Piranhas d’avril

Par R. Mahmoudi – Soixante-douze postulants à la candidature pour l'élection présidentielle et la liste reste ouverte ! Cet engouement exceptionnel est la preuve, non pas d’une vitalité réelle de la classe politique algérienne, loin s’en faut, mais bien d’une dramatique banalisation de la fonction de premier magistrat de la nation. On a eu droit à un avant-goût de cette tendance à la dévalorisation de la «chose» politique lors des élections législatives de mai 2012, avec l’entrée massive de toutes sortes d’opportunistes et d’affairistes véreux et analphabètes, appâtés par les innombrables privilèges que leur conférait le statut de député et encouragés par la caste au pouvoir. Mais c’était encore à un stade moins visible et, disons-le, beaucoup moins sensible. Comment expliquer cette course enfiévrée de tous ces politiciens en herbe pour la magistrature suprême, alors que la majeure partie d’entre eux savent pertinemment qu’ils n’auront même pas les 60 000 signatures requises pour prendre réellement part à la course pour le poste de président de la République ? Certains diront que le règne finissant du président sortant et l’absence de challengers puissants dans cette drôle de bataille électorale qui s’annonce auraient attiré cet éventail de prédateurs. D’autres peuvent expliquer ce phénomène par le sempiternel appât de l’argent et des privilèges. Tout cela peut être vrai, mais on ne peut s’empêcher de constater qu’à ce stade, ce n’est plus seulement la «chose» politique qui est galvaudée dans notre pays, depuis ces dernières quatorze années, mais c’est toute l’Algérie qui est prise ainsi en otage par une caste de rentiers qui ne désespèrent pas de s’emparer de tous les espaces et de toutes les fonctions et ne s’encombrent d’aucun scrupule pour y parvenir.
R. M.

Comment (3)

    salim
    29 janvier 2014 - 8 h 00 min

    Aucun d’eux ne cherche
    Aucun d’eux ne cherche réellement à servir le pays. Chacun d’entre eux à un but à servir ou des maîtres à contenter. Beaucoup donnent l’impression de recevoir des ordres d’ailleurs. Comme le sont certains responsables de partis politiques et de députés.

    Pour la simple raison qu’ils n’ont présenté aucun programme.

    Et que la notion servir le pays et la nation, est révolue.

    Maintenant ils sont là comme des charognards pour se servir. Un matelas de plusieurs milliards de dollars tente même le diable.

    Aux citoyens de savoir pour qui voter. Et surtout que ces citoyens ne soient pas tentés par la tchipa pour acheter des voix. Et à ces mêmes citoyens, il faut leur dire, si vous succombez à cette tchipa et que plus tard la personne pour qui vous avez voté va magouiller, mordez vous les doigts.

    Car s’il y a bien quelqu’un qui a réellement un pouvoir entre ses mains, c’est le citoyen avec sa carte de vote. Seulement il faut savoir l’utiliser. Et que le scrutin se fasse dans la clarté.




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    Lemdigouti
    28 janvier 2014 - 18 h 17 min

    Ce n’est qu’une affaire de
    Ce n’est qu’une affaire de course vers le FLOUSS, vers la chakara débordante de millions de dinars…..le reste n’est que du cirque….un faire valoir pour le fameux « élu » des décideurs… que ce soit Bouteflika ou un autre.




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    Abou Stroff
    28 janvier 2014 - 9 h 33 min

    le contrôle de la
    le contrôle de la distribution de la rente est le seul et unique aiguillon qui fait trembler les popotins de nos « politiques ». en effet, tous nos augustes dirigeants, anciens, actuels et futurs, n’ont qu’un seul et unique objectif: contrôler la rente et jouir de ses bienfaits: moralité de l’histoire: ce n’est pas notre bienaimé fakhamatouhou national qui pose problème en ayant réduit l’algérie et les algériens à un immense tube digestif qui mange et se soulage en creusant sa propre tombe (dès que les ressources d’hydrocarbures auront été épuisées, les algériens seront aussi nus, dénudés et dénués qu’un ver de terre en plein soleil). non! c’est le système basé sur la distribution de la rente qui annihile tout effort et toute motivation à sortir de l’état léthargique dans lequel baignent les algériens. re-moralité de l’histoire: le système basé sur la distribution de la rente peut il générer son (ou ses) propres fossoyeurs ou doit on attendre que nos ressources en hydrocarbures s’épuisent pour découvrir, ahuris, que nous ne sommes rien et que nous nous dirigeons vers un statut de moins que rien?




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