La course à la quantité

Par Karim Bouali – La question du logement empoisonne l’existence d’un grand nombre d’Algériens, en particulier la proportion non négligeable de gens qui habitent encore dans des bidonvilles, appelés habitat précaire par euphémisme, dans une situation dramatique qui frôle parfois la catastrophe, et auxquels s’ajoutent les demandes légitimes induites par l’accroissement démographique. L’Etat s’est fait une obligation de s’en occuper, pratiquement seul. Les investissements publics dans la construction de logements, lancés par millions d’unités et sous le sceau du programme présidentiel, partent, de toute évidence, de paramètres politiques avant de répondre au besoin social pressant. C’est ce qui explique, sans doute, que l'Etat continue à s’en mêler. Mais les choix des gouvernements successifs ont été catastrophiques : cités dortoirs hideuses, anarchie totale, bidonvilles toujours existants cinquante ans après l’indépendance, atteintes à l'environnement, constructions dangereuses dans des zones non adéquates – lits d'oueds, terrains marécageux, tours dans des zones aéroportuaires, etc. Evidemment, les populations ne participent pas au processus de construction d’habitations. En outre, les délais de réalisation draconiens, imposés par l’impératif politique, et la course à la quantité, se répercutent sur la qualité des logements construits et livrés, qui est souvent médiocre. Qu’attend-on pour corriger cette démarche qui a prouvé que l’Etat a lamentablement échoué face à la crise du logement ? Il faut abolir le «Tout-Etat» dans la gestion de cette question. Il faut que l'Etat laisse «ses» banques faire le travail qui est le leur : réhabiliter le crédit sérieusement, dans un cadre privé organisé (promoteurs immobiliers publics et privés) comme font nos voisins qui nous devancent de loin dans la politique du logement, ne serait-ce que sur le plan esthétique. Bref, faire du logement «social» une exception et non pas la règle.
K. B.
 

Comment (5)

    Etat de droit
    31 janvier 2014 - 21 h 28 min

    L’Algérie est malheureusement
    L’Algérie est malheureusement l’un des rares pays au monde, sinon le seul où, à peine une nouvelle cité d’habitation inaugurée en grande pompe par les pouvoirs publics, on la qualifie d’ores et déjà, non sans raison, de néo-bidonville. Nous avons tellement désappris -et de façon fulgurante- dans ce domaine que je me demande si, durant les années 1970, quand les logements réceptionnés étaient encore quelque peu vivables,nous n’étions pas carrément sur une autre planète.




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    Anonyme
    31 janvier 2014 - 20 h 50 min

    il s’agit du logement
    il s’agit du logement « politique » comme de l’emploi social « politique » : c’est un programme quinquennal pour chaque mandat: qualité, coût délai et autre ne font pas partie du programme ; l’affectation est destinée à ceux qui soutiennent le « distributeur  » et le premier groupe social ;qui a dit que c’est du logement social? si c’était le cas ,comment expliquer que des familles dans la rue pour des raisons évidentes ne soient pas immédiatement logées?




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    Nasser
    31 janvier 2014 - 16 h 18 min

    Ces choses n’arriveraient
    Ces choses n’arriveraient jamais sans la funeste rente pétrolière – cause et couverture de tous les maux – où tous cherche, à qui mieux mieux, à accaparer une part du ‘gâteau’ sans effort et sans mérite.
    Je crois que l’on ne s’en sortira jamais avec ce système ; même dans un siècle ! ! Dès que l’on est sur le point de venir à bout d’une force ou un lobby qui n’a fait que saigner le pays, on en invente d’autres. L’astuce est de les distinguer du reste du peuple, par les privilèges, par des « passes droits » et autres « laisser-passer». Carte de moudjahid, carte de fils de chahid, carte de fils de moudjahid, tous regroupés dans le lobby « famille révolutionnaire », carte militaire, carte de fonctionnaire, carte et cartes ; à la nausée. Toutes renferment des privilèges que ne peuvent avoir les simples citoyens qui représentent 95% de la population. Ces cartes qui ouvrent droit à des privilèges ne se limitent plus à la « profession », mais à tout : de la priorité au terrain à bâtir, au logement, à la voiture, à l’emploi, aux réductions sur tout, aux prêts bonifiés ou non remboursables, à griller les queues, aux stationnements interdits, etc. etc…
    La cupidité a pervertie les consciences et la morale. En effet, l’argent peut corrompre les meilleures consciences. Le danger viendra de là !
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    « L’argent, ah ! Fléau des humains ! » (Sophocle) ; « Argent : cause de tout le mal. » (Gustave Flaubert) ; « L’argent apaise tout et l’argent tout efface. » (Paul Scarron)
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    MAIS aussi :
    « L’argent peut acheter une maison, un lit, une horloge, un livre, une position, du sexe, mais pas un foyer, le sommeil, le temps, la connaissance, le respect, l’amour ! (Proverbe Chinois).
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    * Des entrepreneurs en construction de logements ont vendu des appartements sur plan (cash). Une fois terminés (2 ans plus), ils ont exigés un supplément que ne pourront jamais débourser la plupart des clients. Résultats ces derniers se sont désistés (après les multiples plaintes sans résultats). Ils n’ont pu que se faire rembourser. C’était une minable astuce des entrepreneurs. Ils onta « travaillés gratuitement » avec l’argent de ces clients argent pour éviter les prêts bancaires couteux ; puis ont vendu cees appartements le… double de leur prix initial……




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    zyriab
    31 janvier 2014 - 16 h 11 min

    Le choix fait par le peuple
    Le choix fait par le peuple Algérien est le choix d’un état social. Personne en Algérie ne voudrait tomber dans les pratiques de certain pays qui ont menés ces pays à des crises économiques de très grandes ampleurs telles que la cris de 2008/ aux USA et celle de la bulle en Espagne .même si certains arguments semblent réels leur usage mène à des impasses d’analyse et surtout à des incohérences .Il est vrai que l’Algérien dans son égoïsme ne se veut du bien que pour lui même les autres doivent attendre .Une presse un peu plus responsable et surtout un peu plus compréhensive aurait du mener campagne à expliquer aux citoyens que les programmes de construction en cours permettront à tout un chacun en attendant son tour obtenir un logement décent et selon ses besoins .Ce que nous voyons c’est une presse menant tambour battant des campagnes de pression sur les pouvoirs publics à réaliser et non à améliorer ces réalisations. La valorisation des métiers du BTP aurait permis un recrutement de jeunes et permis d’améliorer les délais de réalisation




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    00213
    31 janvier 2014 - 15 h 31 min

    Politique de l’urgence fait
    Politique de l’urgence fait de bric et de broc afin de colmater la colère populaire tout en rafistolant l’état déliquescent de notre pays.
    Si ce gouvernement pense vraiment que la construction de logements en masse est compliquée, et bien il risque d’être encore plus perdu face à la réhabilitation de ces mêmes logements qui va couter encore plus cher et sera beaucoup plus complexe à mettre en place.
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    Des cités de plusieurs milliers d’appartements sans un seul parking souterrain !
    Des terrains vagues qui font office de parc !
    Des parois qui n’ont aucune isolation thermique et qui multiplient les consommation d’énergie par 3 !
    Des blocs enchevêtrés qui deviendront sans nul doute la forteresse inébranlable des délinquants !
    Ils construisent sans prendre en considération que tous les algériens veulent la clim et la parabole et ne prévoient aucune installation pour !
    Des réservoirs d’eau sur des balcons qui menacent de s’effondrer sous le poids trop lourd !
    Des ascenseurs qui commencent à rythmer le quotidien des faits divers morbides !
    Une qualité de construction de très bas niveau !
    Des routes goudronnées à l’arrache et qui s’affaissent au premier camion !
    Des trottoirs où personnes ne marchent de peur de tomber dans un trou !
    Une vie sociale qui s’éteint avec le coucher du soleil et l’absence de candélabres en état de fonctionnement !
    Des façades qui me font penser aux cités de ceausescu et qui n’ont aucun cachet architectural local !
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    Le résultat quand on met les mauvaises personnes au bons postes !!
    Quant à cette idée de laisser faire les banques et les privés…
    L’algérien est un hagar quand il s’agit de gros sous, alors un peu de liberté, un chouiya de pouvoir et il écrasera ses concitoyens sans pitié.
    C’est pourquoi l’état doit continuer à réguler cette crise du logement en recrutant les compétences adéquates qui sont disponibles en masse sur le marché du travail mais qui n’ont souvent pas de piston.




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