Mourad Zemali : «Plus de 1 000 milliards de dinars de microcrédits accordés jusqu’à fin 2017»

Mme Sana Attig : la microfinance enregistrait un encours de 87 milliards de dollars de crédits à travers le monde, avec une croissance de 13% en 2017
Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali. New Press

Plus de mille milliards de dinars de microcrédits ont été accordés par les banques publiques aux micro-entreprises depuis la mise en place des dispositifs de soutien de l’emploi des jeunes jusqu’à septembre 2017, a indiqué mardi à Alger le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali.

Sur l’ensemble de ces crédits bancaires, plus de 800 milliards DA (mds DA) ont été octroyés par les banques à 370 000 micro-entreprises créées dans le cadre du dispositif de l’Agence nationale de soutien de l’emploi des jeunes (Ansej), a précisé le ministre lors d’un atelier sur la microfinance organisé par l’Association des banques et établissements financiers (Abef) dans le cadre des ateliers Expofinances 2017, en marge de la Foire de la production algérienne.

En outre, 141 000 micro-entreprises, créées dans le cadre du dispositif de la Caisse nationale d’assurance-chômage (Cnac), ont bénéficié d’un montant global de 322 mds DA de microcrédits bancaires. Ces financements, qui ont ainsi profité à plus de 500 000 bénéficiaires, ont permis la création, depuis leur lancement jusqu’à fin septembre 2017, de plus de 1,2 million d’emplois, et ce, uniquement pour la phase du début d’activité.

Pour ce qui est de l’Agence nationale de gestion du microcrédit (Angem), elle a permis, à ce jour, l’octroi de 800 000 financements composés de 600 000 financements directs et de 200 000 financements triangulaires (Angem-banque-promoteur), a fait savoir son directeur des études et des systèmes d’information.

Dans le cadre de ces trois dispositifs, le financement bancaire peut atteindre 70% du coût du microprojet, auxquels d’ajoutent 29% au titre de l’aide de l’Etat, alors que l’apport exigé du détenteur du projet n’excède pas 1%. Rappelant les différentes améliorations et facilitations introduites dans ces dispositifs durant ces dernières années jusqu’à la dernière mesure portant sur le rééchelonnement des crédits détenus par ces promoteurs avec l’effacement des intérêts ainsi que les pénalités de retard, M. Zemali à mis l’accent sur le rôle de la microfinance dans le développement local.

Les 500 000 micro-entreprises créées sont réparties à travers toutes les wilayas du pays, a indiqué le ministre, qui a tenu à saluer l’engagement des banques dans l’accompagnement, en amont et en aval, de ces dispositifs. Dans une déclaration à la presse en marge de cet atelier, M. Zemali a souligné que des mesures de la loi de finances pour 2018 confirment, une fois encore, la volonté de l’Etat à soutenir davantage la création de micro-entreprises. Par ailleurs, il a fait état d’une amélioration sensible du niveau de remboursement des microcrédits, qui s’est situé à un taux de 70% en 2017, contre une moyenne de 50% durant les dernières années.

En ce qui concerne l’impact de la dernière mesure relative à la suspension de l’importation d’un millier de produits, il a considéré que ce dispositif contribuera à la protection de la production nationale et, donc, des entreprises et de l’emploi. Questionné par l’APS sur la capacité de l’Etat à poursuivre, à moyen terme, l’effort social exprimé à travers les dispositifs de soutien de l’emploi sur fond de recul des recettes financières, il a affirmé qu’au contraire, ce sont là des dispositifs «idéaux» pour l’après-pétrole.

En effet, explique-t-il, ces dispositifs, en dépit du coût supporté par le Trésor pour bonifier les taux d’intérêts bancaires ou pour effacer les intérêts et les pénalités de retard, «développent l’esprit d’entreprenariat chez les jeunes et les encouragent à créer leur propre entreprises loin des recettes pétrolières».

Les microcrédits représentent 15% des crédits bancaires au secteur privé

De son côté, le président de l’Abef, Boualem Djebbar, a indiqué que les microcrédits représentent 15% de l’ensemble des crédits bancaires accordés au secteur privé en 2017. Il a aussi observé une baisse du nombre des microcrédits accordés durant 2017 par rapport aux années précédentes, et ce, du fait d’une meilleure coordination entre les banques et les agences concernées pour éviter de financer des activités saturées qui compromettent la solvabilité des jeunes emprunteurs.

Sur l’opération de rééchelonnement des microcrédits, il a avancé que les banques se penchaient sur le recensement des entreprises concernées qui devraient déposer leurs demandes de rééchelonnement avant le 30 juin 2018.

Intervenant lors de l’atelier, l’experte internationale en microfinance, Mme Sana Attig, a souligné que la microfinance enregistrait un encours de 87 milliards de dollars de crédits à travers le monde, avec une croissance de 13% en 2017, par rapport à 2016. Près de 60% des micro-emprunteurs se trouvent en Asie, a-t-elle fait savoir, en soulignant que l’expérience montre que les femmes sont les meilleurs payeurs et détiennent plus de 80% du portefeuille des microcrédits à travers le monde.

R. E.

Commentaires

    Zaatar
    27 décembre 2017 - 10 h 21 min

    1000 milliards de dinars jetés par la fenêtre. Tout le monde sait ce qu’il advient de ces micro entreprises. ça ferme boutique (lorsque l’argent du prêt n’est pas détourné à d’autres fins) quasi une année après. Les emplois créés sont automatiquement détruits l’année d’après. En général, les bénéficiaires de ce type de crédit saisissent l’occasion pour s’acheter un appartement ou une belle voiture… le reste ils s’en tapent le coquillard. Et cela tous nos responsables le savent, et c’est une des actions qu’ils entretiennent pour s’éviter des émeutes et autres soulèvements.




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