Tewfik Hamel : «Il est fort possible que Biden revoie la position des Etats-Unis sur le Sahara Occidental» (II)

US administration américaine
Le président américain Joe Biden. D. R.

Mohsen Abdelmoumen : Pensez-vous qu’il y aura un changement de cap avec la nouvelle administration américaine ?

Tewfik Hamel : Disons «beaucoup de mousse, mais pas beaucoup de bière». Probablement, la stratégie de communication. La politique étrangère et de sécurité des Etats-Unis s’apparente, pour reprendre Arthur Schopenhauer, à «un kaléidoscope qui, à chaque fois qu’on le tourne, montre une nouvelle configuration, alors que nous avons toujours la même chose devant les yeux». Les grandes puissances comme les Etats-Unis s’engagent rarement dans une réflexion profonde et une réforme sérieuse en l’absence d’une défaite majeure. Le changement du contexte international n’a pas entraîné un ajustement profond dans la grande stratégie américaine. Celle-ci a peu évolué depuis les années 1890. Les hypothèses de base n’ont pas été bouleversées.

Dès les premiers jours de la République, les Etats-Unis étaient poussés vers l’extérieur. L’expansion territoriale a duré plus d’un siècle. A partir de 1890 et la «splendide petite guerre» avec l’Espagne, les Etats-Unis ont commencé à assimiler la prospérité et la sécurité à l’engagement international et à la projection de la puissance à travers le monde. Ils ont tendance à envisager la sécurité en termes de suprématie au même temps que la sécurité est invoquée pour justifier des comportements impérialistes. Ils ont développé un «éthos de sécurité», exprimé dans les grandes stratégies successives (internationalisme wilsonien, endiguement, mondialisme stratégique), qui a altéré les valeurs fondamentales.

Les Etats hégémoniques comme les Etats-Unis sont confrontés à de vastes défis politiques, économiques et militaires complexes. La gestion des ressources limitées implique une stratégie mondiale susceptible de générer une surcharge cognitive pour le système politique. Au lieu de fournir de nouveaux scénarios de planification et d’engagement pour apporter la stratégie et les ressources à l’équilibre, les administrations américaines successives maintiennent, sous différentes formes, le modèle d’engagement mondial et augmentent les missions des services. En raison de cette surcharge cognitive, les Etats-Unis passent rapidement d’une stratégie globale à une autre la «guerre mondiale contre le terrorisme» au «Pivot vers l’Asie», ainsi de suite. Ce fléchissement stratégique se produit indépendamment du fait que l’économie soit en crise ou pas, bien que la crise économique exacerbe la tendance à l’incohérence stratégique. Le président Joe Biden promet de restaurer le leadership mondial des Etats-Unis alors que la situation intérieure et la place de l’Amérique dans le monde se sont beaucoup dégradées.

D’après vous, la nouvelle administration américaine va-t-elle être dans la continuité de l’administration Trump, notamment dans le dossier du nucléaire iranien ou la guerre économique contre la Chine ?

La définition géographique de l’Asie a été élargie au Moyen-Orient. Cette vision géopolitique expansive de la géographie est marquée par la disparition des divisions de l’époque de la guerre froide : désormais le Moyen-Orient, l’Asie du Sud, l’Asie du Sud-Est et l’Asie de l’Est font partie d’un continuum organique unique. En termes géopolitiques, les efforts américains se focalisent sur un défi majeur : l’émergence de la Chine comme puissance continentale et maritime. La relation avec Pékin est qualifiée comme une confrontation idéologique mondiale. Pratiquement aucun responsable américain ne supporte la Chine et les textes officiels qui ne citent pas Pékin comme un rival ou ennemi potentiel sont rares. Le rééquilibrage vers l’Asie n’est pas associé à une présidence quelconque et ne sera pas remis en cause par le changement d’administration. Il existe un accord entre les deux grands partis sur l’impératif de focaliser la politique américaine sur l’Asie/Pacifique.

L’administration Trump a développé les thèmes classiques de la stratégie américaine (au lieu de les rejeter) et engage les Etats-Unis à jouer leur rôle traditionnel de leader du «monde libre». Certes, il y a eu une mauvaise communication mais, contrairement aux arguments de nombreux analystes, la politique de Trump n’était pas en plein désarroi. Une image différente émerge de l’agitation quotidienne : les Etats-Unis se préparaient à une nouvelle ère, marquée non par une domination américaine incontestée, mais par une Chine montante et une Russie offensive qui manœuvraient pour un système mondial multilatéral. Ce changement d’orientation a pris du temps pour s’opérationnaliser. Des éléments en sont apparus, principalement sous une forme réactive, sous le président Barack Obama. L’administration Trump est allée plus loin, reconnaissant que la concurrence des grandes puissances justifie de reconstruire profondément la politique étrangère, la stratégie de défense et la posture militaire des Etats-Unis.

L’«Asia Pivot» est un code bureaucratique que les Etats-Unis vont se focaliser sur la Chine qui remplace Al-Qaïda/Daech comme la principale menace à la sécurité nationale américaine. Le Pentagone a conclu que le moment est venu pour se préparer à la guerre avec la Chine, la Russie, l’Iran, la Corée du Nord et, par conséquent, il faut mettre l’accent sur la capacité d’engager un combat conventionnel. Sans être un effort périodique, c’est une conclusion qui allait façonner les systèmes de défense, la posture de force et la stratégie globale des Etats-Unis. Le rééquilibrage traduisait le changement de culture de l’establishment de la sécurité nationale américain selon lequel la contre-insurrection et la guerre irrégulière laissent la place à de nouveaux concepts militaires axés sur la guerre conventionnelle avec les grandes puissances comme le «concept organisateur central» de l’appareil américain de sécurité et de la défense.

La «A Cooperative Strategy for 21st Century Seapower» de mars 2015 a identifié des concurrents spécifiques comme des raisons pour maintenir une présence directe dans les régions pertinentes à travers le monde la première fois depuis la guerre froide qu’une stratégie navale a explicitement souligné le besoin de «dissuader et, si nécessaire, de vaincre des adversaires potentiels spécifiques». The United States Military’s Contribution To National Security (2015) a admis qu’une guerre avec une puissance majeure est fortement probable. Il a énuméré quatre Etats «révisionnistes» la Chine, la Russie, l’Iran, la Corée du Nord qui menacent les Etats-Unis et ne respectent pas les normes et les institutions mondiales.

En général, aux Etats-Unis, on change de Président mais la politique reste la même, surtout la politique étrangère…

L’élite américaine est un adepte de ce que l’historien américain Andrew Bacevich «The Washington Rules», composées de 1) la «trinité sacrée» («présence militaire mondiale», «projection de puissance mondiale», «interventionnisme mondial») et ; 2) du «credo américain» qui est le leadership mondial. En plus de rejeter l’isolationnisme, le credo exhorte les Etats-Unis (et seuls les Etats-Unis) à «lead, save, liberate, and ultimately transform the world»). En vertu des «Washington Rules», les Etats-Unis ont toujours incarné, et continuent d’incarner, la liberté. Afin de postuler à des fonctions élevées et être un acteur dans la politique étrangère des Etats-Unis, vous devez faire allusion à la «responsabilité de l’Amérique de diriger» le monde et accepter les «règles de Washington». Celles-ci ne sont pas consciemment discutées, parce qu’elles sont les hypothèses de base pour les discussions de la politique étrangère. Le «credo» et la «trinité» sont profondément ancrés dans l’imaginaire collectif.

Tout changement dans la grande stratégie est susceptible de se produire tant au niveau tactique que stratégique. Cela s’explique par le fait que l’inertie intérieure (idéologique, politique, bureaucratique) favorise la stabilité de la grande stratégie. Les Etats-Unis varient dans leur agressivité extérieure selon leur puissance militaire et leur richesse relative. Un changement fondamental est peu probable, sauf si un choc interne est combiné à un changement géopolitique sous-jacent (par exemple : le cas de l’Allemagne après 1945, l’ouverture de Japon au XIXe siècle, la Russie à la fin de la Guerre froide). Le statut de la Grande-Bretagne comme une puissance navale, impériale et commerciale est resté stable tout au long du XIXe siècle et sa grande stratégie est restée relativement stable le long de cette période. Par contraste, la stratégie britannique a contracté au XXe siècle suite à la montée de nouveaux concurrents et aux chocs qu’elle a subis, en particulier entre la Seconde Guerre mondiale et la crise de Suez, qui ont précédé le repli.

Ainsi, le déclin économique intérieur (déficit commercial, dette publique croissante, tensions sociales et raciales) et la montée de concurrents (Chine, Russie, etc.) va exacerber l’incohérence de la stratégie mondiale américaine. L’équilibre géopolitique mondial évolue vers un retour à la bipolarité entre la Chine et les Etats-Unis marquée par la lutte pour la puissance et l’influence. Cette rivalité émergente pose déjà des choix difficiles pour les pays asiatiques, pris entre les deux. Alors que Pékin tend à devenir la plus grande économie, en 2011 Washington empruntaient 40 centimes pour chaque dollar dépensé. Puisque la Chine est le plus grand créancier des Etats-Unis, il résulte que c’est Pékin qui finance indirectement la domination américaine dans l’océan Indien bien que les alliés américains dans la région soient préoccupés par la situation financière des Etats-Unis – notamment d’un désengagement américain de l’Asie et de conversion de la puissance économique chinoise en puissance militaire.

Pourquoi, d’après vous, les Etats-Unis ont toujours besoin d’un ennemi, si ce n’est pas la Russie, c’est la chine ? Ne pensez-vous pas que nous continuons de vivre une guerre froide qui ne dit pas son nom ?

Les raisons sont à chercher dans l’évolution historique et la composition sociale du pays. L’idée que la sécurité est renforcée par l’expansion de la puissance américaine est un thème récurrent chez les élites américaines. Leur sentiment d’insécurité ne peut être apaisé. Dès le début, les Américains ont construit leur credo identitaire en contraste avec un «Autre» indésirable et dangereux. Les adversaires de l’Amérique sont toujours définis comme opposés à la liberté. Psychologiquement, la personnalité stratégique des Etats-Unis est paranoïaque et le noyau du militarisme américain n’est pas nouveau. Le militarisme, qui a une fonction spécifique clé dans l’histoire américaine, a accompagné chaque phase historique expansionniste. Historiquement, la stratégie américaine a impliqué des pressions incessantes pour l’expansion du capitalisme et des mécanismes politiques, militaires et culturels qui facilitent cette expansion.

Rosa Luxemburg a souligné que la violence politique est l’instrument et le véhicule du processus économique. En d’autres termes, «la dualité des aspects de l’accumulation dissimule le même phénomène organique», qui découle des conditions de la reproduction capitaliste. En effet, la précieuse République est devenue une puissance impériale. Mais le déni des Etats-Unis comme un empire a permis que l’image de soi dominante de la nation soit perpétuellement innocente. Pour réduire la «dissonance cognitive», des situations complexes ont dû être simplifiées, en attribuant aux «Autres» les motivations les plus maléfiques et les objectifs les plus sinistres : la peur d’un «Autre» indéterminé (le bolchévisme, le socialisme, l’anarchisme, ou simplement les «agitateurs étrangers») est devenue essentielle pour créer des solidarités politiques sur le front intérieur ainsi que pour renforcer la cohésion interne d’une société ethniquement hétérogène et caractérisé par un individualisme exacerbé et des clivages de classe.

«La guerre, c’est l’enfer», disait Obama, mais la guerre a défini une grande partie de l’imaginaire américain au point que l’Amérique déclare régulièrement la guerre à toutes sortes de choses – la pauvreté, la drogue, virus, etc. Les Américains ont vécu et vivent dans «l’ombre de la guerre», et vivre sous l’«ombre de la guerre» a abouti à la militarisation de la société, tandis que la menace de la guerre a envahi le langage et la pensée de tous les jours. Dans A Country Made by War: From the Revolution to Vietnam, Geoffrey Perret a écrit que «les guerres de l’Amérique ont été comme les barreaux d’une échelle par lesquels elle est passée à la grandeur. Aucune autre nation n’a triomphé si longtemps, de manière aussi systématique ou sur une si vaste échelle, par la force des armes. Il s’agit d’un facteur aussi important que la géographie, l’immigration, la croissance de l’entreprise, la séparation des pouvoirs, l’inventivité de ses habitants, ou toute autre chose qui contribue fortement à son identité unique parmi les nations de la Terre».

Dans l’expérience collective et la culture stratégique américaines, la guerre est un clarificateur ou purificateur moral et énergisant national qui tend à unifier l’expérience nationale d’un pays souffrant de fragilités structurelles comme un Etat-nation. Pour l’Amérique, les guerres sont régénératrices et rédemptrices. Pour un romancier comme John Limon, manquer la guerre, c’est manquer l’Amérique, car c’est «un pays fait par la guerre». L’histoire littéraire américaine est délimitée par les guerres, comme si les époques littéraires, comme l’histoire de la littérature elle-même, nécessitent un bain de sang pour commencer, dit-il. A chaque fois que l’innocence supposée est perdue, cela déclenche une crise nationale mais elle se régénère. Après chaque révélation troublante comme la torture en Irak, le pays manœuvre astucieusement pour ressusciter sa croyance dans sa propre innocence. La représentation amnésique et fragmentaire de l’histoire américaine dissocie de la mémoire collective ces images intensives et détaillées de destruction. Ce déni motivé permet l’établissement et le renforcement d’un récit rassurant, qui justifie la guerre en insistant sur l’innocence de ses intentions.

Dans son programme électoral, il se contente de généralités. Selon vous, est-ce que Biden a une politique claire au Moyen-Orient. Laquelle ?

L’adaptation de la stratégie américaine s’est accompagnée par la reformulation d’une nouvelle perception de la géographie ou des ensembles géographiques en créant une continuité entre l’Asie et le Moyen-Orient. L’objet des stratèges de la défense et des planificateurs militaires américains est de s’éloigner progressivement de l’Europe et se focaliser sur l’Asie, mais avec une ouverture plus grande. Plutôt que de se concentrer uniquement sur la Chine et la Russie, le centre de la sécurité nationale aujourd’hui est l’«arc d’instabilité» qui s’étend du Golfe persique à la Corée du Nord. La stratégie américaine prend un tour très «corbettien»[1] prévoyant deux points de concentration de la présence militaire américaine : un en Asie du Nord, où d’importants éléments économiques du système mondial sont exposés ; et l’autre dans le Golfe persique, riche en ressources gazières et en pétrole. La grande quantité du pétrole chinois importé provient principalement du Moyen-Orient. Un argument de plus pour les Etats-Unis de renforcer leur présence au Moyen-Orient, la région qui déterminera la rivalité de puissance à venir entre Pékin et Washington.

Avec la montée en puissance de la Chine et de la Russie, l’administration Biden cherchera à mettre fin aux engagements américains dans les «petites guerres» tout en évitant une déstabilisation généralisée de la région et privilégiant d’autres formes d’engagement. Le succès tactique de la mise à mort de Ben Laden a convaincu beaucoup d’Américains de l’efficacité de la stratégie des assassinats ciblés. En de bénéficier d’un historique de succès, elle est considérée efficace militairement et relativement rentable du point de vue du «modèle de guerre américain». Après une décennie de contre-insurrection, cette ère récente touche à sa fin. Les Etats-Unis ne peuvent plus se permettre de telles missions. De nombreuses raisons suggèrent que cette pratique se renforcera. Les difficultés financières (austérité et réduction de dépenses publiques) encouragent des stratégies moins coûteuses et donc plus attrayantes pour les décideurs politiques en quête de solutions techniques abordables à des problèmes difficiles.

La déstabilisation généralisée du Moyen-Orient n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis. Seul un grand marchandage impliquant des garanties de sécurité forte pourrait désamorcer l’«impasse mexicaine» dans laquelle se trouvent Téhéran, Ryad, Tel-Aviv, etc. Les relations américano-iraniennes ont rarement été normales, mais si les deux pays décident de normaliser leurs relations, il ne serait pas très difficile de mettre en place les mécanismes nécessaires. L’Iran et les Etats-Unis sont de plus en plus sur une trajectoire de collision, et les décisions prises maintenant dans la région et à Washington comptent plus que jamais. L’Iran est un pays trop important pour être isolé ou ignoré. L’ambigüité de l’administration Biden sur l’accord nucléaire 2015 traduit la difficulté de trouver un équilibre satisfaisant toutes les parties. Bien que la politique iranienne soit passée de l’idéologie au pragmatisme, l’histoire iranienne a emprunté des chemins compliqués pour faire de ce pays un partenaire difficile dans une région sensible où l’Iran dispose d’une sphère d’influence s’étendant aux voisins afghans et pakistanais, aux Républiques d’Asie centrale et à tous les Etats du Golfe.

Ne pensez-vous pas qu’on a plus que jamais besoin d’un monde multipolaire ?

Les principes, les valeurs et les manifestations du multilatéralisme actuel font l’objet de critiques soutenues. Leur efficacité sont remises en question, tout comme leurs procédures de prise de décision et leur représentation. Les discussions sur les droits de l’Homme, la démocratie et le développement soulignent que la société internationale est loin d’être post-occidentale en termes de pratiques fondamentales et de principes d’organisation. La marginalisation continue des Etats du Sud traduit le retard moral de la société internationale que certains, comme Andrew Hurrell, justifie au nom d’une soi-disant «efficacité». «Ceux qui rejettent les appels à une réforme et à l’élargissement du nombre des membres permanents du Conseil de sécurité reposent souvent sur l’importance de l’efficacité. Oui, la réforme pourrait promouvoir la représentation, mais à quel prix ? Si un Conseil de 25 ou 26 membres aura plus de difficultés à agir efficacement que l’arrangement actuel, en quoi cela renforcerait la légitimité de l’organisation ?» Tout cela a un effet corrosif sur leur légitimité.

L’ensemble du système international, tel qu’issu de la Seconde Guerre mondiale, a connu une véritable révolution. Lorsque l’ONU a été créée, elle contenait 50 Etats, un chiffre qui passe à 193 en 2019. Si le système onusien avait fonctionné, on n’aurait pas eu à créer le G20. L’actuelle impasse que connaissent les institutions internationales (ONU, OMC, etc.) sur de nombreux points importants est le reflet de l’évolution de la dynamique de puissance et la diffusion de puissance. D’où cette instabilité et incertitude et non pas l’efficacité.

Pensez-vous que l’administration Biden va reculer sur le dossier du Sahara Occidental à l’opposé de l’administration Trump ? Comment voyez-vous l’issue de ce conflit ?

Bien que traditionnellement ils ont toujours soutenu le Maroc, leur allié de longue date dans la région, les Etats-Unis sont désormais plus prudents et tentent d’équilibrer leurs relations avec le Maroc et l’Algérie, cette dernière est devenue un partenaire clé dans la guerre globale contre le terrorisme. Il est fort possible que l’administration Biden revoie la position des Etats-Unis sur le dossier du Sahara Occidental et revienne au statu quo qui existait avant Trump. Dans un best-seller, Strategy and Arms Control (1961), Thomas Schelling et Morton Halperin ont fait valoir que le contrôle des armements et la politique militaire doivent être attachés aux mêmes buts fondamentaux de sécurité : prévenir la guerre, minimiser les coûts et les risques de la course aux armements, et restreindre la portée et la violence de la guerre dans l’éventualité où elle devrait se produire. Particulièrement vulnérables et dangereusement provocateurs, les systèmes d’armes devraient être limités car les Etats pourraient être tentés de préemption ou même encourager la guerre préventive. En d’autres termes, les Etats-Unis chercheraient à maintenir un équilibre dans la région. L’évolution de la situation intérieure de l’Algérie et du Maroc sera déterminante de la position des Etats extérieures, y compris de l’issue finale du conflit de Sahara Occidental.

Interview réalisée par Mohsen Abdelmoumen

(Suite et fin)

[1] Sir Julian Corbett (1854-1922), historien naval britannique, spécialiste en géostratégie, a décrit deux points de concentration traditionnelle pour la Royal Navy, l’un près de l’île française d’Ouessant en Bretagne pour le contrôle de la Manche, et l’autre dans la rade des Dunes (près de Douvres) pour se prémunir contre les menaces d’invasion de la mer du Nord.

Comment (5)

    Aures
    22 février 2021 - 20 h 54 min

    On aimerait que les États-Unis revoient leur position sur le Sahara occidental à condition que Biden accompagne cette révision d’une tenue d’un référendum d’autodetermination dans un délai défini et irréversible. A défaut, c’est un retour au statut quo qui profitera inévitablement au Maroc dans son occupation du Sahara occidental.
    Le retour à la guerre pour le polisario est Finalement la seule option pour libérer le Sahara occidental si Biden n impose pas le référendum.
    Bien à vous.

    Anonyme
    22 février 2021 - 19 h 02 min

    Durera le temps qu’il faudra momo, ou ses successeurs finiront par se plier devant l’évidence de l’indépendance du Sahara occidental, il est au fond dans la m…. il n’en sortira que plus sali et plus dépouillé qu’il l’avait toujours été.

    karimdz
    21 février 2021 - 23 h 51 min

    Trump ou Biden, mais pour qui se prend l amérique pour décider que tel ou tel région du monde appartient à tel ou tel pays ? ! Il me semblait qu’il existait un droit international, qui plus est, dit qu’il appartient aux peuples de décider de leur avenir.

    Nous vivons depuis un véritable désordre international, où les instances internationales, ne servent finalement à rien, puisque c’est la loi du plus fort qui s’impose.

    Brahms
    21 février 2021 - 23 h 48 min

    L’américain donnera t – il les 03 milliards de dollars promis par Trump et Netenyaou au Marocain ?

    C’est impossible. Mr Biden sait très bien que le Roi du thé et des babouches n’est qu’un Pablo Escobar réincarné et doit être surveillé et mis au cachot avec saisi de tous ses biens pour trafic de stupéfiants.

    Rappel, le général Noriega (Panama) a bien été mis au cachot pour 2 siècles pour trafic de stupéfiants.

    Ce Maroc ne fait donc peur à personne, il ne pèse pas lourd dans la balance.

    quelle naiveté!
    21 février 2021 - 23 h 17 min

    biden ne reviendra jamais sur la décision de de trump car il est corrompu par le makhzen et donc par le roi du maroc, que le roi parle de son « ami » déjà, un chantage à peine voilé!!!! et en plus biden avoue ouvertement être un sioniste! et comme israel a juré de soutenir le maroc sur ce dossier, en échange de la reconnaissance du maroc d’israel et des services de trahisons à la cause palestinienne (et des arabes) par les marocains par le passé, trump et biden deux amateurs de la géopolitqiues mais intéreesés que par l’argent taché de sang, ont définitivement mis les USA dans le mauvais côté de l’histoire, le côté de l’humiliation et du déshonneur. le sahara occidental sera le futur vietnam des USA bi idn allah!

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