Dossier – Siège d’Air Algérie : bricolage pour un projet de 80 millions d’euros (III)

AH siège
Siège inachevé d'Air Algérie : 80 millions d'euros jetés par les fenêtres. D. R.

Algeriepatriotique révélait, en 2014, les dessous du litige qui a stoppé la réalisation du nouveau siège d’Air Algérie à Dar El-Beida. Six ans plus tard, le projet est toujours gelé et la carcasse du nouvel édifice qui devait sortir les bureaux de la compagnie aérienne nationale du bâtiment emprunté qu’elle occupe depuis l’indépendance, au centre d’Alger, est ravagée chaque jour un peu plus par les aléas du temps.

Par Hai Abdi – Le projet de construction du nouveau siège d’Air Algérie a pris une tournure inattendue. Après trois ans de travaux, le chantier, sorti à peine de terre, est aujourd’hui totalement à l’arrêt. Ce projet de 80 millions d’euros n’est qu’une carcasse qui se dégrade au fil des jours en raison du bricolage dont ont fait preuve les responsables chargés du dossier. Un conflit oppose actuellement l’entreprise réalisatrice et le maître d’ouvrage pour non-respect des termes du contrat. Une procédure en arbitrage international a été engagée par le constructeur.

Non seulement le siège n’a pas été construit, mais Air Algérie risque gros pour des problèmes d’ordre contractuel. Les responsables en charge du dossier ne faisaient qu’à leur tête, ne tenant pas compte des termes du contrat et changeant d’avis constamment. Ainsi, le maître d’ouvrage a supprimé l’essentiel des conditions qui protègent les intérêts de l’entreprise réalisatrice. Dans le contrat signé avec le constructeur, il est stipulé qu’en plus d’une garantie bancaire de bonne exécution de 10%, le maître d’ouvrage, à savoir Air Algérie, peut opérer une retenue sur tous les paiements de 5%, alors que ces clauses sont contraires aux dispositions du code des marchés publics. Ce texte réglementaire institue la mise en place d’une garantie de bonne exécution de 10% ou bien d’une retenue de 10%.

Excellant dans l’improvisation, les responsables du dossier à Air Algérie décident de plusieurs modifications intempestives des plans, ce qui implique d’importances incidences financières par rapport à ce qui a été prévu initialement : 700 millions de dinars pour l’électromécanique, 200 millions pour le désenfumage et 200 millions pour le carrelage, les cloisons… Au plan opérationnel, rien n’est définitif et rien n’est validé, ni par le maître d’œuvre ni par le maître d’ouvrage. Cela laisse la voie ouverte à toute autre modification majeure au fur et à mesure que le projet avance.

Le projet n’était pas bien ficelé (étude du sol, topographie, génie civil et architecture) avant le lancement des travaux. De graves lacunes qui se sont répercutées négativement sur la réalisation de ce projet et qui hypothèquent la construction de ce nouveau siège de la compagnie nationale. Le constructeur a suspendu les travaux qui sont arrivés au 4e étage avec trois niveaux de sous-sols sur 35 000 m2.

Evoquant le non-respect des clauses du contrat par Air Algérie, il réclame près de 100 millions d’euros de dommages et intérêts. Si l’entreprise réalisatrice obtient gain de cause, les finances d’Air Algérie vont prendre un sérieux coup. Ainsi, un projet de 83 millions d’euros risque de coûter 200 millions d’euros.

H. A.

(Suite et fin)

Comment (5)

    Anonyme3
    1 décembre 2020 - 17 h 26 min

    Une compagnie aérienne de moins de 60 avions avec dès milliers d’employés dont la majorité a un problème avec le 😃 ,bonjour ou salam na pas besoin d’un building d’une superficie d’un ministère,les bureaux des aéroports lès suffisent largement.la priorité c’est les hôpitaux et lès cliniques afin que nos dirigeants aillent plus se soigner à l’étranger et partagent lès mêmes lits que ceux dès simples citoyens.le peuple à besoin dès écoles moderne et dès centres culturelles et salles de sport afin de préparer une génération en bonne santé,éduqué et civilisé.on a pas besoin dès gens de kahwat aroma et l’actofibre se moquée du peuple.

    Anonyme
    1 décembre 2020 - 15 h 50 min

    Une autre preuve qu’ils ne savent qu’improver, jeter l’argent par les fenetres et mentir. Un systeme de dinosaures ne pourra jamais avancer car il est complétement noyé dans la médiocrité et l’ignorance des réalités. Qui est dans ce cas responsable ? Personne ne sait car il y a personne a la maison.

    Anonyme
    1 décembre 2020 - 12 h 15 min

    Encore mon Algérie qui se fait gruger par des Libanais, les plus grands escrocs sur terre, à l’image de Carlos Ghosn…Après Sawiris, les Khalijis, les Français, l’effacement injustifié de la dette de 14 pays Africains qui s’élève à une dizaine de milliards de $…..Qu’attend-on pour demander des comptes à la tête pensante de tout ce sabotage planifié sciemment?

    elhadj
    1 décembre 2020 - 11 h 18 min

    l incompétence bat son plein , un laisser aller impardonnable, une gabegie facile des deniers publics,des projets à l abandon, des surcoûts inadmissibles, des contentieux préjudiciables obérant les ressources du trésor dont on s interroge ou on va avec ces pratiques permissives voire mafieuses si les sanctions ne seraient pas prises pour préserver les intérêts du pays .pourquoi ne crée t on pas un secrétariat au plan pour le lancement, les études de faisabilité,les estimations,les négociations,l établissement des contrats et enfin le suivi permanent de l évolution des réalisations engagées.il est temps de mettre un terme aux improvisations et aux facilités intolérables qui ont tant coûté financièrement au pays.

    Nadir
    1 décembre 2020 - 11 h 06 min

    83 Millions d’euro pour des bureau ????????? Il y a assez pour construire un aéroport !!!
    De nos jours on a pas besoin de tout cet espace pour les bureau tout ce fait en ligne.

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