Réserves d’or de l’Algérie : hommage à Kaïd Ahmed

Selon le Conseil mondial de l'or, CMO, les réserves d'or de l'Algérie s'élèvent à 173,6 tonnes à la fin du mois de juin 2014, ce qui classe notre pays à la 24e place sur les 100 pays membres du CMO et au 3e rang parmi les pays arabes, après l'Arabie Saoudite et le Liban. C'est essentiellement grâce à Kaïd Ahmed, rahimahou Allah, ministre des Finances de 1965 à 1969, que le stock d'or de notre pays a été constitué. En effet, pour «punir» les Etats-Unis d’Amérique pour leur soutien à l’agression israélienne contre les pays arabes en juin 1967, ce ministre intègre et courageux avait ordonné, en 1968, au gouverneur de la Banque centrale d’Algérie de convertir en or tous les dollars américains que l’Algérie avait en sa possession, sur la base du principe de l’étalon-change or (35 dollars américains l’once d’or ), qui prévalait en vertu des accords de Bretton Woods. Ces réserves auraient été plus importantes si le fonds de solidarité (sandouk ettadamoun*), constitué au lendemain de l'indépendance de l'Algérie par les dons de bijoux divers émanant des Algériennes et Algériens, n'avait pas été détourné par qui nous savons tous. Ainsi, grâce au bon sens paysan du commandant Slimane (nom de guerre de Kaïd Ahmed), l’Algérie occupe aujourd'hui le rang honorable cité ci-dessus. En 1971, c'est-à-dire moins de trois années après cette décision heureuse, le président Richard Nixon avait aboli la convertibilité du dollar américain en or, car elle coûtait très cher à son pays. L’once d’or (28,35g) vaut aujourd’hui plus de 1 850 dollars américains. Ce n'est pas par hasard si l'un des vœux adressés régulièrement à Dieu par les femmes enceintes algériennes au sujet de l'enfant qui va naître est le suivant : «Je voudrais avoir un enfant chanceux même s'il ne fera pas de longues études.» «Aatihoula mzahar oualaou ma yakrach bezef.» A cause des vampires, cupides et obstinés, autoproclamés dirigeants de notre pays, l'Algérie a vécu, ces trois dernières décennies, des tragédies qui ont failli l'emporter. Elle a besoin d'urgence de nouveaux visages aussi rassurants et respectables que ceux de Si Slimane et de ses semblables afin de transcender ces temps de régression et de corruption généralisées. Sinon, après avoir pillé les ressources naturelles non renouvelables de notre pays, dilapidé ses réserves en devises pour acheter une paix sociale improbable, ces prédateurs vont brader les bijoux de la famille, avant de rentrer chez eux.
Rabah Toubal

*Un système, qui a commencé son long règne, au lendemain de l’indépendance, par le détournement, en 1962, du «Fonds de solidarité» constitué des bijoux de nos mères et des maigres économies de nos pères, ne pouvait que terminer par des affaires comme celle de Khalifa, qui constitue une autre main basse organisée sur les dépôts de centaines de milliers de petits épargnants et de dizaines d’organismes publics. Sans oublier les scandales comme ceux de la BRC, BCIA, BNA, etc. qui, comme les affaires du «Don chinois», d’«El Paso», des «26 milliards», de la Sonatrach et de l'autoroute Est-Ouest notamment, ont porté un préjudice considérable à l’image de l’Etat algérien et à sa crédibilité interne et extérieure, notamment vis-à-vis des investisseurs nationaux et étrangers désireux de s’implanter dans un pays qui offre pourtant des opportunités commerciales non négligeables.
 

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