Aux parents de la Tunisienne violée par des policiers

Je n’ai pas de mots. Ma chandelle est morte.
Je n’ai plus de feu.
Je regarde autour de moi hébétée de là où je suis.
Je suis hébétée et farouchement atteinte par votre malheur.
Savoir sa fille victime de viol c’est la pire des choses qui puisse nous arriver, nous les parents. L’horreur n’est pas dans ce que ce viol a pu engendrer de cassures et de douleur dans ses chairs et dans ses pensées, les vôtres aussi.

Je n’ai pas de mots. Ma chandelle est morte.
Je n’ai plus de feu.
Je regarde autour de moi hébétée de là où je suis.
Je suis hébétée et farouchement atteinte par votre malheur.
Savoir sa fille victime de viol c’est la pire des choses qui puisse nous arriver, nous les parents. L’horreur n’est pas dans ce que ce viol a pu engendrer de cassures et de douleur dans ses chairs et dans ses pensées, les vôtres aussi.
Envie de vomir la terre entière
L’horreur est dans ces regards complaisants dans le silence des voisins et des proches qui se taisent lorsque nous arrivons. L’horreur est dans ce tohu-bohu médiatique qui bourdonne qu’on aurait faire taire pour annihiler le moindre bruit comme si de rien n’était avec l’espoir de et si cela n’était pas vrai. Un cauchemar dont on va vite se réveiller. L’horreur est dans ce sentiment fort déflagrant de vouloir se cacher et mourir. L’horreur est dans ces langues fourbes, ces langues de bois ce porte parole à la con, cette député à la télé encore plus médiocre et puis tous ces gens que votre malheur n’atteindra jamais.
Moi aussi, autant que vous, j’ai envie de vomir la terre entière parce que votre fille qui, parce qu’elle a été au mauvais endroit et au mauvais moment, a été victime de cette tournante. Je suis pour vomir comme cette belle de la constituante qui a osé hurler et vomir.
La blottir, la bercer et lui dire que c’est fini
L’horreur n’a pas de nom ni de justificatif ni même de raison. Elle est faite de déraison et folie. Elle est méchanceté et animalerie. Pire encore, elle est dans cette main qui refuse de se poser sur les cheveux de votre belle gamine, de la prendre dans vos bras et la regarder dans les yeux et lui dire que vous êtes là encore plus forts que jamais encore plus fous d’elle qu’auparavant.
Pire encore : elle est dans ces bras, les vôtres, certainement qui hésitent, malheureux, de s’ouvrir pour la blottir et la bercer, lui dire que c’est fini, que vous êtes là et que vous prenez le relais.
L’horreur est non plus dans la tournante qu’elle a atrocement subie seulement mais dans vos mots qui n’arrivent pas à sortir pour lui dire que son flirt de nuit, sa becquette nocturne, sa position indécente comme ils se délectent à répéter les pervers, vous honorent, parce qu’ils font de vous les parents d’une fille belle et amoureuse qui croquait dans la vie à pleines dents.
La déchéance et la lâcheté empruntent aux cadavres jetés à même le sol leur puanteur et là c’est pire car le silence serait remonté en surface encore plus putride que jamais !
Lorsque la fille du drapeau a tenu tête courageusement à un illuminé étourdi, on en a fait une héroïne. La vôtre c’est encore plus brave, plus belle dans son geste même dans toutes ses positions qu’on lui a faites faire parce qu’elle a dit Non et a décidé de braver le monde entier et refuser le silence !
Certains cons répètent que l’affaire a été politisée, je m’en tape grave parce que se faire pénétrer de force est la pire des calamités des parjures et des insanités. Cela relève de perversité et de mauvaise foi mais tenons nous à la gamine, cette enfant de lumière : la vôtre qui a refusé le noir et la saleté du plus profond, et haut de ses vingt sept ans pour rester sa canne, sa béquille, celle de Moussa comme dirait les érudits, parce que des fois rien ne peut nous laver de ces parjures autant qu’une main qui se tend, un souffle frémissant dans nos cheveux, un mot doux, un regard qui consolide, des bras qui s’ouvrent encore plus vastes que le ciel parce que Dieu est miséricorde et amour!
Rendons à notre fille sa virginité, son innocence et sa foi en nous
Avant votre fille et quelques autres affaires qui ont piqué mon quotidien de salés et de larmes, j’étais moi aussi une femme lâche et une mère indigne certainement parce que je me prêtais bien à ce rôle de singe qui n’entend rien ne voit et ne dit rien.
Là, depuis cette dernière : votre fille qui rivalise au plus haut degré avec l’histoire du drapeau, je me baisse pour lui embrasser son front, le vôtre et vous dire merci d’avoir fait cette enfant! Je vous dis merci avec pleins d’autres éloges moi la femme, la mère, la dame des plus ordinaires, du plus profond de ma Tunisie primaire et profonde, je vous dis Merci parce que vous avez bien su l’éduquer pour qu’elle se soit choisie ce bon garçon, son flirt ou son ami qui, lui, a des couilles d’hommes qui manquent à beaucoup de nos Tunisiens.
A lui aussi, je fais profil bas et je tire mon chapeau car c’est notre héros, c’est avec lui et sa fiancée que ma Tunisie reluira!
Nous sommes en transition et nous ignorons tout de cela et du savoir-faire. Nous ne savons pas faire surtout les vieux os, les «kdoms» qui comme moi ont été sevrés au lait de change de Bourguiba et surtout de Ben Ali, celui de la peur et de la lâcheté
Pour tout cela, j’exige non pas un procès pour notre fille de la patrie, car je suis sûre que la plupart de nos juges ne sont pas des ripoux et que ma Tunisie nouvelle va se relever tête haute digne et encore plus belle!
Alors, j’exige de vous et de moi, les parents de cette enfant, une droiture et un comportement exemplaire fait d’une immense tendresse et du plus fort et tonitruant des amours!
Sortons, nous les mamans, nos seins à nouveau pour leur donner un autre lait de change : celui du courage et du don de soi, de l’amour et encore de l’amour. Faisons abstraction de nos voisines à la con et du qu’on dira-t-on ! Nous sommes en train de construire, tous, hommes, femmes, pères et mères, de vrais hommes et femmes dignes d’une nation nouvelle qui a sacrifié plus de trois cents martyrs, ne l’oublions pas et plus de deux mille blessés. La gamine n’en est qu’une autre, Ben Ali et orphelins sont encore là, endeuillés mais toujours à l’actif.
Rendons à notre fille sa virginité, son innocence et surtout sa foi en nous. Ne la gardons plus captive de nos peurs et de nos tabous de nos peurs et de nos frustrations. Prouvons-lui, à elle et à nos martyrs, que leur sacrifice est le plus probant des sacrifices !
De grâce, partagez pour que ma bougre voix, ma lettre arrive aux suppliciés !
Dr Lilia Bouguira
 

Commentaires

    Anonyme
    6 octobre 2012 - 17 h 48 min

    Il fallait radier tout les
    Il fallait radier tout les policiers du système Ben Ali, ils ont été recrutés d’abord par favoritisme et se sont des truands du pouvoir de Ben Ali plus de 89 % ont des liens de parenté avec l’ancien système du dictateur Ben Ali. 11 % sont recommandés pâr X et Y de l’ancien système. Jusqu’à maintenant ils sont protégés par les fantômes du système. Les malheurs d’un pays dirigé par la dictature sont ses policiers.




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