Création du parti de Ghoul ou la mort programmée du MSP

Hasard du calendrier ? Au moment où le ministre des Travaux publics, Amar Ghoul, était officiellement intronisé hier à la tête de son nouveau parti TAJ (Rassemblement de l’espoir de l’Algérie), consacrant définitivement son divorce avec l’ex-Hamas, ce dernier réunissait le matin même, dans une rencontre à Tipasa, ses cadres pour se pencher sur la lancinante question des dissensions internes et surtout des désertions qu’a connues le parti au cours de ces dernières années. Après Abdelmadjid Menasra qui a créé sa propre formation politique (Front du changement), c’est Amar Ghoul qui donne le coup de grâce au parti de Bouguerra Soltani, en le vidant de sa sève militante. Il faut dire que parmi les 350 membres du conseil national élus lors de ce congrès constitutif, il y a des anciens du MSP. Pas tous, bien entendu. Mais l’ossature est bel et bien constituée de la dissidence du MSP, un parti en perte de vitesse depuis la disparition de son père-fondateur Mahfoud Nahnah en 2003. Le coup semble ainsi presque fatal pour le MSP qui s’essouffle, malgré les nouvelles alliances avec El-Islah et Ennahda. «S’il ne réussit pas à s’imposer lors des élections locales, il risque d’être effacé de la scène politique», estiment les observateurs. Conscient, Bouguerra Soltani a dénoncé ce qu’il qualifie de «trahison» de certains (ex)-cadres du parti. Allusion faite à Amar Ghoul qui «représente par son aura et sa popularité une défection majeure» pour l’ex-Hamas. L’arrivée de ce nouveau parti sur la scène politique, qui connaît une inflation de nouvelles formations, ne sera pas sans conséquences sur la place et le poids du MSP, lequel œuvre pour trouver une voie de sortie à cette situation qui met en péril son avenir. Cela même si son président se veut plutôt rassurant, appelant les militants à mettre un terme «à la polémique sur les dissidences enregistrés ces derniers mois». Pour redorer son blason après une décennie de «soutien au chef de l’Etat», le MSP change de ton et de discours envers le gouvernement. Il cherche désormais une «bonne place» dans l’opposition dans l’espoir de reconquérir les nombreux militants perdus. A côté, Amar Ghoul montre la voie à ses militants en exprimant sans détours son soutien total au programme du président Bouteflika, aspirant à ce que son parti soit présent dans toutes les institutions de l'Etat et de ses instances élues et exécutives. Il explique, dans ce sillage, que TAJ est un «parti national unificateur et ouvert à toutes les composantes de la société algérienne, et œuvre à la mobilisation de toutes les forces vives islamiques, nationalistes et démocratiques pour une Algérie unifiée et prospère». Pour Ghoul, la création du nouveau parti a été dictée par le besoin de mettre en place «un nouvel espace politique unificateur, d'instaurer une concurrence politique loyale, d'intégrer le processus du changement pacifique et de contribuer à la prise en charge des préoccupations des citoyens». Ghoul peut déjà se targuer d’avoir mis à plat le MSP et contribué grandement à la dislocation d'une mouvance islamiste déjà en perte de vitesse.
Sonia B.

Comment (2)

    Maysar
    24 septembre 2012 - 20 h 58 min

    Au grand bonheur de Said
    Au grand bonheur de Said Bouteflika qui heritera du FLN pour les elections présidentielles de 2014!




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    Jamal
    23 septembre 2012 - 14 h 13 min

    Tout ca c’est du Khorti. Le
    Tout ca c’est du Khorti. Le peuple ne veut plus de Parti ni de barbus, il veut une baisse des prix des produits de première nécéssité, une augmentation de salaire, la suspension de l’exportation des dattes et poissons du pays. une certaine considération dans le recrutement, puisque les sans piston ne sont jamais recrutés ni avoir un jour un boulot ou une chance dans l’ANjEM et L’ANSEJ. Merci de garder vos partis pour vous FAKOU




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