Comment les islamistes ont réussi à reconquérir le pouvoir en Tunisie

Tunisie islamistes
Rached Ghannouchi et Abdelfattah Mourou. D. R.

Par Saïd N. Les premiers résultats des élections législatives tunisiennes, qui ont eu lieu dimanche, ont donné le mouvement Ennahdha de Rached Ghanouchi en tête, talonné du parti de Nabil Karoui, l’outsider de l’élection présidentielle, toujours en prison.

«Ennahdha annonce, selon des résultats préliminaires, avoir remporté les élections», a déclaré le porte-parole du parti Imed Khemiri, lors d’un point presse au siège d’Ennahdha. Son rival, Qalb Tounes, lui aussi, assure avoir remporté le plus grand nombre de sièges. Plusieurs sources indiquent que le mouvement Ennahdha a raflé 40 sièges contre 30 pour Qalb Tounes. Les autres partis, à commencer par Nidaâ Tounes ou Tahya Tounes, semblent laminés.

Ce retour en force des islamistes par le truchement des législatives, après avoir été battus dès le premier tour de la présidentielle, qui a eu lieu le 15 septembre dernier, confirme la pertinence de la stratégie adoptée par ce parti, anciennement proche des Frères musulmans mais qui n’en garde pas moins ses relations avec les régimes de Doha et d’Ankara, principaux soutien de la confrérie.

Cette stratégie consistait à reconquérir le pouvoir par la base. D’où son intérêt précoce pour les élections locales, puis les législatives. Le choix de présenter un politique novice pour le représenter à la présidentielle, Abdelfattah Mourou, dénotait un manque d’intérêt avéré pour la magistrature suprême, dont les dirigeants d’Ennahdha savaient d’emblée qu’elle les aurait détournés de leur vrai projet, qui est celui d’étendre progressivement leur mainmise sur la société, et qu’elle les exposerait sans doute aux pressions internationales.

La première étape de cette stratégie avait été franchie lors des municipales d’avril 2018, raflées par Ennhadha suite à une campagne électorale très offensive. Au même moment, le leader du mouvement, Rached Ghanouchi, effectuait sa visite «historique» à Bruxelles où il avait été reçu en chef d’Etat par la haute représentante européenne aux Affaires étrangères et des Politiques de sécurité, Federica Mogherini.

Officiellement, le porte-parole de la Commission européenne avait justifié cette rencontre par «l’importance des relations tuniso-européennes» et aussi par l’intérêt qu’accorderait l’UE à «l’expérience démocratique tunisienne» mais des observateurs n’avaient pas manqué d’interpréter cette initiative comme un signe fort de la part de Bruxelles pour accepter, voire encourager, le retour d’Ennahdha au pouvoir en Tunisie.

S. N.

Comment (20)

    azul
    8 octobre 2019 - 6 h 36 min

    C’est toujours la démocratie, la liberté, la tolérance et la culture qui sont visées par les fanatiques islamistes qui trahissent leur dieu pour jeter sur la civilisation la haine qu’ils ont pour le progrès humain.

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    injil
    8 octobre 2019 - 6 h 32 min

    Tous ceux qui luttent aujourd’hui contre l’intégrisme seront demain les artisans de la démocratie, parce que celle-ci est la seule véritable alternative au programme islamiste.

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    Anonyme
    7 octobre 2019 - 18 h 45 min

    Allah Ghaleb, le cerveau des hommes politiques tunisiens est infesté par le syndrome émiratis.

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    Felfel Har
    7 octobre 2019 - 16 h 35 min

    Les Tunisiens devraient se méfier de cette Europe hypocrite qui vante « l’expérience démocratique tunisienne » et qui fait la partie belle à Ghannouchi, Agent très Spécial de Sa Majesté la reine d’Angleterre. L’appui de l’UE sonne comme le baiser de la mort que le capo de la mafia donne à quelqu’un pour lui signifier sa mort prochaine.
    Il faut se convaincre que l’Europe ne veut pas de pays du sud de la Méditerranée suffisamment forts et prospères au point de constituer une concurrence à ses entreprises. Celà explique la lune de miel entre l’UE et le Maroc, aussi docile que conciliant à l’égard des intérêts européens. Elle s’emploie alors à apporter son soutien à tout parti controversé, souvent anti-national (soumis à une chapelle étrangère) pour semer la zizanie au sein du pays.
    L’échec patent de l’UMA, dû aux manigances répétées du Maroc sur ordre de Paris et Bruxelles, procède de cette politique visant à empêcher les pays maghrébins, pourtant complémentaires dans beaucoup de domaines, de se constituer en puissance régionale refusant d’être le déversoir de leur camelote invendue ailleurs dans le monde. L’Europe s’est bien bâtie comme celà, n’est-ce pas? Pourquoi pas nous, Maghrébins, après avoir apuré le lourd passif et affirmé une volonté sincère de travailler exclusivement pour promouvoir nos intérêts communs?
    Il faut toujours se méfier de tout ennemi qui se met subitement à vous vanter, il cache souvent de mauvaises intentions.

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    Djazaïri
    7 octobre 2019 - 16 h 10 min

    Le prix Nobel de médecine vient d’être attribué à 3 chercheurs (2 américains et 1 britannique) et nous on discute encore de ces charlatans qui n’ont inventé qu’une chose: la haine de l’autre! Ils attendent après que les kouffars inventent et créent des médicaments pour les soigner!!

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      Hot dog
      7 octobre 2019 - 18 h 43 min

      La haine dès autres tu voulais dire des islamistes et dès separistes régionalistes,fehem Rohek, parceque lès autres aussi n’ont rien inventé sauf la haine.

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        Anonyme
        7 octobre 2019 - 20 h 57 min

        @Hot dog c’est suffisament clair. Je n’ai rien à ajouter.

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    Merzouk M
    7 octobre 2019 - 12 h 53 min

    40 sièges sur 210, ça fait à peine 18 % des suffrages exprimés, ou est la victoire des islamistes, le seul point positif pour eux réside dans la constitution tunisienne qui indique que le président de la république choisi celui qui arrive en tête des législatives comme chef du gouvernement, qui à son tour forme son gouvernement, ce dernier à un délai d’un mois pour former son équipe, dans le cas contraire, le président peut choisir une autre personnalité, est ce que le parti islamiste arrivera à former un gouvernement ? Les prochains jours nous le diront.

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    Hannibal
    7 octobre 2019 - 11 h 08 min

    des musulman en carton il applique rien de concret si vous arriver au pouvoir vous aller rétablir l’obtention de la nationalité tunisienne par filiation du père uniquement comme le dit l’islam ? je pense pas ! vous et des menteur
    manipulateur tenu par le Qatar donc par les americain

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    DYHIA-DZ
    7 octobre 2019 - 10 h 57 min

     »Cette stratégie consistait à reconquérir le pouvoir par la base. D’où son intérêt précoce pour les élections locales, puis les législatives. »

    C’est la même stratégie utilisée par le FIS dans les années 90.

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    Kahina-DZ
    7 octobre 2019 - 10 h 03 min

    C’est le jeu malsain d’une démocratie gérée par les maitres de la Tunisie…
    Pour démontrer que la Tunisie est démon-crate = on laisse passer les islamistes.
    Une démocratie qui fait fuir les tunisiens vers l’étranger ?

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    Moh
    7 octobre 2019 - 9 h 31 min

    Il n’ y rien a voir entre les islamistes Tunisiens, Turques, Marocains ou d’autres pays et les islamistes algériens traitres car les premiers sont des nationalistes qui défendent les intérêts de leurs pays pas comme les nôtres qui s’alignent sur eux par traitrises.et lâcheté je dirais la même chose des berbéristes qui défendent les Marocains du Rif qui forment pourtant une grande partie des colons au Sahara occidental.

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      Lyes Oukane
      7 octobre 2019 - 10 h 05 min

      @ Moh . un islamiste d’où qu’il soit reste un islamiste . Il n’y a pas de différence entre un islamiste Tunisien ,Belge ou Pakistanais . Ils suivent tous la même politique ,les même souteneurs ,les même buts .

      Le peuple tunisien vient ,encore une fois ,de se faire rouler dans la farine .

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        Moh
        8 octobre 2019 - 1 h 17 min

        Non mon cher ami, regarde Ordogan comment il se bat pour les intérêts de son pays comme un lion, regarde les islamistes Marocains comment il soutiennent leur pays dans la colonisation du Sahara occidental et les islamistes dits Algériens qui les soutiennent en dessous table.
        As tu entendu un jour un islamiste algérien dire dans un journal ou une radio qui soutient le peuple Sahraoui ? C’est la même chose pour les « démocrates » d’ailleurs, tous des traitres ils n’ont d’Algériens que la nationalité.

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          Lyes Oukane
          8 octobre 2019 - 9 h 55 min

          @ Moh . Erdogan se bat pour son pays !
          Non monsieur ,il se bat pour sa place .
          Ces trois dernières années il a fait emprisonné près de 170 journalistes et en a fait fuir autant .90% de la presse écrite télévisuelle ou radiophonique est sous ses ordres .

          il a fait emprisonné plus de 77.000 de ses compatriotes ,toujours en prison à l’heure actuelle .

          Il s’est fait construire un palais de 2000 chambres rien que pour lui .

          il a fait en sorte que la Turquie soit détestée ,sinon en guerre ,avec tous ses pays voisins.

          Aujourd’hui même ,il vient de finir d’amasser une formidable armada en Syrie pour faire le boulot que Trump lui a ordonné de faire à sa place .

          la livre turc a perdu plus de 40% de sa valeur .

          Les dernières élections dans son pays lui ont fait perdre Istanbul et Ankara . Il en a annulé les résultats !

          A côté notre Gaid passerait pour un enfant de cœur .
          Et c’est ce genre d’hommes qui te font saliver pour l’avenir de Dz …

          Désolé mais des dictateurs l’Algérie en a plus qu’assez . Si toi ils te font jouir ,moi ils me font vomir .

    Anonyme
    7 octobre 2019 - 8 h 38 min

    Comme on dit « Quand on jour avec la m…. Il ne faut pas s’étonner si on sent mauvais »!! On ne joue pas avec des gens qui promettent de vous éliminer à la fin de la partie. A nous de ne pas faire la même bêtise et d’écarter cette secte des fréros!!

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    ABOU NOUASS
    7 octobre 2019 - 8 h 03 min

    … des élections tunisiennes, ce n’est pas notre affaire !!!!!!

    Occupons nous de notre propre sort, c’est déjà suffisant et la Tunisie , ce n’est pas l’Algérie. Point barre.-

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      Lyes Oukane
      7 octobre 2019 - 12 h 53 min

      @ Abou Nouass . Si je caricature un chouia ton raisonnement ,on pourrait dire  » si la maison du voisin prend feu alors je ferme mes volets  » .
      La Tunisie est un pays frontalier du nôtre alors t’inquiète ce n’est pas ton affaire c’est l’affaire de l’Algérie et de nos voisins . Te voilà rassuré ?

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        azul
        7 octobre 2019 - 13 h 14 min

        @ lyes
        cher lyes tu réponds à Abounous,c’est comme si tu repondais à Anonyme,c’est la meme personne
        Anonyme, il joue avec 7 ou 8 pseudo
        cordialement

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          Lyes Oukane
          7 octobre 2019 - 13 h 29 min

          @ Azul .Bonjour , qu’il se déguise en Mary Poppins ou en Gargantua je ne le lâcherai pas . Merci pour ton aide et vive nous !

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