Benflis : «La vacance du pouvoir condamne le pays à la stagnation»

«La modernisation politique passe par l’Etat de droit. Ne vous laissez pas entraîner sur la fausse piste de l’Etat civil. Cette piste ne mène nulle part et n’est pas destinée à mener quelque part que ce soit. Gardez le cap sur l’Etat de droit, car, contrairement au concept brumeux de l’Etat civil, l’Etat de droit a ses constantes, ses critères et ses repères», a mis en garde Ali Benflis à partir Blida. «Si vous m’interrogez sur les constantes de l’Etat de droit, je vous répondrai qu’il s’agit de la citoyenneté exerçant ses attributs dans leur plénitude, du choix du peuple respecté et non faussé, des droits et des libertés protégés et garantis, des institutions légitimes, représentatives et crédibles et de l’exercice des responsabilités publiques soumis au contrôle et à la reddition des comptes», a souligné le président de Talaie El-Hourriyet. Pour Benflis, l’Etat de droit signifie une «Constitution scrupuleusement respectée, un équilibre des pouvoirs, une justice indépendante, l’égalité de tous devant la loi, une administration publique impartiale, une liberté d’expression et d’information promue et encouragée et des deniers publics gérés avec rigueur, de manière transparente et au service du seul intérêt général». «L’Etat de droit, estime encore Benflis, c’est l’alternance au pouvoir, le pluralisme politique, les médiations politiques, économiques et sociales réellement représentatives et un pacte social garant d’une relation de confiance entre les gouvernants et les gouvernés.» L’ancien candidat à la présidentielle de 2014 relève, à partir de ce constat, que «notre pays n’est pas dans la modernité politique, mais dans l’archaïsme politique». Qualifiant sans le nommer le pouvoir actuel de dictateur, Ali Benflis souligne que «les dictatures n’ont jamais fait la prospérité des pays où elles sévissent», que «les tyrannies n’ont jamais fait la richesse des peuples qui ploient sous leur joug» et que «les autocraties n’ont jamais été porteuses de croissance et de développement». «Notre société n’est pas une société heureuse et épanouie» et «ne déborde pas de vitalité», a soutenu Benflis pour qui notre société «est une société qui ne se tourne que vers son passé pour y puiser quelques motifs d’espoir ou quelque réconfort». Fustigeant le système en place, Benlis a affirmé que «le régime politique s’obstine aujourd’hui dans le déni et l’absence d’écoute comme il s’est obstiné hier dans les dérives et les errements qui ont mené notre pays vers là où il se trouve et où il n’aurait jamais dû se trouver». Il est «face à une vacance du pouvoir qui le condamne à la stagnation et à la régression parce qu’il n’y a plus de président qui préside, de gouvernement qui gouverne, de Parlement qui légifère autrement qu’avec parcimonie et d’une administration publique livrée à elle-même, faute de direction, d’impulsion et d’inspiration».
Karim Bouali
 

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