Le piège se referme

Les Français qui craignaient l’enlisement de leur pays dans le désert du Nord-Mali avaient raison de s’inquiéter. L'intervention militaire engagée dans cette région le 11 janvier par le président François Hollande va se prolonger comme en ont décidé, pratiquement par consensus, les députés de l’Assemblée nationale française. Le président Hollande avait pourtant annoncé, il y a quelques semaines, que la «phase ultime» de cette intervention aller durer encore tout le mois de mars et, qu’à partir du mois d’avril, il y aurait une diminution du nombre de soldats français au Mali. Visiblement, et ce n’est pas une surprise, cette «phase ultime» n’est pas pour demain. «Quand pourra-t-on dire que nos troupes auront rempli leur mission ? Quels seront les objectifs réels de notre présence militaire ? Ces questions fondamentales ont reçu des réponses trop évasives», s’est demandé le communiste Jean-Jacques Candelier, porte-parole du groupe Front de gauche qui avait voté contre l'envoi de troupes françaises au Mali et qui s’est abstenu cette fois. C’est comme si un piège se refermait sur les troupes françaises les empêchant de quitter cette zone de turbulences qu’est le Sahel. En réalité, l’enjeu en vaut la peine. Algeriepatriotique (article du 20 avril 2013) a rendu compte d’un rapport parlementaire français consacré à l'intervention militaire française au Mali, la justifiant par les intérêts de la France dans la région dictés par la forte présence de ressortissants et d’entreprises françaises et par l’importance stratégique de l’Afrique dans les décennies à venir. La «phase ultime» risque de ne pas venir de sitôt, le faux prétexte tiendra encore longtemps : la relève par des forces locales n’est pas encore prête. On ne peut ne pas faire le lien avec l’attentat qui a visé ce mardi matin l'ambassade de France à Tripoli, en Libye. Dans ce pays aussi, en 2011, la France dirigée par Nicolas Sarkozy, avait, avec la Grande-Bretagne, conduit une coalition – relayée par la suite par l'Otan – pour intervenir en Libye et arriver au résultat que tout le monde constate aujourd’hui : instabilité et insécurité persistantes à Tripoli et surtout à Benghazi («fief de la rébellion», disait-on) où les attentats et assassinats en série ont forcé les Occidentaux à quitter la ville.
Kamel Moulfi
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Commentaires

    Mansour
    25 avril 2013 - 7 h 42 min

    Il est indéniable que la
    Il est indéniable que la France a de grands intérêts en Afrique toutes régions confondues.Après la décolonisation voulue par le Général De Gaulle elle a continué à gérer cette Afrique française de loin.Mais avec l’avènement du terrorisme islamiste,les prises d’otages et l’insécurité générale qui y règne,elle est intervenue directement devant l’incapacité des Africains à mettre de l’ordre chez eux.Cela incitera peut être les gouvernants jaloux de leur « souveraineté nationale » à sortir de leur léthargie et à mettre de l’ordre.Mais pour mettre de l’ordre il faut être propre et juste et ne pas trainer des casseroles qui font rire sous cape les dirigeants occidentaux bien informés sur les pratiques douteuses de la plupart de ces dirigeants.Lorsque ces dirigeants auront pour seul soucis le développement de leurs pays respectifs et la promotion de leurs peuples livrés à eux-mêmes pour le moment on parlera de gouvernance.Il ne faut pas toujours accuser les autres d’être responsables de notre malheur et il ne faut pas s’étonner si demain des hyper puissances comme la Chine décident aussi d’y mettre de l’ordre devant l’incapacité des potentats africains et autres.




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