La chose et son contraire

Par Kamel Moulfi – Dans sa fuite en avant, le pouvoir continue à faire cavalier seul, laissant toute l’initiative à ses quelques laudateurs et ignorant le reste, la population n’étant associée à rien. La phase active du «processus» de révision constitutionnelle, celle des consultations, annoncée pour la première semaine de juin, sera boycottée par l’opposition plus largement que ne l’a été l’élection présidentielle, ce qui laisse penser, dès maintenant, que le texte qui en sortira pour être voté par le Parlement ou approuvé en référendum, censé être «consensuel», sera plutôt unilatéral et souffrira, dès le début, d’un déficit incontestable de représentativité. D’ailleurs, quelle crédibilité peut avoir cette démarche quand on sait que ceux qui avaient fait campagne en 2008, avec des arguments «tirés par les cheveux», pour un nombre de mandats présidentiels illimité, vont s’évertuer à convaincre du contraire, avec les arguments opposés ? Au plan politique, le pouvoir n’a pas encore réussi à sortir de l’impasse. L’invitation adressée par Ahmed Ouyahia aux anciens du FIS pour les associer aux consultations – eux qui clamaient haut et fort «la mithak la doustour» (ni charte ni Constitution) et qui n’ont jamais changé d’avis – sonne faux. Mais ce qui compte aux yeux du pouvoir, c’est la diversion qu’il veut créer par une telle compromission, pour éluder les vrais problèmes sur lesquels les Algériens ont les yeux rivés et pour lesquels ils attendent d’en haut un frémissement qui ne viendra pas. Car, dans les faits, c’est le statu quo : le même arbitraire fait office de gouvernance, aucun contrôle ni contre-pouvoir ne sont admis. Et, surtout, les cas avérés de corruption auraient été étouffés et relégués aux oubliettes s’il n’y avait pas les médias pour les maintenir dans l’actualité brûlante, en rappelant systématiquement les noms de ceux qui sont impliqués dans la rapine, les sommes qu’ils ont transférées et les biens qu’ils ont acquis à l’étranger.
K. M.

Comment (6)

    boujongo
    31 mai 2014 - 11 h 01 min

    Le tamis
    Le tamis constitutionnel
    Comme lui il serait issu du peuple, comme lui il s’est fait à la force du poignet, comme lui il a grandi dans l’ombre des services du pouvoir sachant à la fois récolter les bonnes informations et donc juger minutieusement les rapports de force, comme lui il a été appelé par le pouvoir en place à gérer la grande muette.




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    DZ
    31 mai 2014 - 7 h 33 min

    @Zyriab, Bizzare, l’article
    @Zyriab, Bizzare, l’article est plutôt factuel et pertinent à souhait. Vos statistiques ne représentent en rien le peuple Algérien, et vous faites preuve d’une myopie bien volontaire pour faire abstraction sur « la diversion » que l’article met en évidence. Il est clair vous ne faites pas partie de ceux qui veulent des solutions « aux vrais problèmes sur lesquels les Algériens ont les yeux rivés et pour lesquels ils attendent d’en haut un frémissement qui ne viendra pas ». Vous supportez « le statu quo : le même arbitraire fait office de gouvernance, aucun contrôle ni contre-pouvoir ne sont admis ». Et bien entendu, vous n’avez que faire des « cas avérés de corruption étouffés et relégués aux oubliettes, de deux qui sont impliqués dans la rapine, des sommes qu’ils ont transférées et les biens qu’ils ont acquis à l’étranger ».




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    mellah hocine
    30 mai 2014 - 22 h 22 min

    Comme cette pubilicité qui
    Comme cette pubilicité qui annonce que « 100% des gagnants ont tenté leur chance ».
    C’est sur ce principe que Mr OUYAHIA tentera de faire passer son « texte ».
    De toutes les façons, ils ont toujours passé leurs lois, ils ont toujours organisé et gagné leurs élections, ils ont toujours mené leur poltique pour ce pays,ils ont toujours décidé pour ce ghachi (peuple), ils ont toujours mené ce ghachi vers LEUR démocratie, ils ont toujours crée des « partis poltiques » pour enfin les discréditer et les diviser ,si ceux-ci ne s’alignent pas.
    Ils nous ont toujours dit qu’ils nous ont ramené l’indépendance, alors POURQUOI voulez vous qu’ils consultent « le peuple » pour cette énième mascarade ?




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    constitutionnellement votre
    30 mai 2014 - 22 h 14 min

    @ Zyriab… Pensez vous que
    @ Zyriab… Pensez vous que 80% des partis politiques, 100%..??? d’universitaires, 100%..?? des associations de la société civile, 80% des personnalités qui ont dit oui représentent les 40 Millions de la polpulation algériennne ? … moi, je vous que c’est une minorité qui ne représente que… que du pipeau… du vent!




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    Abou Stroff
    30 mai 2014 - 14 h 00 min

    où est chakib khellil? ou est
    où est chakib khellil? ou est farid bedjaoui? quand verra t on ghoul (affaire totorote est-ouest) dans le parloir de serkadji? quelqu’un peut il répertorier les villas appartenant à des ministères ou à des institutions publiques qui se sont miraculeusement métamorphosées en biens privés des éléments de la marabunta qui nous gouverne? quant à la constitution, il suffit de faire une simple enquête dans les rues de n’importe quelle ville algérienne pour découvrir que l’algérien lambda se fiche royalement de la « constitution » et de ceux qui veulent (encore une fois?) la triturer. l’algérien lambda est, malgré les apparences, super-rationnel. il a compris depuis longtemps qu’en algérie et au regard du système dominant, les « textes » répondent à des objectifs de court terme puisque ceux qui les produisent ne voient pas plus loin que le bout de leur…………………. queue. au fait, kouider el mali a t il remboursé tout le pognon qu’il a siphonné des ambassades du temps où il était ministe des ZAE?




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    Zyriab
    30 mai 2014 - 10 h 41 min

    (…) Je ne suis pas
    (…) Je ne suis pas d’accordavec cet article. 80% des partis politiques sollicités ont répondu par la positive 100 % des universitaires 100 % des associations de la Société civile participeront Quand aux personnalités politiques 80% ont dit OUI La Démocratie veut que la minorité doit accepter et se plier aux avis de la majorité Il est vrai que même en Occident aujourd’hui c’est le contraire qui est en train de se produire comme par exemple le rôle prépondérant des homosexuels sur l’immense majorité hétérosexuelle Alors auront nous le courage de redéfinir la « Démocratie selon nos propres critères notre propre démocratie et non telle que définie par l’occident. Il y a un débat de société dans notre pays au sein de notre société menons le en toute sérénité mais objectivement sans haine ni contrainte et surtout sans mensonge Apprenons à débattre et non à juste lancer des anathèmes des invectives et des injures




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