Quelle place pour l’Algérie dans la nouvelle architecture numérique mondiale ?

souveraineté numérique
Dans ce monde en reprogrammation, l’Algérie ne peut plus rester simple spectatrice. D. R.

Une contribution de Sid-Ali Mokhefi – Un rapport stratégique américain, publié début 2025, alerte sur la montée silencieuse de la Chine. Non pas par la guerre, mais par le contrôle du temps, des flux et des standards. Pékin ne bombarde pas. Il connecte. Il déploie ses câbles, ses monnaies numériques, ses corridors logistiques et ses normes techniques, jusqu’à installer autour de lui un ordre discret mais structurant.

Ce n’est plus la Chine des usines bon marché. C’est celle des satellites, des plateformes, des monnaies digitales souveraines et des routes maritimes sécurisées. Elle ne s’impose pas. Elle s’installe. Elle n’envahit pas. Elle encode.

Dans ce monde en reprogrammation, l’Algérie ne peut plus rester simple spectatrice. Car elle est géographiquement placée au cœur des nouveaux flux : au carrefour Afrique-Europe-Méditerranée, sur les routes numériques, énergétiques, logistiques du XXIe siècle. Encore faut-il se réveiller.

Pendant que Pékin tisse son réseau, Washington riposte : pressions, sanctions, normes extraterritoriales, guerre des microprocesseurs, chasse aux données. La peur du basculement est palpable : l’Amérique sent que le centre de gravité mondial lui échappe. Et l’Afrique, grande oubliée des anciennes équations, devient terrain de jeu décisif.

L’Algérie ne doit pas choisir un camp. Elle doit choisir son rythme. Etre un acteur du temps digital, non un retardataire dans la course aux standards. Cela suppose de comprendre les horloges stratégiques, d’intégrer les plateformes numériques sans naïveté, de négocier les câbles et les clouds sans dépendance.

Le numérique est devenu le champ de bataille invisible du XXIe siècle. Derrière chaque fibre optique, chaque cryptomonnaie, chaque standard de paiement ou chaque satellite, il y a une vision du monde. La Chine a la sienne. Les Etats-Unis aussi. Et l’Algérie ?

Il est temps que l’Algérie écrive sa propre architecture numérique, souveraine, connectée mais non soumise. Refuser l’ordre imposé, mais ne pas rater le train de l’histoire. Comprendre que l’arme de demain, c’est la maîtrise du code, du cloud et du câble.

S.-A. M.

Comment (9)

    Arezki
    15 juillet 2025 - 17 h 14 min

    Encore faut il se réveiller… réveillez vous donc.

      Bent
      16 juillet 2025 - 22 h 52 min

      @Azerki le jour ou l Algérie  » décollera » ce jour là l Algérie fera beaucoup de jaloux

        Anonyme
        19 juillet 2025 - 17 h 29 min

        On l’attend depuis 2019.

    Alif
    15 juillet 2025 - 16 h 43 min

    🇩🇿 Réformes politiques : le cœur du développement

    L’histoire universelle le montre avec constance : aucun développement durable n’est possible sans réformes politiques profondes. C’est le cadre institutionnel, plus encore que les ressources naturelles ou la richesse immédiate, qui rend possible la prospérité, l’innovation, et la stabilité.

    Dans Le Secret de l’Occident, l’historien David Cosandey, physicien de formation, pose une question essentielle : pourquoi la science et la modernité sont-elles nées en Grèce antique, puis en Europe, et non dans d’autres civilisations pourtant avancées ? Sa réponse est éclairante : ce n’est ni la religion, ni le génie culturel, ni la richesse seule qui expliquent le progrès, mais une combinaison rare, une compétition politique entre États et une certaine prospérité économique. C’est ce pluralisme institutionnel qui a permis à l’Europe d’encourager la recherche, la critique, et la liberté intellectuelle.

    Ces leçons valent encore aujourd’hui. En Algérie, malgré des ressources considérables, une jeunesse talentueuse, et une histoire politique forte, le potentiel du pays reste partiellement immobilisé. Le discours officiel évoque une situation « enviable » et des mesures sociales comme preuve d’un soutien à la jeunesse. Mais une allocation ne remplace pas une politique. Ce n’est pas une aide ponctuelle qui structure un avenir. C’est la confiance dans les institutions, la liberté d’entreprendre, la justice impartiale, et la transparence.

    Le développement n’est pas une promesse. C’est une organisation.

    La jeunesse algérienne ne demande ni assistanat ni slogans. Elle aspire à un avenir construit sur le mérite, le travail et la participation réelle à la vie de la cité. Elle a besoin d’un État qui lui parle en adulte, qui ouvre des voies, qui rénove ses institutions avec courage. Pas pour faire plaisir, mais pour survivre, et surtout pour avancer.

    Le véritable progrès n’est jamais technocratique ou purement économique. Il est politique, au sens noble du terme : il commence par des réformes courageuses, inclusives, qui placent l’intérêt collectif au-dessus des équilibres hérités.

    L’histoire l’a prouvé ailleurs. À l’Algérie de le prouver à son tour.

      Arezki
      15 juillet 2025 - 20 h 57 min

      Je m’excuse pour la condescendance de mon propos.
      Je fais juste mon travail de mouche électronique pour mes maîtres..

      Bien Vu
      16 juillet 2025 - 5 h 48 min

      …les institutions, la liberté d’entreprendre, la justice impartiale, et la transparence…
      Je rajouterais …”inclusives” à institutions,
      Ainsi que les Contraintes par l’Etat de Droit et le Contrôle par le pouvoir législatif et les médias
      .. Cerrains Aspects Avancent , d’autres pas
      On est pas obligé de Tout avoir en même temps , mais cela doit être l’Objectif.
      Merci
      Merci

    Qui ?
    15 juillet 2025 - 16 h 40 min

    La première Question que je me pose
    C’est
    Quelle est l’Institution ou Les Institutions ou l’Organisme qui a pour rôle de :
    – Faire des Analyses prospectives
    – Définir la Vision 2030-2050
    – Définir la Stratégie
    – Établir des Plans Tactiques
    – Mobiliser les Ressources
    – Piloter l’Execution et Controller
    .
    Qui ???!
    Si la Réponse est : Personne ou ON NE SAiT PAS trop
    Alors ,
    inutile de Commenter plus…

    lhadi
    14 juillet 2025 - 21 h 23 min

    Chaque algérien a une opinion sur l’Algérie. Cette idée s’est faite jour par le rôle ambigu que le pouvoir lui avait assigné.

    En vérité, tout ce qui peut distraire de la mise en oeuvre du grand dessein national doit être proscrit. Tout ce qui peut constituer une menace de la pollution de la pensée algérienne profondément ancrée dans l’ADN du citoyen doit être proscrit.

    Cette grille de lecture a le mérite d’exister. Ce serait une grave erreur de l’ignorer car toute erreur d’appréciation peut avoir des conséquences graves sur l’édification d’un Etat fort, d’une république économiquement solide et socialement juste, d’une Algérie libérée des entraves politiques inhérents à un système d’un autre âge et des sarcomes du sous développement.

    Pour faire face à ce monde de globalisation politiquement dangereux et économiquement injuste, Il importe, au jour d’aujourd’hui, d’examiner les causes des échecs, rectifier les erreurs et définir de nouvelles options qui laissent espérer de profonds changements loin d’un conservatisme social qui étouffe, d’un sentiment obsidional qui mine et d’un poids de l’Histoire qui entrave.

    L’Algérie, jeune nation et nation jeune avec une vieille histoire, pourrait être en mesure de surmonter les défis en cours pour peu qu’il faudrait plus de sécularisation de la société, un véritable renouveau culturel, une totale liberté d’expression des voix dissidentes et un essor économique ne laissant plus qu’une portion congrue à la corruption, au népotisme et aux réflexes claniques.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

    Abou Stroff
    14 juillet 2025 - 13 h 39 min

    « Dans ce monde en reprogrammation, l’Algérie ne peut plus rester simple spectatrice. Car elle est géographiquement placée au cœur des nouveaux flux : au carrefour Afrique-Europe-Méditerranée, sur les routes numériques, énergétiques, logistiques du XXIe siècle. » souligne S.-A. M..

    et je retiens que nos frères arabo-musulmans et la région du moyen-orient, n’apparaissent nulle part dans le « carrefour Afrique-Europe-Méditerranée », d’où ma persistence à répéter en toutes occasions que notre profondeur stratégique se situe en Afrique et nulle part ailleurs.

    moralité de l’histoire: il n’y en a aucune à part qu’avant de nous ontégrer dans la « la nouvelle architecture numérique mondiale », encore faut il que nous ayons une appréhension correcte des enjeux mondiaux du moment.

    wa el fahem yefhem

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