Par crainte de représailles islamistes : le film français L’Apôtre retiré des salles

Plusieurs projections du film français L’Apôtre, racontant la conversion au catholicisme d’un jeune musulman, ont été successivement annulées dans plusieurs villes françaises. Certaines à la demande de la préfecture de police, les autres après une décision de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) française adressée à la réalisatrice du long métrage le film, sorti le 1er octobre dernier à Paris et diffusé depuis dans plusieurs salles est depuis quelques jours interdit, en raison des attentats contre Charlie Hebdo et les réactions hostiles à travers le monde musulman suite à la sortie du dernier numéro du journal satirique avec une caricature du Prophète (QSSL). «Les annulations de la projection du film dans les salles de cinéma auraient été décidées pour éviter qu’elles ne soient perçues comme une provocation par la communauté musulmane en France et à travers les pays musulmans», estime la presse française qui s’est emparée de cette affaire depuis quelques jours relayant l’indignation de l’opinion publique française et les réactions qui s’enchaînent sur les réseaux sociaux. Les journaux citent notamment la réalisatrice du film, Cheyenne Carron, qui a estimé que son long métrage est «un film de paix». Selon elle, «le film est interdit par peur, et je le comprends parfaitement parce que ce qui s'est produit chez Charlie Hebdo, c'est terrifiant. Mais pour faire avancer les choses et faire se rencontrer chrétiens et musulmans, il faut être capable de prendre des risques». La réalisatrice souligne cependant qu'elle n'a «jamais osé aller vers un public musulman pour présenter le film». Pour sa part, la Fédération des associations familiales catholiques (AFC ) a indiqué, dans un communiqué rendu publié sur son site, qu’elle avait pris la décision de «reporter la projection de L’Apôtre», dans une des villes en France pour le diffuser «à un moment plus opportun, où la sérénité sera plus propice à l’écoute et au débat».
Quand la France cherche à se débarrasser des dépouilles de ses terroristes
La France adopte une attitude étrange par rapport aux dépouilles de ses citoyens qui ont commis des actes terroristes sur son propre sol. Pour ce qui est des frères Kouachi, il n’y a pas eu de tergiversations car le gouvernement français sait à cause du précédent Merah que l’Algérie n’acceptera pas d’enterrer les terroristes français, fussent-ils d’origine algérienne, sur ses terres. Les Français ont tout de même essayé de fourguer le cadavre criblé de balles d’Amedy Coulibaly au Mali qui a opposé une fin de non-recevoir à la dernière minute. En voulant se débarrasser de ces défunts encombrants, la France rejette la balle dans le camp de ces pays, les accusant implicitement d’être les pourvoyeurs de ces djihadistes qui ont pourtant été endoctrinés sur son sol après avoir grandi et évolué dans les banlieues françaises et fréquenté les écoles de la République. L’Hexagone veut ainsi mêler ces pays, dont l’Algérie, en se voilant la face, ne voulant pas reconnaître l’échec de sa politique d’intégration des émigrés dont les enfants de quatrième génération continuent à subir les contrecoups d’un confinement dans des ghettos insalubres. Aussi bien Chérif et Saïd Kouachi, qui ont été enterrés dans la plus grande discrétion respectivement à Gennevilliers, que Mohamed Merah qui avait, lui aussi, terrorisé les Français pendant plusieurs jours avant d’être neutralisé, ont évolué dans un environnement favorable à leur récupération par la nébuleuse intégriste terroriste. La nature ayant horreur du vide, les trois jeunes hommes dont les seuls «faits d’armes» étaient de petits délits de délinquants se sont vu offrir une occasion en or pour avoir leur quart d’heure de gloire, eux qui étaient traités comme les pires déchets de l’humanité dans leurs cités déshumanisées. Il s’agit donc d’un problème franco-français. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, avait jugé important, en marge de sa participation à la marche républicaine qui a eu lieu à Paris le 11 janvier dernier, de mettre les points sur les i. «Il est important de ne pas identifier les citoyens français par leurs origines», avait-t-il relevé sur les ondes de la chaîne française RFI. «Même quand on le fait de bonne foi, il s'agit souvent d'un premier pas vers des amalgames. Donc, il faut savoir raison garder et considérer que ces jeunes ont suivi un parcours psychologique comme tous les autres jeunes gens qui vivraient dans des conditions similaires dans la société française», avait-il signifié. Visiblement agacé par la tendance des médias français à identifier les terroristes par leurs origines, il a indiqué que «l'appartenance des parents ou grands-parents à l'Algérie n'a absolument pas à être invoquée». «Ces personnes-là n'ont pas été impliquées dans des activités terroristes en liaison avec le territoire algérien ou avec des groupes terroristes ayant opéré en Algérie dans le passé. Et ces personnes-là n'ont pas visité l'Algérie, ne sont pas gérées par le consulat d'Algérie et n'ont donc pas de liens avec l'Algérie», avait-t-il soutenu.
Meriem Sassi et Rafik Meddour
 

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