Emeutes à Sidi Bouzid : vers une autre explosion sociale en Tunisie ?

Marzouki tunisienne
Janvier 2018. Echauffourées à Tunis entre manifestants et la police suite à une hausse des prix. D. R.

Par R. Mahmoudi – L’ex-président de la République tunisienne, Moncef Marzouki, a mis en garde contre des explosions «incontrôlables» dans son pays à cause d’une situation économique endémique qui se caractérise par l’accroissement du chômage et l’érosion du pouvoir d’achat des Tunisiens.

Au même moment, la ville emblématique de Sidi Bouzid renoue avec les émeutes. Selon des sources médiatiques tunisiennes et arabes, les affrontements entre les manifestants réclamant une distribution équitable des ressources hydriques et les forces de l’ordre ont fait des centaines de blessés dans la journée de lundi. Toutes les écoles étaient restées fermées, alors que les autorités semblaient impuissantes devant l’ampleur de la contestation, faisant craindre un nouveau cycle d’émeutes qui risque d’atteindre d’autres régions marginalisées du pays.

Intervenant sur une chaîne de télévision égyptienne, Marzouki affirme que son premier souci maintenant est que la Tunisie se maintienne dans «le système démocratique», en dépit de toutes les difficultés économiques qui hypothèquent son avenir. A une année de la prochaine présidentielle, il n’a pas encore tranché sur sa décision de s’y présenter ou pas, mais espère qu’«une nouvelle équipe» viendra «remettre la Tunisie sur les rails».

Pense-t-il à ses alliés du mouvement Ennahda ? Leur porte-étendard, Rached Ghannouchi, grisé par la victoire de son mouvement aux dernières élections municipales, ne cache plus son désir de revenir aux commandes, après les défaites successives de son mouvement aux dernières élections présidentielle et législatives. Lors de la campagne électorale, il avait promis de reprendre le pouvoir «par la base».

Prônant la conciliation avec le parti majoritaire, Nidaa Tounes, du président Béji Caïd Essebsi, il n’en comptait pas moins sur l’usure du pouvoir et son affaiblissement sous les coups de boutoir de la crise économique qui étreint le pays et l’a mis, à plusieurs reprises, dans une situation de cessation de paiement, l’obligeant à s’endetter et à lier son sort aux injonctions des institutions financières internationales.

R. M.

Comment (4)

    Le Rifain
    15 mai 2018 - 14 h 05 min

    Cet article correspond plutot a la situation socio-economique qui prevaut actuellement au Maroc et qui est jugee par les experts de situation chaotique au risque d’emporter la famille allaouite.

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    صالح/ الجزائر
    15 mai 2018 - 5 h 49 min

    il ne faut pas oublier que cet opportuniste pseudofrère musulman etait Président de la république tunisienne de 2011 à 2014 .

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    Anonyme
    15 mai 2018 - 4 h 47 min

    Les tunisiens devraient s’atteler à combattre la violence qui a tendance a s’installer de plus en plus dans les moeurs tunisiennes .Dans un premier temps ils devraient interdire leur emissions de caméra caché ou plûtot de caméra de l’horreur qui terrorisent au lieu de faire rire.

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      Chadli
      15 mai 2018 - 14 h 09 min

      @Anonyme. Le plus important est que le peuple tunisien n’est pas traite comme une peuplade d’esclaves comme c’est le cas dans ton Maroc.

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