Polémique autour de la pétition demandant le retrait des films algériens du Festival de Locarno

Les initiateurs de la pétition adressée au ministre de la Culture, dans laquelle ils relaient un appel de cinéastes palestiniens pour le boycott du Festival international du film de Locarno, en Suisse, répondent à un article paru dans un quotidien national qui les accuse de nourrir des velléités de «censure» et d’«autoritarisme». Les signataires considèrent un article paru dans ce quotidien comme une «attaque contre le boycott culturel d’Israël», reprochant à ce média de baser sa critique sur l’opinion d’un seul cinéaste anti-boycott, Yanis Koussim. Pour les initiateurs de la pétition, ce quotidien francophone fait preuve «clairement d’une intention diffamatoire» et «d’un procès en sorcellerie», dans la mesure, expliquent-ils, où il les accuse d’appeler à des «sanctions contre les réalisateurs» algériens qui ont pris part à ce festival dédié à l’Etat sioniste et au boycott duquel ont appelé 200 professionnels du cinéma, qui ont dénoncé la collaboration entre le festival et Israël. Les pétitionnaires accusent, par ailleurs, ce journal de «mépris» envers «la réaction courageuse et responsable des cinéastes tunisiens qui ont assumé leur responsabilité en boycottant le festival». Considérer que ces deniers seraient «victimes d’une certaine désinformation» est une «insulte à leur intelligence», s’insurgent les initiateurs de la pétition dans leur mise au point adressée à notre site. Ils expliquent que, contrairement à ce qu’affirme le journal en question, «qui justifie la participation algérienne en insistant sur l'impossibilité de le faire par exemple dans le Festival de Cannes», les initiateurs de la pétition «n’appellent pas au boycott des manifestations où sont présentes des productions d’Israël, mais de celles qui mettent à l’honneur cet Etat ou servent de tremplin à sa propagande» et que leur lettre «n'appelle à aucune sanction contre les cinéastes qui ont le droit de choisir leurs orientations politiques et esthétiques, mais demande à l’Etat de se démarquer de cette normalisation avec Israël». Pour rappel, des intellectuels algériens avaient adressé une lettre ouverte au ministre de la Culture suite à la participation de films de nationalité algérienne au Festival de Locarno, dans son édition de 2015, organisé en partenariat avec un organisme officiel israélien relevant du ministère des Affaires étrangères de ce pays. Ces intellectuels estiment, en effet, que la participation d'œuvres du cinéma algérien à cette édition «constitue un rapprochement inattendu et regrettable avec Israël, dans la mesure où il a été décidé de placer Israël au cœur de ce festival en lui donnant carte blanche, en coopération financière étroite avec le Fonds israélien du film». Pour eux, «ce financement du gouvernement israélien fait partie d'une stratégie visant à effacer l'impact négatif des tueries israéliennes contre les Palestiniens sur l'opinion publique internationale et éviter les sanctions et le boycott», considérant que le maintien des films algériens «constitue une normalisation ouverte et conquérante avec l’Etat d’Israël».
Sarah L.

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