L’Algérie face au piège néolibéral

AB nouveau gouvernement
Aymène Benabderrahmane au Parlement. PPAgency

Contribution de Mohsen Abdelmoumen – Au moment de la formation du nouveau gouvernement, le serpent de mer de la formation de méga-ministères a ressurgi dans la presse algérienne, au nom du manque de cadres d’envergure pour pouvoir composer un gouvernement important, des économies budgétaires en période de déficit ou du souci de plus grande efficacité dans le fonctionnement gouvernemental. Derrière ce plaidoyer mené au nom de la rationalité économique et de l’efficacité managériale se cache un de ces pièges machiavéliques du néolibéralisme pour affaiblir les Etats-nations, auquel l’Algérie n’a pas encore (complètement) succombé jusqu’à présent.

Mais avant de parler du piège qui nous est tendu, reprenons les arguments avancés car ils sont aussi révélateurs de la doxa économico-managériale qui nivelle la pensée publique vers le bas : s’il n’y a rien à redire contre l’argument d’éviter un gouvernement pléthorique avec des ministères démembrés à l’infini(*), on se demande par contre comment, dans l’Algérie de 2021 ayant formé plusieurs millions d’universitaires, certains avancent encore que le gouvernement doit être limité à 15 portefeuilles par manque de cadres performants. Ce piètre argument ne cherche qu’à enraciner un discours dangereux et exagérément pessimiste sur la faillite généralisée de l’Algérie, distillé par les Algériens défaitistes et les étrangers mal intentionnés.

Le second argument des économies budgétaires ne résiste pas non plus à l’analyse : il suffit de savoir compter pour comprendre qu’à l’échelle d’un pays, avoir 10 ministères de plus ou de moins n’a qu’un impact budgétaire négligeable, certainement moindre qu’une journée de surfacturations à l’exportation qui n’ont jamais fait l’objet d’une telle indignation dans la presse nationale. Il est vrai que notre presse est entre les mains, directement ou indirectement via les recettes publicitaires, de certains des heureux bénéficiaires de ces surfacturations, boostées durant les vingt dernières années par l’écart énorme entre un taux de change officiel pour les transactions commerciales fixé administrativement à un niveau grossièrement bas et un taux de change parallèle rendu himalayen par la pénurie artificielle de devises infligée aux citoyens lambda via une allocation de devises misérable.

Cette mauvaise politique économique, volontairement administrée à l’Algérie par les étrangers qui susurraient à l’oreille de nos dirigeants visait à organiser le transfert «légal» et définitif par les banques publiques et étrangères en Algérie d’une grande partie des dollars de Sonatrach vers des comptes à l’étranger d’importateurs trop heureux de cette manne tombée du ciel (ou plutôt extraite des entrailles de la terre). Et ce trafic, devenu sport national des entrepreneurs algériens et des sociétés étrangères, qu’ils soient purs importateurs ou producteurs, sapait toute possibilité de l’Algérie de créer une économie productive puisque le message implicite de l’Etat était : «Amassez plusieurs centaines de millions d’euros sans travailler en quelques années plutôt que de vous casser la tête à investir votre argent dans des projets compliqués et dans un environnement… que je vais vous rendre décourageant pour que vous compreniez bien le message.»

Il suffit d’ailleurs de se rappeler que c’est Amar Saïdani, troisième plus haut personnage de l’Etat (ou plutôt première honte de l’Etat), qui sonna en 2017 l’hallali contre la tentative courageuse du gouverneur de la Banque d’Algérie d’alors, Laksaci, de laisser le dinar officiel se déprécier sans bruit pour diminuer cet écart des taux de change mortel pour l’économie nationale. Comble d’ironie, Saïdani prétendit alors qu’il s’exprimait pour défendre le pouvoir d’achat du citoyen algérien. Là encore, peu nombreux furent ceux qui cherchèrent à comprendre pourquoi l’homme qui avait déjà détourné 350 millions d’euros de la CGA se piquait soudainement de justice sociale. Mais c’était l’ancienne Algérie.

Dans la nouvelle Algérie, on veut accélérer les économies faites sur le dos des classes moyennes en voie de paupérisation accélérée, en réduisant brutalement les subventions des biens de première nécessité, devenues soudainement insupportables pour les finances publiques, en faisant appel à la Banque mondiale, grand défenseur de l’Etat social s’il en est, pour des conseils méthodologiques. Nos glorieux martyrs de la Déclaration de Novembre doivent apprécier que leurs «héritiers» s’échinent avec constance à introduire le loup dans la bergerie.

Dans ce concert des indignés par le poids de l’Etat social, on aurait aimé que les principaux bénéficiaires des surfacturations qui font bruyamment entendre leur voix aujourd’hui pour défendre l’intérêt de l’Algérie aient eu cette même conscience de l’intérêt général lorsqu’ils amassaient leur fortune à l’étranger. A moins que ce chorus serve aussi à empêcher que le débat s’équilibre vers la taxation des fortunes amassées dans le commerce extérieur sans travailler ou, mieux encore, la mise en place d’une taxe rétroactive de 10% sur le montant des devises accordées à tous les importateurs par les banques depuis les années 2000 au nom de la solidarité nationale. Après tout, Ouyahia avait bien effectué un prélèvement sur les salaires au nom de la solidarité nationale et du sauvetage de l’Etat national. Chiche, on peut même rêver d’un néo-Hirak conscientisé qui lancerait le slogan keynésien : «Vendez un bien à l’étranger pour renvoyer la balle à l’Etat qui vous a rendu multimillionnaire sans effort !»

Apres cette longue digression, revenons au cœur du sujet : celui du piège tendu, très consciemment, par les néolibéraux qui contrôlent déjà 190 Etats (sur 195) de cette planète, en proposant la mise en place de méga-ministères en Algérie.

Eh bien, tout comme la régionalisation du pays est le faux nez pour créer une région kabyle qu’on espère manipuler pour créer des troubles en Algérie, la création de méga-ministères est le faux nez pour tuer dans l’œuf la tentative de relancer l’industrie en Algérie, seul moyen de maintenir une souveraineté économique de long terme pour notre pays.

En effet, l’enjeu n’est pas de regrouper l’Education nationale, l’Enseignement supérieur et la Formation professionnelle dans un seul ministère pour améliorer la qualité et la cohérence de l’enseignement (réforme d’ailleurs très discutable sur le fond) ou dans la fusion de quelques ministères d’infrastructures pour améliorer l’aménagement du territoire. Non, l’enjeu réel de cette nouvelle forme d’organisation est de créer un méga-ministère de l’Economie et des Finances englobant le ministère des Finances, celui de l’Industrie et quelques ministères ayant la tutelle de grandes entreprises publiques dans un premier temps (Télécommunications, Transport et Mines notamment), et certainement l’Energie dans un second temps afin d’étouffer définitivement la velléité de l’Algérie de créer une industrie autonome des fameuses «chaînes de valeur» internationales dont on nous dit qu’elles sont notre seul horizon (à condition bien sûr de rester sagement aux deux bouts de la chaîne, producteur de matières premières non transformées et consommateur de produits finis importés).

En mettant définitivement le secteur public algérien sous le boisseau du ministère des Finances, les néolibéraux parachèveront l’œuvre de démolition de l’industrialisation de l’Algérie des années 1960-70 menée sous l’égide du duo Boumediene-Abdeslam, prolongement économique du recouvrement de notre souveraineté militaire, politique et sur nos ressources naturelles.

Petit rappel, cette désindustrialisation méthodique du pays fut amorcée au début des années 1980 par l’arrêt des investissements dans l’industrie et leur remplacement par l’infâme programme d’importations du PAP (comme quoi, au cours des vingt dernières années, le néolibéralisme n’a fait que reprendre sa formule gagnante en changeant l’emballage) avec, comme point d’orgue, l’utilisation du budget prévu pour la première grande usine de pétrochimie de l’Algérie – arlésienne que l’on attend toujours plus de 40 ans après – pour la construction du complexe de Riad El-Feth. Elle s’est poursuivie par l’ouverture «magistrale» du commerce extérieur par les réformateurs naïfs (?), puis consacrée comme dogme par le FMI lors du rééchelonnement et exécutée avec zèle par Ouyahia et parachevée par Temmar et son programme de privatisation tous azimuts du début des années 2000 – et dire que c’est un ancien du MALG et de la base Didouche qui a, si médiocrement, bouclé cette boucle.

Quel lien avec le ministère des Finances, me direz-vous ? Déjà hostile à l’industrialisation du pays durant les années 1970, le ministère des Finances a trouvé sa «raison d’être» en faisant la politique antinationale du FMI sans le FMI, à travers sa politique de compression scandaleuse des salaires, sa gestion calamiteuse des taux de change et en sabotant méthodiquement toutes les réformes techniques cruciales qui lui incombent pour moderniser le fonctionnement de notre économie (réforme bancaire, gestion des domaines et du foncier, réforme douanière, mise en place d’un marché de la dette de l’Etat).

Pas de grand mystère pour anticiper ce que notre secteur public industriel va devenir dans un grand ministère piloté par notre ministère des Finances. Avec sa totale conversion idéologique à la nouvelle religion des riches et des conformistes de notre temps, il suffit de regarder l’exemple des pays de l’Union européenne, et particulièrement de la France, pour comprendre ce qui va se passer : en 1986, sous la pression «amicale» de l’Union européenne, bras armé des néolibéraux et des multinationales en Europe, un ministère de l’Economie français gigantesque est créé, qui absorbe l’Industrie, les Transports, l’Energie, les Télécommunications (et, au cours des années, quelquefois, l’Agriculture). L’Union européenne trouve dans ce grand ministère sa courroie de transmission parfaite pour soumettre la France à ses priorités : libre circulation des biens et capitaux, concurrence libre et non faussée, antinomique avec l’ambition industrielle, libéralisation financière et changes flottants, privatisations pour les copains et les coquins, démantèlement des protections tarifaires et dogmatisme budgétaire et comptable.

Sans surprise, depuis cette date, la France (comme la plupart des pays de l’Union européenne) a perdu tous les instruments de sa souveraineté économique puis ses fleurons industriels vendus un par un à l’encans aux multinationales donneuses d’ordres de l’Union européenne. Bref, on remplace une économie de production construite patiemment durant des décennies par de brillants entrepreneurs, ingénieurs et techniciens, souvent patriotes (le modèle chinois actuel, comme par hasard) par un syndicat de liquidateurs appelé pompeusement ministère de l’Economie et des Finances, Direction du budget, Banque centrale, sous le haut patronage des énarques et inspecteurs des finances de chaque pays.

Heureusement, il semblerait que nous ayons échappé à ce scenario-catastrophe en maintenant la tutelle des entreprises du secteur public sous un ministère de l’Industrie autonome et des ministères techniques à même de maintenir la flamme d’une certaine ambition économique et industrielle pour notre pays.

Mais le coup n’est certainement pas passé loin et pour combien de temps encore ? Car le néolibéralisme c’est ça : il avance masqué par petits pas apparents et grands sabotages en coulisses (un peu comme notre ancien président, tiens, est-ce un hasard ?) et finit par triompher car il est déterminé et contamine les esprits par sa propagande assénée à l’école, dans les médias, dans les discours des gouvernants et des chefs d’entreprise, voire dans les mosquées. Face à lui, il n’y a que l’esprit nationaliste et, ce qui nous a sauvés jusque-là, l’attachement religieux des patriotes au combat de nos ancêtres à travers les âges pour une Algérie libre et indépendante et le legs intellectuel et moral de l’exceptionnelle génération de Novembre.

Pour repartir au combat, rappelons-nous que l’on vient de nommer Premier ministre un énarque et inspecteur des finances, inconnu au bataillon, propulsé successivement en moins de deux ans à la tête de la Banque centrale, puis du ministère des Finances et enfin du Premier ministère – ça rappelle la sortie de l’ombre d’Ouyahia, non ? –, avec pour feuille de route de maintenir l’équilibre entre le social et l’économique, via la finance… Mazette, il y a des choses dans la gestion des Etats comme cette feuille de route qui doivent échapper à la compréhension des simples mortels que nous sommes.

Ah, une dernière pour la route pour galvaniser les troupes : on apprend que le même ancien ministre des Finances et nouveau Premier ministre a signé le décret de dissolution de l’agence du cadastre avec transfert de tous ses actifs, personnels et missions au ministère des Finances, le 6 juin dernier, en catimini, dans l’ambiance pré-élections. Quand on connaît les errements de la gestion du foncier au cours des trente dernières années, autorisés par la neutralisation de cette agence, on ne peut que se sentir rassuré.

M. A.

(*) On ne comprend pas le réel besoin de créer un ministère pour l’Agriculture saharienne et un autre pour l’agriculture de montagne aux côtés du ministère de l’Agriculture «standard» plutôt qu’un grand ministère de l’Agriculture avec des approches différenciées selon les écosystèmes.

Comment (18)

    Anonyme
    25 août 2021 - 14 h 35 min

    Notre PM m a l air perspicace rusé et intelligent pour tomber ds les pièges ou obstacles d ou qu ils viennent . Je le connais pas mais ca se voit sur sa façon de prendre les choses en interne et externe concernant l Algérie et son peuple , c est un homme d expériences et avisés sur les enjeu et ces responsabilité en tt que PM . Il a du boulot , laissons le travailler .

    Anonyme
    8 août 2021 - 15 h 24 min

    Quelque soit les système économique er politique que nous arborons, tout repose sur la valeur travail.

    Un pays rentier, capitalisme ou socialisme, résultat kif-kif.

    On a des pays capitalistes qui s´en sortent bien et d´autres moins bien.

    Pareil pour les pays socialistes dont certains sont économiquement au sommet et d´autres en faillite.

    Quand on travaille, il en restera quelque chose, quelque soit le système choisi.

    Quand on n´aime pas travailler, on vit de la main à la bouche et, notre environnement materielle et culturelle ne fait que regresser et, en fin de compte, on ne rien laissera à nos petits enfants.

    Elmokrani
    8 août 2021 - 9 h 23 min

    répéter et répéter , l’ma3za finira par s’envoler et le néolibéralisme sera vaincu. La Bourgeoisie ensuite le capitalisme ,puis le libéralisme , chacun fait son chemin et passe le flambeau au suivant ,jusqu’au néolibéralisme contemporain. yaa loukane yasmakoum camarade Trotsky : l’URSS dissout dans la Vodka,l’Europe de l’Est a foutu le camps dans le camps de l’OTAN,les Chinois achètent des tableaux du 17ème à coup de millions de $$$,a Cuba en roule en Cadillac 1936 ,la Corée du Sud fait mieux que la Corée du Nord …..?
    j’ai le plus grand respect pour le chois politique de chaque pays sauf pour l’apartheid,le colonialisme et l’oppression.
    durant 60 ans ,les trotskistes ont participé à la destruction de l’Algérie, pas seulement l’économie,par le sape ,l’infiltration,la confrontions et l’intox avec ceux qui bâtissent et ceux qui détruisent.
    Le sape a commencé de 62-65 avec Benbella Allah yarhamou. Après une vie passée dans la lutte,la clandestinité et la prison ,impressionnable,l’inexpérience politique le met sous l’influence des trotskistes et a leur tête Harbi et bonjour le Parti-Unique,le socialisme pour tous,la prison pour l’opposition c.-à-d. pour tous:
    – Da’lho , ?  » … mais je suis socialiste? » – mais tu t’oppose au notre!
    – Ibrahimi ?  » … mais je suis qu’un cheikh?  » – mais tu t’oppose à tout socialisme!
    -Ibrahimi fils? « … mais je m’oppose à rien?  » – mais tu es le fils de celui qui s’oppose !
    …et ainsi de suite, auto-destruction de l agriculture,collectivisation,nationalisation épiceries,boulangeries, …meeting quotidien , …etc. Application intégrale du manuel de l’anarchiste.
    Boumediene mis fin à la pagaille mais le Parti Unique et le socialisme sont dans la constitution , les opposants sont recyclés, exilés ,ou… Allah yarham. Ça arrange bien des choses.
    L’infiltration: mauvaise graine ne crève jamais ,les trotskistes modèle Harbi chassés, le socialisme modèle National arrive. Un bon choix inespéré sans complexe de l’expérience des autres( Tito,Naser,,,,) mais surtout sans leur dogmatisme et idéologie socialiste.
    Boumediene réussie le bon recadrage de l’Algérie dans le Non-Alignement aux top de la guerre froide, l’éducation et la santé . L industrie-industrialisante malgré les bonnes intentions et un succès relatif était une erreur qui siphonnait toutes les ressources au dépend des infrastructures ,des routes, des produits de base et surtout du logement.
    L’Agriculture, avec beaucoup de mauvaise intentions et le ouswasse des trotos était un échec lamentable pour un pays agraire. C’était un sabotage systématique ,d’inspiration bolcheviques : c’est bien connu ,le paysan est réactionnaire ,l’ouvrier est un bon prolétaire .Ou se trouve le prolétaire (neo-classe-moyen)? Dans les usines. Ou se trouve l’usine ? Dans les villes. Et bonjour l’exode rural et vive le prolétariat et la lutte des classes. Trotskaya et son syndicat vous accueillent à El-Hdjar.
    Chadli hérite d’un parti unique à tendance CCCP pour désert politique, face à une Armée politisée, d’une industrie lourde mais pas de marteau ou de pioche, pas agriculture donc pas de patate ,pas d’œuf et pour le yaourt ,même Ouyahya ne le verrait dans ces rêves. Comble de tuile , l’arrivé de l’islamisme politique et bonjour la confrontation idéologique . farda ou’algate ou7tha. Nous savons où ça nous a mené.
    Qu’à cela ne tienne, on retrouve tâta Trotskaya a San Igideo pour défendre sa paire chérie.certain disent en mission d’infiltration,une nature.
    Arrive le cirque à Bouteflika et quatre mandats de néolibéralisme comme Trotskaya les aiment bien : demago-anarchique et deux pour le fauteuil d’un. Elle trouva tellement de plaisir que le jour du rahil Said l’appel à l’aide. On comprend qu’il cherche apui ou conseil chez des généraux,ministre de défense ou président, même exes pour affronter un chef d’état major ,mais que vient faire une PT ici?
    L’anarchie et apocalypse : on le comprend ,pour moi, quand on l entend appeler à la constitution des « lidjane a chaabia » – les comités populaires à la Kadafi,le malheur garanti pour dix ans et c’est pas fini et surtout quand elle met à insulter vulgairement le général CEM et faire l’éloge d’un autre général. Il est certain qu’elle cherchait la destruction des deux e du pays avec.

    On detruit de la richesse depuis 60 ans
    7 août 2021 - 18 h 53 min

    En tout cas, ce n’est pas avec le Troskysme de Tata Tartine que l’on va créer de la richesse ou avec les Conservateurs Musulmans qui eux prônent l’économie de bazar. On fait de l’économie dirigée et socialisante depuis 60 ans, résultat, on a fait que de détruire de la richesse. Alors l’ultralibéralisme est aussi une faillite. Mais on doit accepter d’être une économie ouverte dans un monde mondialisé et globalisé tout en ayant un Etat régulateur protégeant les plus démunis et en parallèle favoriser l’entreprenariat et l’esprit qui va avec. Revoir le système de subvention, avoir une fiscalité incitatif à l’investissement, un Etat fort sur les Ministeres régaliens: Education, Sante, sécurité interne et externe! Pour le reste l’État doit se retirer et laisser le marché faire tout mettant les gardes fous à travers la fiscalité et garder son rôle régulateur, couronné d’une bonne gouvernance. Arrêtons l’économie castratrice dirigée socialisante qui a généré médiocrité, népotisme, corruption et bureaucratie !!!

    lhadi
    6 août 2021 - 19 h 30 min

    Marx est, comme kant en philosophie, un » classique » : son approche réaliste de l’économie et du conflit social est un grand acquis. Mais ceci n’enlève rien au nécessaire dépassement du marxisme : le socialisme ne doit plus s’identifier à lui, compte tenu de ses limites théoriques et pratiques (Rosselli 1930 p. 76). Le marxisme a connu en effet trois phrases : l’étape « religieuse », quand il était le guide indiscuté des socialistes (Bebel ou Guesde), l’étape « critique » portant sur sa scientificité (le révisionnisme de Bernstein et Sorel) et l’étape « actuelle » dont Rosselli, après Au-delà du marxisme de Henri de Man (1926), tire les conséquences.

    Le révisionnisme résulte des progrès du syndicalisme qui a amélioré la condition ouvrière et aménagé le capitalisme. Les luttes et les négociations syndicales quotidiennes, dont les marxistes ses méfiaient, obligent à un réexamen. e mouvement syndical n’a en effet retenu du marxisme que la lutte des classes -au sens large- et l’auto-émancipation du prolétariat. Son réformisme a réfuté le « catastrophisme » marxiste postulant l’autodestruction du capitalisme. D’où la révision du marxisme.

    Ainsi Bernstein a proposé, au nom de la s scientificité de Marx d’adapter la doctrine à son temps, alors que Sorel a réfuté le marxisme dogmatique au nom du « vrai » Marx qui n’était pas selon lui déterministe. Cependant les « révisionnistes » étaient inconséquents : leurs réexamen n’affectait pas seulement le marxisme dogmatique, mais la doctrine de Marx lui-même (1926, p. 54). Car c’est bien chez Marx qu’il y a une vision déterministe de l’économie niant le rôle de la volonté. Sa vision de l’homme serait, paradoxalement, celle des utilitaristes, reprenant le modèle de l’homo oeconomicus de Bentham. Aussi le socialisme doit-il reconnaitre l’importance des exigences morales et éducatives pour une société juste.

    Cette analyse éclaire la définition du « socialisme libéral ». On a voulu y voir la marque d’un socialisme enfin réconcilié avec l’économie capitaliste. Ce n’est pourtant en rien la thèse de Rosselli (Audier,2005). Certes, le libéralisme et le socialisme, après s’être opposés, sont en train selon lui de converger. Tandis que le libéralisme, affrontant peu à peu la question sociale, n’est plus « nécessairement » lié à l’économie libérale manchestérienne, le socialisme, rompant avec l’utopiste et l’autoritarisme, devient sensible à la liberté et à l’autonomie.

    Ainsi, le libéralisme « se fait socialiste », et réciproquement : ces deux visions « très hautes, mais unilatérales » tendent à se copénétrer pour le meilleur : l’amour de la liberté, d’un coté, l’aspiration à l’égalité selon la justice, de l’autre. La crise du marxisme conduit donc au « socialisme libéral », car « le socialisme doit tendre à devenir libéral et le libéralisme à se nourrir des luttes prolétariennes ».

     Le « socialisme libéral » ou « social libéralisme » désigne souvent un libéralisme économique à sensibilité sociale, adapté au capitalisme actuel. Il est antimarxiste et résolument libéral économique.

    L’Algérie se doit d’oeuvrer à un socialisme rénové dépassant les limites du libéralisme classique et du socialisme autoritaire.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

      Santa Claus
      7 août 2021 - 7 h 56 min

      quand vous présentez un texte qui n’est pas de vous, ayez, au moins, l’honnêteté de mettre des guillemets.

        sahara
        7 août 2021 - 15 h 13 min

        pas d’accord avec vous. Lhadi cite en adjoignant le nom de l’auteur, la date d’édition et le n° de la page. il est dans les normes de la narration.

    LES MENTEURS VICIEUX MANIPULATEURS MAROCAINS ET ISRAELIENS RELANCENT LEUR MENSONGE
    6 août 2021 - 17 h 41 min

    après la visite purement diplomatique de notre premier ministre en Iran, voilà que le maroc et israel relance leur mensonge sur l’existence du hizbollah au sahara occidental et à tindouf pour entrainer « les terroristes » sahraouis du polisario! les marocains qui voient la remise en question légitime et logique de l’administration biden sur le sahara occidental, car les USA savent très bien que le sahara occidental n’a jamais été marocain ni historiquement ni ethniquement, mais juste un colonisateur sans scrupule qui ne cherche que l’expansionnisme avec l’aide de ses alliés diaboliques et impérialistes dont les mains sont tachées de sang des africains et palestiniens: la frannce et israel! les américains ne peuvent pas cautionner cette fumisterie, tartufferie, et les crimes de ces trois pays au sahara occidental. il y va de la réputation des USA dans le monde (ce n’est pas ce trio de pays criminels et détestés dans le monde entier qu’ils vont duper les USA), d’autant plus que le sahara occidental ne sera jamais marocain soit par la paix et le vote d’autodétermination, soit par la guerre face, non pas au polisario mais à l’algérie qui interviendra pour rétablir le droit et la justice dans ce pays meurtri par les crimes marocains impunis!
    la présence de notre premier ministre en Iran à une portée diplomatique très importante, l’algérie jouera à coup sûr le rôle de médiateur entre l’iran et les USA/ europe. quant à l’attentat sur le bateau britannique, le coup du mossad est archi évident pour alimenter la haine du monde contre les iraniens qui sont extrêmement civilisés et d’excellente éducation morale!

      Anonyme
      6 août 2021 - 20 h 15 min

      Hors sujet

      Lecteur
      6 août 2021 - 20 h 21 min

      Surtout pas les chiites … Ce sont des pervers qui croient en leurs imam plus que dieu …

    Anonyme
    6 août 2021 - 14 h 51 min

    Le vrai piège est celui que certains algériens ont érigé depuis 1962 et peut être bien avant. Et le peuple est devenu infantilisé naïf et envieux. Il a peur de tout, il stocke tout, il achète tout qq soit le prix ex la sardine ou la banane! Rien ne l’intéresse à part les gadgets . Ce qu’il nous faut c’est réécrire les textes réglementaires avec des indications claires strictes et exécutables. Revoir profondément notre système d’éducation et de formation, rétablir le service militaire sélectif.Nouer des relations avec des pays sincères et sortir de toutes les formations arabes ligue pays du golfe etc. Casser tous les liens avec le makhzan

    Lghoul
    6 août 2021 - 14 h 02 min

     » il suffit de savoir compter pour comprendre qu’à l’échelle d’un pays, avoir 10 ministères de plus ou de moins n’a qu’un impact budgétaire négligeable, certainement moindre » – Pourquoi certains ministères ont des budgets supérieurs a celui de l’éducation ? Avons nous besoin d’un ministere des anciens moudjahidines alors que la guerre est finie depuis 1962 ? Avons nous besoin d’un ministere des fatwas ? etc. Combien de milliards ces ministères bouffent sans jamais donner rien a l’économie du pays ? Eh bien je suis certain que l’Algérie économiserai des milliards de dinars.

    Wert
    6 août 2021 - 13 h 03 min

    Je vois que nous avons encore des naifs qui croient aux vielles lunes socialistes. Le liberalisme a gagné car il a su promouvoir la performance et l’intelligence, alors que le socialisme a engrengé la paresse, l’assistanat et la mediocrité. Il faut urgemment sortir l’Algerie de la mentalité etatique et socialiste. Celui qui veut cela n’à qu’à aller au Venezuela

      Anonyme
      6 août 2021 - 16 h 19 min

      Non, ce n’est pas le socialisme qui est fautif. D’ailleurs il n’existe plus depuis les années 80 et ce sont les messieurs Hamrouche, Temmar et cie qui ont ouvert le marché au libéralisme avec les consequences que l’on connait. L’assastinat et la médiocrité n’est pas la création du socialisme mais une politique bien réfléchie pour briser toute tentative d’installer une politique qui va à l’encontre des intérêts du pays. Du temps du socialisme au moins nous arrivions à fabriquer nos chaussures, nos chemises, nos allumettes etc… et ce avec les moyens de bord. Actuellement au nom du libre échange nous importons tout.
      Le Venezuela est un mauvais example vu les pressions et l’embargo de la part des Américains et du monde occidental justement pour saboter la réussite du chemin choisi par les Vénézuéliens qui va contre les intérêts du liberalisme. D’ailleurs les autres états voisins du Venezuela vivent des situations plus extremes. Mais la presse occidentale inféodée aus intérêts des puissants ne lâche aucun mot là-dessus. il faut voir ce qui se passe en Colombie voisine, au Chili, en Argentine. Mais là silence radio.
      S’il faut donner un example pourquoi pas la Chine?

        Elephant Man
        6 août 2021 - 19 h 53 min

        @Anonyme
        Exactement.
        Au moment même où les maîtres concepteurs de ce libéralisme barbare ont été ravagés par leur système, l’Algérie devrait adopter la défaite des autres et leur système déviant !!
        Encore une fois @Baraa : 2019 :
        L’économie mondiale se serait effondrée depuis longtemps s’il n’y avait pas eu le poids de l’économie chinoise qui démontre la fausseté des dogmes libéraux. Car en Chine, l’Etat garde le contrôle macro-économique de l’économie et son noyau reste le secteur public qui garantit l’équilibre du tout. Ce n’est certes pas encore un économie totalement socialisée mais c’est une économie dynamique et organisée, qui a réussi à tirer de la pauvreté 800 millions de personnes au cours des dernières décennies et se prépare à tirer les 400 millions de pauvres restant au cours des deux prochains plans quinquennaux. Cette évolution n’aurait pas été par ailleurs possible si la Chine n’avait pas préparé le « marché socialiste » par des investissements étatiques de base planifiés centralement au cours des années 1949-1978. Dans les pays qui ont suivi la logique « d’ouverture » totale et de « marché libre et non faussé », on a, au mieux, dans les pays impérialistes, stagnation ou, au pire, régression sociale de masse. Il suffit d’aller par exemple dans le Rust belt US ou dans les régions périphériques de France pour constater la tiers-mondisation du pays qui commence à s’attaquer au centre du pays. Au point où l’Union européenne, par exemple, a été obligée récemment de demander à ses Etats membres d’intégrer dans le calcul de leur PIB le commerce illégal des drogues afin de camoufler la dégradation réelle de la situation. L’Algérie qui, à la différence des autres pays arabes (Syrie mise à part), n’a pas encore totalement ouvert ses « marchés » a donc un atout majeur à jouer pour éviter de tomber dans la dépendance morbide, la désindustrialisation et l’émiettement social qui caractérise les pays voisins.

        Anonyme
        6 août 2021 - 20 h 17 min

        Le socialisme est contre la nature humaine …
        C’est tout simple

        anonyme
        7 août 2021 - 8 h 24 min

        @Anonyme
        6 août 2021 – 16 h 19 min
        Non, ce n’est pas le socialisme qui est fautif…

        voila qui est bien dit

          Anonyme
          7 août 2021 - 21 h 16 min

          Si ce n’est pas le socialisme qui est le fautif, qui est donc le fautif? Serait-ce la France et l’Union européenne comme le suggère elefantemane qui connait bien la France et ses régions périphériques qui subissent la tiers-mondisation?

          A propos, l’atout en question, si j’ai bien compris, c’est de ne pas avoir ouvert « nos marchés » afin de ne pas tomber dans la dépendance morbide, la désindustrialisation et l’émiettement social.
          Sacrée elefantemane! Toujours à faire de l’humour noir! Même dans les situations les plus difficiles.

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