Une mécanique bien huilée au service des intérêts occidentaux
L’enquête de Transparency International est claire : «Les grands centres financiers mondiaux, les juridictions secrètes et les systèmes de régulation faibles permettent aux acteurs corrompus de cacher et faire fructifier leur fortune à l’étranger, au détriment des populations africaines», souligne l’organisation.
Ce phénomène n’est pourtant pas nouveau. Déjà en 2015, un rapport du Panel de haut niveau sur les flux financiers illicites, présidé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, estimait que l’Afrique perdait chaque année 50 milliards de dollars en sorties illicites. Sur les trente années précédentes, le total atteignait plus de 1 000 milliards de dollars. Aujourd’hui, les chiffres sont encore plus alarmants : selon le Tax Justice Network Africa, les pertes annuelles avoisinent désormais 90 milliards de dollars, causées par des pratiques commerciales frauduleuses de multinationales, des abus fiscaux, du blanchiment d’argent, du trafic et de la corruption.
Pendant que des élites africaines transfèrent illégalement ces fonds, les pays occidentaux profitent de ces capitaux volés en fermant les yeux sur leur provenance. Cette réalité démontre une fois de plus que l’Occident continue de s’enrichir sur le dos de l’Afrique, non par des conquêtes militaires, mais à travers des circuits financiers opaques qui bénéficient toujours aux mêmes.
Commentaires