Le bal des fantômes

Par Karim Bouali – Depuis que le clan présidentiel a décidé de faire se présenter le président malade pour un quatrième mandat, l’élection d’avril 2014 a pris une tournure qui la rend radicalement différente des précédentes – depuis 1999, particulièrement – sur deux éléments qui font l’essentiel d’un scrutin : les candidats et l’électorat. A candidat fantôme, électorat fantôme : en avril, il n'y aura pas d'électeurs, puisqu'il n'y aura pas de candidats, sinon un président sortant invalide et des adversaires partagés entre lièvres et outsiders sans aucune chance de remporter l'élection face à l'hydre de l'establishment que Bouteflika a construit pierre par pierre depuis qu'il a pris possession d'El-Mouradia, pour se préparer justement à cette dernière bataille gagnée, elle aussi, d'avance. L’opposition assiste impuissante à cette évolution, ou plutôt non-évolution de la situation, ne se manifestant que par un communiqué par-ci, une conférence de presse par-là, comme si c’était une façon de montrer, pour la forme et pour l’histoire, qu’elle est présente. Alors que la campagne électorale en faveur de Bouteflika est engagée depuis de longs mois, avec comme véhicules médiatiques les grands moyens publics et pour thèmes aussi bien les «réalisations» que les promesses qui touchent des centaines de milliers d’Algériens, nourrissant des illusions sur leur avenir, l’opposition semble se déclarer vaincue en considérant le «jeu fermé», adoptant une position défensive basée sur le seul argument électoral de la santé du président-candidat. Quant à l’électorat, accoutumé depuis des décennies aux élections «gagnées d’avance» par le ou les candidats du système, que savaient organiser le parti unique et tous ses satellites, il ne cherche pas la jonction avec cette opposition, et s’il s’abstient, il ne faudra pas croire qu’il a répondu à un quelconque appel.
K. B.
 

Comment (8)

    Nasrou
    27 février 2014 - 23 h 26 min

    Aucun président des pays
    Aucun président des pays occidentaux,n’a mis en avant les « réalisations » á des fins électoralistes,á part certains pays du tiers monde et en particulier l’Algérie.Depuis l’ère Boumedienne á nos jours,á l’approche d’élections,en vous sort ce qui devait se faire par celui auquel le peuple a donné pouvoir.Il nous les présentent en guise d’offrande,comme si on n’a pas le droit de lui demander des comptes.Les visites dites « d’inspection »ne sont comme chacun peut s’en rendre compte,que des moments de dire nous vous présentons vos droits,pour que vous votiez pour nous.Une sorte de « miroire aux allouettes ».Fikou Yanas..l’Algérie est votre pays et son président n’est autre que votre représentant que vous avez « commis aux affaires du pays ».Nous sommes tous égaux,devant Dieu et ses hommes.

    PS: Á l’époque de Benbella (bien qu’il n’ait pas régné longtemps) et de celle de Boumediènne,on faisait sortir les travailleurs (tous) et les écoliers en bas âges,qu’ont alignait sur le bord de la route en toutes saisons pour saluer « son excellence » et ce,tout le long de la journée,de l’arrivée jusqu’au départ,sans en avoir droit á un goûter ou une gorgée d’eau.Tout ca est préparé par les « lèches bottes » pour mesurer « l’applaudimètre »..Voilà l’Algérie…




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    Anonyme
    27 février 2014 - 20 h 18 min

    il faut faire comme si rien
    il faut faire comme si rien ne se passait ;candidat fantôme et électorat fantôme ;cela arrangera le clan pour avancer les résultats qui les arrangent ; après  » l’élection » ,on attendra le serment constitutionnel : sans ce serment ,il faut appliquer l’art 88 sans hésitation, l’inaptitude pouvant arriver à tout moment (âge, AVC, état général de santé,,,);
    les médecins algériens habilités doivent prendre leur responsabilité historique comme en Tunisie en 1987;




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    Anonyme
    27 février 2014 - 14 h 39 min

    le terrorisme islamiste est
    le terrorisme islamiste est devenu moins dangereux que la presence de ce clan au pouvoir!!!!




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    qu'importe
    27 février 2014 - 13 h 22 min

    En avril ni candidats ni
    En avril ni candidats ni électeurs ? Vous mettez en jeux votre crédibilité ! attendons , nous le constaterons en avril




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    MARTEAU - PIQUEUR
    27 février 2014 - 13 h 15 min

    Et dans la série le « Bal des
    Et dans la série le « Bal des Fantômes » , j’en ai une toute dernière pour la route : Désormai , chez nous , on ne devrait Plus donner l’appellation MINISTERE DU TOURISME , mais MINISTERE de l’HOTELLERIE. Pourquoi ? Parce que tout le monde le constate : les touristes sont….Fantomatiques!




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    sawt
    27 février 2014 - 11 h 20 min

    Abou stroff » : concis et
    Abou stroff » : concis et exact quant au passage ci-après extrait
    « seule explication possible est que tous ces partis ne sont en fait que des démembrements d’un seul et unique parti, la parti de la marabunta qui nous gouverne … »
    – même pas des démembrements ou satellites tout juste des leurres insignifiants et conjoncturels dans un espace limité !




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    lafarce
    27 février 2014 - 10 h 13 min

    PORTRAIT

    Houari Boumédiène

    PORTRAIT

    Houari Boumédiène

    Il a construit la première usine d aciérie de l’Algérie – et à quelques kilomètres de cette endroit, la mosquée la plus chère du monde. Il laissa électrifier les zones lointaine, d’introduire des machines modernes – et haut-parleurs pour les muezzins.

    Houari Boumédiène estimé la technologie des pays développés, mais pas leur idéologie, il la meme combattu. Il a fait du vendredi un dimanche, remplaca la langue d enseignement francaise par l’arabe. Il voulait effacer et chasser l heritage, – le patrimoine culturel de l’occident -, qui comprend aussi des soldats et des fonctionnaires, pas seulement en Algérie, mais également dans le tiers-monde. Il était devenu plein de contradictions.

    Boumedienne a avoué: «Je ne serai jamais un marxiste, parce que le marxisme provient de l’athéisme et donc il est mauvais: » Par contre, les armes pour son armée, il les achete de l’Union soviétique. Boumedienne a appelé les peuples du Tiers-Monde à la lutte contre le capitalisme et l’impérialisme. Mais le gaz de son pays, il le vendait au plus offrant., les sociétés américaines. Ainsi l Amérique dépassa la France et sont devenu principaux partenaires commerciaux de l’Algérie.

    Pour calmer sa conscience, Boumedienne recevait ses cammarades de gauche du monde entier et leur accordé refuge: les Black Panthers des États-Unis, les soldats de l’Armée rouge japonaise, les guérillas des îles Canaries et le légendaire groupe terroriste Carlos avec l’Allemand Hans Joachim Klein.

    Boumédiène, né en 1927 sous le nom Mohammed Ben Brahim Boucharuba, a aussi fuit les dirigeants de son pays de son epoque. Il a alors combattu en tant que membre du mouvement de libération FLN algérien contre les colonialistes français. Ses idées du nouvel ordre ont été marquées par sa première éducation dans les écoles coraniques et de l’Université islamique Al-Azhar au Caire: Boumedienne a vu dans l’islam l’alternative à l’ordre du monde occidental.

    Quand l’Algérie est devenue indépendante en 1962, le président Ben Bella nomma son ancien camarade au poste de ministre de la Défense. Boumédiène l etoile montante, fesait tout de meme le jeûné et la priére, comme il l avait appris en tant que fils d’un pauvre fermier. La vie joyeuse que menaient les citadins comme le président Ben Bella étaient décadente au yeux de Boumédiène car parfois ils (les citadins ) buvaient du vin et ne pouvait même pas parler correctement l’arabe.

    Boumedienne organisa le Putsch en 1965 contre son patron et banni Ben Bella dans une villa isolée, sa réputation était si grande que personne n a jamais essayer de libérer le détenue president Ben Bella pendant 13 ans. Pourtant la majorite des algériens ont adoré le démagogue de charme Ben Bella plus que le timide puritain Boumedienne. Le nouveau président a interdit pendant des années toute publication qui mentionne le nom de Ben Bella.

    En tant que président Boumedienne a progressivement gagné la confiance en soit meme. Il se maria en 1973. Le choc pétrolier après la Guerre du Jom-Kippur a fait de l Algerie soudainement un état riche et puissant. Les Algériens avaient en 1974 quatre fois plus d’argent pour leur petrole et possédait maintenant en plus une arme efficace contre les pays industrialisés. Boumedienne est entré à l’ONU en tant que porte-parole du Tiers Monde.

    Mais le boom en Algérie avait un inconvénient: les citoyens sont tombés dans une frénésie de consommation. Ils étaient plus intéressés par les téléviseurs et les voitures que pour les idéaux de la révolution, ils préfèrent courir dans le supermarché que dans la mosquée. Et la révolution agricole de Boumedienne a échoué parce que des centaines de milliers se sont entassés dans les villes.

    Dans ces villes, les anciens camarades de Boumedienne et de la guerre révolutionnaire ont former une nouvelle bourgeoisie qui se révèla incapable et corrompu. Les fonctionnaires et les commerçants sont devenus riches, mais les 50 entreprises de l’Etat qui detenaient le monopole de la production et de la distribution ont travaillées à perte. Ils ont gaspillé, la richesse de l’Algérie.

    L’ascète Boumedienne a du vivre et voir cette richesse pétrolière, – ce don de Dieu -, se transformer en cadeau empoisonné . Boumedienne est mort mercredi dernier à Alger.

    DER SPIEGEL 01.01.1979

    Tous droits réservés

    http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-40350830.html




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    Abou Stroff
    27 février 2014 - 9 h 43 min

    le bal des fantômes reflète
    le bal des fantômes reflète exactement la statique (par opposition à la dynamique des sociétés humaines en mouvement) de la société algérienne. en effet, dans une formation sociale qui se reproduit grâce à la distribution de la rente par une marabunta qui considère l’Algérie et les algériens comme sa propriété privée, le mouvement est nécessairement absent. car, le mouvement d’une société est le produit du travail qui transforme l’homme en transformant la nature. or, le cas algérien (et le cas de toutes les sociétés rentières) est que la société algérienne vit grâce au travail des autres, lequel travail transparait dans la rente pétrolière qu’accapare la marabunta qui nous gouverne et qu’elle distribue, en partie, pour acheter la « paix sociale ». en d’autres termes, nous vivons grâce au travail des autres et parce que nous vivons grâce au travail des autres, nous n’avons ni passé, ni présent et sommes, par conséquent incapables de comprendre que nous avons un avenir. moralité de l’histoire: en algérie, il n’y a ni partis, ni classes sociales différenciées, il y a une mangeoire que contrôle la marabunta qui nous gouverne et toutes les formes de luttes se ramènent à un positionnement (le plus près possible de la mangeoire) par rapport à la mangeoire. le reste, tout le reste n’est que du cinéma pour attardés mentaux.
    PS: comment expliquer que des présidents de partis (benyounès, ghoul, bensalah, chalabia mahjoubi, etc…) qui sont supposés agir en vue de prendre le pouvoir et réaliser un projet de société, se mettent au service d’un président de parti qui est supposé être leur compétiteur? la seule explication possible est que tous ces partis ne sont en fait que des démembrements d’un seul et unique parti, la parti de la marabunta qui nous gouverne.




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