être manipulée par les concurrents et de brandir la fameuse main de l’étranger.

Mais, au fond, ces mêmes responsables savent que quelque chose ne va pas à Air Algérie. C’est ainsi que le ministère des Transports a demandé un audit de cette compagnie aérienne publique. Cet audit va assurément révéler de graves dysfonctionnements au sein de la compagnie nationale. Selon des sources très au fait du dossier, la compagnie bat de l’aile à cause d’une gestion et d’un management catastrophiques. Ceux qui connaissent bien la «boîte» ont vu leurs cheveux se dresser sur la tête tant ils redoutaient, prévoyaient même la survenue de drames pareils et s’attendaient à ce que ces malheurs poussent les autorités à une refonte radicale de la compagnie nationale.

L’un des points noirs qui vont être sans doute consignés dans le rapport de l’audit est le sureffectif qui représente le principal boulet pour le développement d’Air Algérie. Les différents dirigeants qui se sont succédé à la tête d’Air Algérie n’ont jamais eu le courage de prendre à bras-le-corps ce problème. Nos sources attestent que l’entreprise compte pas moins de 10 000 employés pour 42 avions, soit 238 agents par avion contre seulement 68 agents par avion à la Royal Air Maroc (3 265 agents pour 48 avions). «Un record mondial !» s’exclament nos sources.

Autre fait gravissime : les gestionnaires d’Air Algérie ont offert sur un plateau d’argent les données sur sa clientèle en déléguant la gestion de cet aspect à Mercator, filiale d’Emirates, une compagnie concurrente de plus en plus présente sur le marché national. Cette dernière a donc accès à des informations sensibles dont celles relatives à l’inventaire de siège, les réservations et les recettes commerciales. «La plateforme de réservation et celle de gestion des recettes commerciales de la compagnie nationale reposent sur des applications (Marsah et Rapid) développées et domiciliées au niveau d’un concurrent !

«Pour les moins initiés, dont le ministre des Transports, il faut savoir que le système de réservation, le revenu management et les recettes commerciales sont le nerf de la guerre d’une compagnie aérienne. Chez les grandes compagnies, l’accès aux bureaux de tels services est réglementé et sécurisé au même niveau qu’une centrale nucléaire», révèle notre interlocuteur. Ainsi, les responsables de la compagnie nationale tendent la joue aux concurrents pour se faire gifler et crient ensuite au sabotage et à la manipulation.

H. A.

(Suivra)

Comment (7)

    awres
    30 novembre 2020 - 8 h 05 min

    « Nos sources attestent que l’entreprise compte pas moins de 10 000 employés pour 42 avions, soit 238 agents par avion contre seulement 68 agents par avion à la Royal Air Maroc (3 265 agents pour 48 avions). «Un record mondial !» s’exclament nos sources. »
    Et alors ? Ces 10 000 employés consomment et remettent leur salaire dans la machine économique, induisant eux-mêmes des emplois. Qu’elle ne produise pas de bénéfices m’importe peu : elle est une compagnie nationale et elle sert le peuple algérien. Et puis, le kérosène, l’Algérie n’en manque pas. Donc nos coûts de fonctionnement sont bien moindres que ceux de la Royal Maroc, pas vraiment marocaine comme le précise Wiki : « Le capital de la RAM est détenu à 54 % par l’Etat marocain et à 44 % par le fonds Hassan II pour le développement économique et social. Les 2 % restants sont entre les mains d’Air France, d’Iberia et de la holding royal SNI. »
    Air Algérie doit être modernisée certes, mais sa gestion n’est pas aussi catastrophique que celle d’Air France, qui a été rachetée par KLM … (…)

      Anonyme
      30 novembre 2020 - 21 h 35 min

      Air France, qui a été rachetée par KLM … (…)
      Pour être crédible, il ne faut pas dire n’importe quoi.
      Le groupe Air France-KLM est une —alliance franco-néerlandaise— regroupant deux compagnies aériennes principales, Air France et KLM, ainsi que six compagnies aériennes filiales.

      Même si Air Algérie est une compagnie nationale, cela ne l’empêche pas d’avoir une gestion correcte et honnête. Or ce n’est pas du tout le cas.
      Si 10 000 employés pour 42 avions, soit 238 agents par avion ne te choque pas, ce n’est pas étonnant que la gestion de l’économie du pays soit complètement sinistrée.

    elhadj
    29 novembre 2020 - 15 h 51 min

    la mauvaise gestion désastreuse de cette compagnie ,tant décriée depuis des années, ne cesse de durer et de perdurer tant que le renflouement de ses caisses par l apport de l argent public,est toujours disponible alors que le bon sens et une saine gestion impliquent que le ministère de tutelle aurait du s impliquer depuis longtemps.l on s interroge légitimement sur ce laisser faire et ce gaspillage des deniers publics ainsi que sur la rentabilité du pavillon national malgré l application de prix exorbitants comparativement a d autres compagnies .non seulement l on devrait dégraisser le mammouth mais aussi redresser sa gestion et son encadrement

      chaabane
      30 novembre 2020 - 17 h 48 min

      Pourquoi les commentateurs de ce site est plein de pseudonyme de la région oublié est sacrifié de grand aurès.

      S’il vous plaît mettez vos prénoms ou n’importe et n’utilisez pas les mots qui font référence à notre région (Aurès , Chaoui au autres …)
      Ne donnez pas votre avis au nom des pauvres peuples des Aurès .

    Lghoul
    29 novembre 2020 - 14 h 39 min

    Pourquoi c’est toujours les medias francais qui doivent nous informer sur nos affaires internes ? Pourquoi c’est les ancients colons francais, a leur tete macron, qui doit defendre le pouvoir en place ? Pourquoi c’est en france que le SG du FLN puisse avoir une residence ? Pourquoi c’est en France que la plupart des ministres de la RADP se trouvent des residents aujourd’hui ?(..)

    1commentaire
    29 novembre 2020 - 13 h 56 min

    L’audit demande de tout dégager et reconstruire sur du neuf dans de très bonnes base ou la compétence et de mise et à ce moment la tout volera comme sur un tapis volant et où les prix serons très compètetif ou tout le monde trouvera son compte quand ya de la volonté de bien faire et bien il faut le faire le contraire et bien regarder les dégâts !!!

      Krimo
      29 novembre 2020 - 14 h 41 min

      Il fait refaire tout le pays en derracinant un systeme en faillite.

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