Le Conseil de Paris exige la reconnaissance des massacres de mai 45

Au fur et à mesure que la date du 70e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 approche, des voix s’élèvent pour exiger de l’Etat français sa reconnaissance de ces crimes abominables. Ainsi, le Conseil de Paris interpelle le président François Hollande et demande à ce que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité totale dans ces massacres qui ont ébranlé et marqué l’humanité qui venait de sortir d’une terrible guerre mondiale. «La Ville sollicite le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants et à la Mémoire, et le président de la République pour la reconnaissance par l'Etat des massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, et l'ouverture de toutes les archives relatives à ces terribles événements», a annoncé à l'AFP l’initiatrice de cet appel, la conseillère de Paris (Parti de gauche), Danielle Simonnet. Pour le Conseil de Paris, les massacres, qui virent l'Etat français réprimer dans le sang des manifestations indépendantistes, restent l'une des pages les plus noires de l'Algérie française. «Le nombre de victimes fait encore débat soixante-dix ans après les faits. Le gouvernement algérien avance le nombre de 45 000 morts, et les travaux de la très grande majorité des historiens français attestent d'un bilan de dizaines de milliers de victimes arrêtées, torturées et exécutées sommairement», est-il indiqué dans ce vœu, transmis au président Hollande, duquel est attendu un geste fort pour tourner cette douloureuse page de l’histoire algéro-française. Cet appel intervient quelques jours seulement après l’annonce de la présence à la cérémonie de commémoration des massacres du 8 mai 1945 à Sétif du secrétaire d’Etat français aux Anciens combattants et à la Mémoire, Jean-Marc Todeschini. Ce dernier effectuera un «voyage mémoriel» du 19 au 21 avril à Sétif, au nord-est, puis Mers El-Kébir à l’ouest et Alger, a indiqué son cabinet à l’AFP. «Le message du gouvernement sera : aucune mémoire n'est oubliée, on est dans une mémoire apaisée», a-t-on ajouté. La France, à travers son ambassadeur à Alger, avait qualifié il y a quelques années ces massacres d’«inexcusables». «La France doit faire sa part de chemin, la plus grande, sans aucun doute, car c’est elle qui détenait l’autorité, mais elle ne peut le faire toute seule. Il faut que les tabous sautent, des deux côtés, et que les vérités révélées fassent place aux faits avérés», avait déclaré en 2008 l’ancien ambassadeur de France à Alger Bernard Bajolet. Le président Hollande va-t-il franchir le pas pour reconnaître officiellement la responsabilité de l’Etat français dans ces massacres ?
Sonia Baker
 

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