Dossier – Le crash de l’avion poubelle affrété par Air Algérie en 2014 a sauvé des vies (II)

Airbus crash
L'A320 LY-VEO retiré de la flotte en catastrophe après le crash de juillet 2014. D. R.

Après le crash dramatique de l’avion poubelle de Swiftair affrété par Air Algérie en juillet 2014, les responsables de la compagnie avaient décidé précipitamment de retirer de la flotte l’Airbus 320 immatriculé LY-VEO construit en 1995 et affrété par Air Algérie auprès de la compagnie lituanienne Avion Express. Preuve que la compagnie jouait avec la vie de ses passagers. Rappel.  

Par Hani Abdi – De nombreux incidents survenus quelque temps après le crash du vol AH 5017 ont révélé au grand jour les problèmes liés à la sécurité des avions d’Air Algérie. Cela même si le PDG [de l’époque] Mohamed-Salah Boultif, dans une tentative de cacher le soleil avec un tamis, assure que les normes sont respectées en la matière. Selon nos sources, trois Boeing 767-300 (7T-VJG, 7T-VJH et 7T-VJI), vieux de 24 ans, ne sont exploités que très rarement sur les lignes européennes. Mis à part quelques vols sur Lille et Metz, ces avions ne desservent jamais Paris où ils pourraient faire l’objet de contrôles SAFA (Safety Assesment of Foreign Aircrafts).

Les responsables d’Air Algérie réservent ainsi ces Boeing qui ne sont pas aux normes européennes à des destinations beaucoup moins regardantes sur les standards de sécurité, mettant en péril la vie de leurs clients, notamment ceux qui montent sur ces appareils qui assurent les lignes Maghreb, Turquie, omra et Moyen-Orient. Autre geste révélant le manque de fiabilité de certains avions de la compagnie : après le crash du vol AH5017, les responsables d’Air Algérie se sont empressés de retirer de la flotte l’Airbus 320 immatriculé LY-VEO construit en 1995 et affrété par Air Algérie auprès de la compagnie lituanienne Avion Express.

Le renvoi de cet avion à l’affréteur a été fait de manière brusque qui a soulevé l’ire de la société de sous-traitance en charge de cet affrètement pour Air Algérie, à savoir le Groupe Avico basé à Paris. Dans un courriel adressé à Air Algérie, le Groupe Avico, spécialisé dans l’affrètement et les services pour le transport aérien, n’a pas manqué d’exprimer son étonnement quant au «refus de l’organisme Verital d’accréditer cet avion pour assurer les vols affrétés par Air Algérie en invoquant une non-conformité relative au suivi des moteurs».

Une raison jugée par les responsables d’Avico comme «infondée», arguant qu’«un contrôle SAFA a été réalisé le 3 juillet 2014 par la DGAC française à Orly, sans qu’aucun écart ait été relevé» et que la compagnie Avion Express (sur l’ensemble des appareils de sa flotte) figure sur la liste des compagnies autorisées à l’affrètement par les compagnies du Groupe Air France.

Qu’est-ce qui pourrait donc justifier la décision d’Air Algérie si ce n’était l’affolement et la panique de ses responsables après la catastrophe de l’avion de Swiftair ? Pour le Groupe Avico, l’Engine Trend Monitoring ne fait pas partie des exigences réglementaires EASA, ni des obligations imposées par le constructeur Airbus ou le motoriste Pratt & Whitney. Pourtant, l’engine trend monitoring est exigé aujourd’hui par la compagnie nationale.

Le refus de l’organisme public Verital d’accréditer l’Airbus 320 LY-VEO [reflétait] ainsi la volonté d’Air Algérie d’éviter le moindre risque susceptible de provoquer une autre catastrophe aérienne qui ternirait à jamais l’image de la compagnie. Si le Groupe Avico a sollicité un avion vieux de 19 ans, c’est parce que, selon toute vraisemblance, les critères pour l’affrètement des avions pour Air Algérie n’étaient pas aussi stricts que le prétendaient ses managers.

Le cas de l’Airbus 320 LY-VEO et de bien d’autres [illustraient], si besoin est, l’incurie et la gabegie qui [empreignaient] la gestion d’Air Algérie dont l’avenir est le moins que l’on puisse dire incertain.

H. A.

(Suivra)

Comment (6)

    Anonyme
    30 novembre 2020 - 11 h 42 min

    Actuellement la conjoncture mondiale concernant les compagnies aeriennes est des plus catastrophique..Sur le plan international les pertes des compagnies aeriennes depassent les 150 milliards de dllars ..plusieurs compagnies risquent de disparaitre…La brocante des avions est en marche ..les occasions en or se presentent pour ceux qui veulent investir dans le transport aerien…Les milliardaires Algeriens doivent creer au moins une compagnies aerienne ..l industrie touristique Algerienne est en evolution et a certainement besoin d une logistique…Il n est plus un secret que le commerce avec la Lithuanie presente beaucoup de risque…..on l a vu avec le ble empoisonne de pesticide et les avions bons pour la ferraille …Que des Algeriens fassent ce choix est plus que criminels…

    Anonyme
    30 novembre 2020 - 11 h 08 min

    Airbus A350, ça c’est intéressant

    Anonyme
    30 novembre 2020 - 11 h 04 min

    Pour les Boëngs 767-300 qu’ils les revendent aux Américains, et qu’ils achètent ou louent des Airbus A-757, et pour les longs courriers des Dreamliners 787 de Boeing. Pour les moyens courriers des Airbus A321 , …voilà, je dis ça , mais j’ai rien dit.

      Anonyme
      30 novembre 2020 - 16 h 46 min

      Les Boeing 767 sont des avions solides quand ils sont bien maintenus et sont nettement meilleur que le A330. L’age d’un avion na rien a faire avec sa fiabilite tant que la maintenance est a jour et que le nombre de cycle de vie n’est pas atteint. L’Airbus A-757 n’existe pas. Le Boeing 757 si. Il n’est plus en production depuis 15 ans. Plusieurs compagnies souhaitent le retour de cet avion qui est considere comme un workhorse qui n’a pas d’egal chez Airbus. Le A320 est un avion poubelle avec un cout de maintenance tres eleve tout comme pour tous les airbus.

      Anonyme aussi
      30 novembre 2020 - 17 h 51 min

      Le boeing 737 Max a ete teste et reteste depuis ses 2 catastrophes aeriennes. Il est devenu un avion aussi sure sinon plus sure que les autres avions mais il souffre actuellemt d’une faible demande a cause d’une reputation appartenant largement au passe. L’Algerie doit en profiter pour acheter cet avion super moderne avant que ses prix s’envolent.

        Anonyme
        1 décembre 2020 - 5 h 27 min

        Les crashs du 737 max etaient tres suspects. Il y une guerre economique entre l’europe et les US en general, et entre Airbus et Boeing en particulier.

        Il faut demander a Air Algerie combien leur coute la maintenance des boeings comparee a Airbus. …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.