Le ministère français de la Défense retire l’arrêté sur les opérations militaires incluant l’Algérie

Notre article sur l’arrêté du ministère français de la Défense, daté du 25 septembre dernier et publié dans le Journal officiel de la République française (JORF) du 1er octobre 2015 (n°0227), qui cite nommément l’Algérie parmi les douze pays concernés par le redéploiement de l’armée française dans le cadre de son opération militaire dans le Sahel, a suscité une prompte réaction de Paris. Le ministère de la Défense a, en effet, carrément annulé l’arrêté en question et publié une «communication spécifique sur ce sujet». Le ministère français de la Défense indique, s’agissant de la situation indemnitaire des militaires français en opération extérieure, qu’«en référence à l’arrêté du 25 09 2015, N° DEFH 142 604 8A, publié le 1er octobre, qui traite des dispositions du régime indemnitaire en vertu de l’art. L 4123-4 du code de la défense, les 3 ministres signataires ont décidé de retirer cet arrêté dont l’objet est exclusivement de régir la situation indemnitaire des militaires français mais qui était entaché d’une erreur matérielle en tant qu’il définissait son champ d’application géographique.» Le texte en question, qui vise à «garantir aux militaires participant à l'opération extérieure Barkhane, ainsi qu'à leurs ayants cause, le bénéfice de la couverture majorée des risques invalidité et décès», incluait l’Algérie parmi les pays dans lesquels ces militaires devaient intervenir, à savoir la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Niger, la Libye, le Tchad, le Nigeria, le Cameroun et la République centrafricaine. Les relations entre l’Algérie et la France, si elles ont connu une décrispation dans les domaines politique et économique, demeurent néanmoins délicates en matière de défense. Alger et Paris divergeant sur quasiment tous les dossiers internationaux, à commencer par ceux de la Libye et de la Syrie où la France intervient directement. L’Algérie s’en tient à sa position de principe qui récuse toute ingérence étrangère dans les affaires internes des Etats. Les frappes aériennes décidées par Paris au Mali, bien qu’elles n’aient pas été ouvertement critiquées par Alger, avaient, cependant, donné lieu à une polémique au sujet de l’ouverture de l’espace aérien algérien aux bombardiers français. Nous avions publié, à l’époque des faits, un plan montrant les avions de l’armée de l’air française contournant l’Algérie et traversant plutôt l’espace marocain. Il n’y avait eu aucune communication officielle sur ce sujet, contrairement à l’arrêté du 25 septembre dernier dont la divulgation semble avoir mis les autorités des deux pays mal à l’aise.
Karim Bouali

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