Le journaliste mauritanien Ould Mohamed Salem : «Belmokhtar est bel et bien vivant»

«Belmokhtar est bel et bien vivant. Il peut encore mener des opérations n’importe où et n’importe quand», affirme le journaliste mauritanien Lemine Ould Mohamed Salem, auteur de Le Ben Laden du Sahara, sur les traces du jihadiste Mokhtar Belmokhtar, un ouvrage paru aux Editions de La Martinière, en France, le 16 octobre dernier. «Mais Belmokhtar est borgne et porte un œil artificiel, ce qui le rend facilement identifiable. Or, les armées française et algérienne sont très massivement installées, de part et d’autre des frontières nord du Mali. Il est donc très peu probable qu’il demeure dans ces parages ou dans le désert algérien», assure le journaliste dans un entretien au journal électronique mauritanien Cridem, estimant, au passage, que le chef terroriste, qui a vingt ans de présence au Sahara, «aura trouvé refuge dans une zone où il dispose de protections assurées, probablement en Libye où ses amis jihadistes contrôlent d’importantes portions du pays». Le chef terroriste garde-t-il une capacité de nuisance, maintenant qu’il a disparu des radars ? «L’opération militaire française au nord du Mali l’a, sans aucun doute, affaibli. Mais la densité de son réseau, au Sahara et au Sahel, conjuguée à son expérience personnelle, me font dire qu’il peut toujours mener des opérations. Cela peut se passer n’importe où et n’importe quand», estime Lemine Ould Mohamed Salem qui a longtemps enquêté sur Belmokhtar. Interrogé sur les liens que Belmokhtar entretiendrait avec les groupes terroristes de l’Etat Islamique (Daech) ou le groupe nigérian Boko Haram, le journaliste mauritanien livre quelques informations sur les ramifications du groupe terroriste dans la région et au-delà. «Ses liens avec Boko Haram sont connus depuis très longtemps. J’ai moi-même vu des Nigérians parmi ses hommes basés, en 2012, dans la région de Gao, au Mali. Il a toujours été très proche des jihadistes nigérians. Quant à l’Etat Islamique en Syrie et en Irak, même s’il n’y a pas encore de preuves, on sait que Belmokhtar a toujours eu, dans son groupe, des éléments provenant de différents pays arabes, libyens, tunisiens, marocains, égyptiens et yéménites, notamment.» Ce qui l’amène à considérer qu’il est «donc vraisemblable» que Belmokhtar entretienne des relations avec cette structure. «Si celle-ci continue à gagner du terrain en Syrie et en Irak, je ne serai d’ailleurs pas surpris qu’il s’y rallie publiquement, au détriment d’Al-Qaïda dont il se considère toujours comme un des représentants en Afrique», indique-t-il.
Amine Sadek
 

Pas de commentaires! Soyez le premier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.