La grogne gagne de nouveaux secteurs

Le front social est de nouveau en ébullition. La contestation prend de l’ampleur et n’épargne pratiquement aucun secteur d’activité. La parenthèse électorale étant fermée, les Algériens, les travailleurs surtout, reviennent à leur réalité quotidienne faite d’innombrables problèmes qui ne trouvent toujours pas de solution. Le secteur le plus démonstratif reste celui de la santé. Les praticiens généralistes ont repris leur mouvement de grève illimitée au lendemain de l’annonce des résultats des législatives. L’impact de cette grève est perceptible au niveau des hôpitaux. Bien que le service minimum soit assuré, le manque de médecins pénalise les nombreux malades qui affluent vers les établissements de santé. A ce mouvement de protestation qui s’inscrit dans la durée, s’ajoute ceux des praticiens spécialistes et des psychologues qui ont, de leur côté, exprimé leur colère quant à l’absence d’un statut digne et de conditions de travail convenables. Le secteur de l’éducation, qui a connu de fortes perturbations tout au long de l’année scolaire, n’est pas en reste. Les syndicats des enseignants haussent le ton et menacent de boycotter la surveillance des examens de fin d’année. Habituellement peu enclins à la contestation sociale, les greffiers ont surpris tout le monde en engageant depuis plusieurs semaines un large mouvement de protestation au niveau national, fait de grèves cycliques et de sit-in réguliers. Soutenant leurs revendications relatives au statut et à la grille salariale, les avocats continuent de boycotter les audiences, paralysant partiellement le secteur de la justice. L’administration publique connaît également des poches de protestation dans plusieurs régions du pays. Les corps communs, sous la férule du Snapap, poursuivent leurs actions de revendication à travers des piquets de grève cycliques, menaçant de sortir dans la rue si le gouvernement continue d’ignorer leurs doléances. Le climat est aussi délétère dans le secteur économique où les travailleurs des entreprises publiques de l’agroalimentaire montent au créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’«injustice salariale» et réclament des augmentations aussi importantes que celles accordées aux fonctionnaires. Les jeunes du pré-emploi annoncent également leur retour sur le terrain de la contestation sociale. Le gouvernement, qu’il soit maintenu ou changé, aura dans les prochaines semaines du pain sur la planche.
Sonia B.

Commentaires

    krimo2012
    16 mai 2012 - 13 h 26 min

    Il y a une grave et profonde
    Il y a une grave et profonde injustice sociale qu’il faut réparer…sinon la protesta installera le pays dans un nouveau cycle d’instabilité




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