Des personnalités signent une pétition contre la guerre en Syrie

Plusieurs personnalités qui se déclarent faire partie d’une «société civile internationale de plus en plus préoccupée par l’effusion de sang terrible du peuple syrien» ont lancé une «Initiative internationale visant à arrêter la guerre en Syrie – Oui à la démocratie, non à l’intervention étrangère !». Leur action est basée, écrivent-ils dans leur appel, «sur les résultats d’une mission de recherche d’éléments factuels que certains de nos collègues ont engagée à Beyrouth et à Damas en septembre 2012». Leur objectif est de préparer, pour le début de l’année 2013, une «délégation de personnalités de haut niveau ayant des renommées internationales pour se rendre en Syrie afin de discuter de la situation actuelle avec les principaux acteurs politiques et ouvrir la voie à une solution politique négociée du conflit armé en Syrie». Ce conflit, soulignent-ils, constitue une grave menace pour «la paix du monde et l’existence de la Syrie en tant que nation indépendante et souveraine». Ils souscrivent à une déclaration qui attire l’attention sur «la guerre qui se déroule en Syrie et qui noie son peuple dans le sang». Ils font remarquer que «le mouvement légitime, et au départ pacifique, du peuple syrien pour les droits démocratiques – à l’instar de leurs frères arabes – menace de dégénérer en une guerre civile sectaire avec une participation régionale et internationale massive». Ils expliquent qu’aucune partie ne peut gagner une telle guerre d’usure dans un proche avenir, «tant que la résistance des peuples syrien et arabe contre la domination occidentale et israélienne ainsi que contre les dictatures régionales est menacée et pourrait même éventuellement être détruite». Ils appellent à une solution politique car «c’est seulement de cette manière que le sectarisme religieux peut être freiné, que l’intervention étrangère peut être évitée et que le mouvement de masse démocratique pourra prévaloir».
Cette solution politique pour mettre fin à l’effusion de sang, ils en définissent les critères suivants :
1- Nous soutenons pleinement le début d’un processus politique qui devrait commencer par des négociations et un cessez-le-feu. Cela devrait aller de pair avec un processus de désescalade et la démilitarisation qui permettra au peuple syrien de recevoir l’aide dont il a un besoin urgent, et d’exprimer sa volonté pacifiquement, et par la suite dans les urnes.
2- Étant donné que toute solution doit être fondée sur la volonté souveraine du peuple syrien, nous rejetons catégoriquement toute forme d’intervention militaire, d’où qu’elle vienne.
3- Respecter le droit souverain à l’autodétermination implique le respect des droits démocratiques et sociaux de la grande majorité de la population. Par conséquent, aucune force politique majeure ne devrait être exclue a priori. Un règlement durable et pacifique du conflit doit être fondé sur un processus constitutionnel qui permette des élections libres, organisées par un gouvernement de transition à la suite des négociations.
4- Puisque le conflit a connu une instrumentalisation croissante des affiliations sectaires, ce qui entrave l’unification politique du peuple sur une base démocratique, nous soutenons toutes les initiatives et tendances au sein des forces politiques et militaires existantes qui défendent la tolérance interconfessionnelle, sur la base de droits égaux pour tous les citoyens.
Parmi les premiers signataires de cette déclaration : Samir Amin, (économiste d’origine égyptienne) Etienne Balibar (philosophe, France) Ernesto Cardenal (poète, Nicaragua), Manolis Glezos, résistant antinazi, Grèce), Annette Groth (députée, Allemagne), Margherita Hack (astrophysicienne, Italie), Eren Keskin, (militant des droits humains, Turquie), Paul Larudee, (co-fondateur du mouvement Free Gaza, USA), Gilberto López y Rivas (anthropologue social, Mexique), Mairead Maguire (prix Nobel de la Paix, Irlande du Nord), Niema Movassat (députée, Allemagne), Norman Paech (député, Allemagne), Ignacio Ramonet (directeur du Monde Diplomatique édition espagnole, France), Hans von Sponeck, diplomate des Nations unies à la retraite, Allemagne), Gianni Vattimo, philosophe, Italie).
R. I.

 

Commentaires

    Ragnard66
    28 août 2013 - 10 h 49 min

    Enfin une action réfléchie
    Enfin une action réfléchie !Criez le haut et fort non a la guerre surtout si elle ne sert a rien !
    Comment est t-il possible que les dirigeants de nos pays (sans commentaire sur l’incapable de l’élysée) avec leurs conseillers , qui n’en portent que le nom ,ne puissent pas comprendre que la colonisation est finie ! On ne fait pas la guerre a un pays qui est un état de droit pour un but quel qu’il soit ! Il faudra bien que les choses évoluent avant qu’une guerre mondiale ne nous tombe dessus , parce que des « crétins » qui ont le pouvoir fonctionnent a l’écoute des « lobis » (vous y mettrez ceux qui vous conviennent , ce n’est pas ce qui manque !).
    Nous sommes en 2013 et nos dirigeants sont de pire en pire.
    Je croise les doigts pour ce que nous allons laisser a nos enfants !




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