Le grand mufti d’Arabie Saoudite appelle les musulmans à s’allier avec Israël

Arabie Saoudite intifadha
Le grand mufti d’Arabie Saoudite, Abdelaziz Al-Cheïkh. D. R.

Le portail juif francophone rapportait, en citant une radio saoudienne, que le grand mufti d’Arabie Saoudite, Abdelaziz Al-Cheikh, a appelé les musulmans à s’allier avec Israël pour combattre le Hamas et le Hezbollah. Cela paraît incroyable, mais il aurait affirmé qu’il était «interdit pour un musulman de s’en prendre à l’armée israélienne» qui, selon lui, «protège la mosquée Al-Aqsa», ajoutant qu’il était aussi «interdit, d’un point de vue religieux, de combattre l’Etat d’Israël qui peut être un allié précieux dans la guerre contre les chiites». Le mufti aurait qualifié Hamas et le Hezbollah d’«organisations terroristes» et demandé à «tous les musulmans qui manifestent contre les dernières violences commises par l’armée israélienne sur l’esplanade des Mosquées d’arrêter leur chahut inutile et contreproductif». La même source a indiqué que l’imam saoudien a étayé son appel sur un avis du théologien Ibn Taymiyya émis au XIIIe siècle.

Par ailleurs, selon le journal israélien Haaretz cité par le média arabe Ray Al-Youm, les dirigeants des pays arabes du Golfe craignent qu’une nouvelle intifadha palestinienne s’étende à leurs territoires dans une sorte de «printemps arabe». C’est Zvi Bar’el, journaliste israélien spécialisé des questions arabes de ce journal, qui l’affirme à partir d’un communiqué de la cour royale saoudienne faisant état d’entretiens du roi Salmane avec quelques dirigeants du monde qui ont abouti à la réouverture de la mosquée Al-Aqsa.

Le journaliste n’exclut pas que des contacts préalables sur cette question ont eu lieu avec les dirigeants israéliens. D’après lui, les dirigeants arabes concernés veulent éviter que la crise s’éternise avec son lot de manifestations de protestations dans les pays arabes et musulmans, ce qui pourrait produire un «printemps arabe» inattendu et désastreux pour eux.

Pour Zvi Bar’el, ce qu’il y a de nouveau, c’est que l’intifadha ne constitue plus un danger uniquement pour l’entité sioniste, mais est perçue comme un risque, y compris par de nombreux dirigeants arabes, inquiets parce que les soulèvements, comme le prouve le «printemps arabe» au début de cette décennie, ont une dimension contagieuse. Il estime que le soulèvement palestinien n’est plus seulement l’aspect local d’une lutte nationale contre l’occupation sioniste, mais qu’il peut mobiliser une énorme solidarité qui placerait les régimes arabes dans une confrontation violente avec le peuple.

Zvi Bar’el souligne que l’accent est mis sur deux éléments de la crise qui secoue Al-Qods : prévenir une crise mondiale qui pousserait à avoir recours aux Nations unies et mettre fin aux manifestations de solidarité avec les Palestiniens qui ont lieu dans les pays arabes et musulmans.

Les observateurs ont noté que la répression sauvage menée par les forces sionistes contre la population palestinienne au cours des deux dernières semaines a créé une grande émotion dans tout le monde arabe et risque de remettre en cause les liens d’Israël avec la Jordanie et les efforts actuels pour une alliance avec l’Arabie Saoudite.

Un autre média israélien, se basant sur un communiqué saoudien et citant le site saoudien Al-Arabiya, fait savoir que le roi d’Arabie Saoudite, Salmane ben Abdelaziz Al-Saoud, a affirmé avoir demandé au président américain Donald Trump de s’assurer que les musulmans puissent prier librement dans la mosquée Al-Aqsa, à Al-Qods. Il a également demandé à Trump de s’assurer de l’abolition des restrictions sur l’accès à la mosquée Al-Aqsa. Les efforts de Salmane auraient payé et «contribué au retour de la stabilité, à la préservation de la dignité et de la sécurité des fidèles». Mais la situation reste tendue malgré le retrait des détecteurs de métaux et les autorités sionistes craignent de nouveaux affrontements lors des prières de vendredi, qui déclencheraient une nouvelle crise encore plus violente et sanglante.

Houari Achouri

Comment (65)

    Benarbi Lahcène
    9 août 2017 - 16 h 56 min

    Oh mon Dieu, quelles horribles têtes que l’on voit sur cette photo qui agrémente cet article de Houari Achouri ??? !!!

    Et dire que ce sont des têtes pareilles qui ont mis l’Egypte ou l’Algérie dans une attitude de « baisse main », d’agenouillement, de prosternation, de génuflexion et de courbure envers cette caste monarchique qui a injustement privatisé ,pour son compte personnel et familial , les lieux saints de l’islam ! Et dire qu’une bonne partie du mouvement national algérien pour l’indépendance de l’Algérie s’est mis à genou devant cette idéologie saoudienne au nom d’un soi-disant rêve d’une construction chimérique d’une Oumma islamya arabo-islamique, « revendication » au nom d’Allah alors qu’il n’est pas encore prouvé que Dieu lui-même l’ait véritablement recommandé ou exigé.

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