«Amis de la Syrie», une conférence ficelée à l’avance

Sept points précis sont à l'ordre du jour de la conférence des «Amis de la Syrie» qui s’ouvre demain à Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis. Même si les autorités tunisiennes ont gardé secrets l’ordre du jour et les enjeux de cette conférence, nombre de chancelleries savent déjà qu’il s’agit en réalité de mettre à exécution un plan franco-qatari qui prévoit notamment de désigner un groupe de onze pays afin de suivre les décisions de la conférence. Parmi ces pays, on peut citer le Maroc, la France, le Qatar et la Turquie. Un désaccord a éclaté entre la Turquie et la France au sujet de la présidence de la conférence et finalement c’est le Qatar, bailleur de fonds, et la France qui en co-présideront «les travaux», le Qatar représentant la Ligue arabe et la France l'Union européenne. Il y a lieu de noter que pour «mettre à plat» le désaccord franco-turc, un ballet diplomatique s’est déroulé, ces derniers jours, à Paris où se sont succédé les ministres des Affaires étrangères qatari, Hamad Bin Jassem, saoudien, Saoud Al-Fayçal et émirati, Abdallah Bin Zayed Al-Nahyane. On apprend, en outre, que la conférence va approuver sept résolutions dont le soutien total à l'opposition syrienne, l’appui sur le plan arabe, la création de couloirs humanitaires et une condamnation unanime du régime syrien. De même qu’il est prévu la mise en œuvre de sanctions politiques, économiques et financières contre les pays qui continueraient à soutenir la Syrie et/ou qui ne reconnaîtraient pas le «Conseil national de transition syrien».
Il est à rappeler enfin que la Russie et la Chine boycottent cette conférence au motif notamment que les décisions qui doivent en découler ont été ficelées d’avance. «Nous n'avons été informés ni de la composition de ses participants ni de son ordre du jour. Mais le plus important est que l'objectif réel de cette initiative n'est pas clair (…). Compte tenu de ces circonstances, nous ne voyons pas de possibilité de participer à la conférence de Tunis », a déclaré le porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch, dans un communiqué. Moscou a «l'impression qu'il s'agit de former une coalition internationale (…) afin de soutenir une partie d'un conflit intérieur contre l'autre», est-il mentionné. «On a invité en Tunisie des groupes séparés d'opposition, alors que des représentants du gouvernement syrien n'ont pas été invités. Cela veut dire que les intérêts d'une grande partie de la population de la Syrie, qui soutient les autorités, ne seront pas représentés.»
A. K.

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