Ce que pensait le moudjahid Abdelhafid Yaha de Hocine Aït Ahmed, Ali Mécili et Saïd Sadi

L'ancien commandant de l'ALN et un des membres fondateurs du FFS, Abdelhafid Yaha, est décédé dimanche à l'âge de 83 ans dans un hôpital parisien. Né en 1933 à Takhlijt Ath Atsou, au sommet du Djurdjura, dans une famille de révolutionnaires, Abdelhafid Yaha fait partie de ces combattants de la première heure ayant pris le maquis après la Seconde Guerre mondiale. Il a milité des années durant aux côtés des Krim Belkacem, Amar Ouamrane et Amar Nath Cheikh, avec qui il s’attellera à organiser les premiers maquis en Kabylie. Très connu dans le microcosme politico-révolutionnaire, Abdelhafid Yaha demeure toutefois inconnu du grand public. Or, son apport à la révolution en Wilaya III, puis avec les rebelles du FFS à partir de 1963, est si important. Désabusé par la «terrible situation» dans laquelle se trouvait le pays, avec les luttes intestines qui ont éloigné les dirigeants de leur peuple, il décide se rebiffer. «L’Algérie mérite mieux, écrit-il, et nous ne pouvons pas nous taire plus longtemps». Avec les dirigeants de la Wilaya III historique (Kabylie), il avoue son impuissance et celle de ses pairs, face à l’ampleur des problèmes socioéconomiques qui s’accumulaient et qu’il fallait affronter : chômage galopant, misère, dénuement des familles des chouhada, absence totale d’infrastructures viables, une administration inefficace… Après quelques mois d’observation, les officiers en charge de la transition dans cette région déshéritée sont arrivés à la conclusion qu’il fallait «agir». Car, pour eux, ce serait «renier le combat et trahir le serment fait aux martyrs», estime le commandant Yaha. Auteur d’un témoignage décapant paru en 2014, le commandant Yaha ne ménage pas les fondateurs du FFS dans certains choix ou certaines orientations, et relate avec force détails les péripéties qui ont amené à la création du FFS et comment Hocine Aït Ahmed fut le dernier à adhérer au mouvement d’opposition après moult sollicitations de Krim Belkacem et, surtout, du colonel Mohand Oulhadj. Cette radiographie du maquis du FFS dévoile les zones d’ombre occultées aussi bien par les historiens que par les autres acteurs. L’ouvrage intitulé FFS contre dictature est le deuxième tome des mémoires de cet ancien officier paru aux éditions Koukou, dirigées par Arezki Aït Larbi. Après l’évasion d’Aït Ahmed de prison, en 1965, et son départ en exil, Yaha est resté quelques années en Algérie avant de s’exiler à son tour en France et continuer son combat aux côtés de Si L'Hocine. Mais les relations entre les deux hommes ont commencé très rapidement à se détériorer. L’ex-commandant reprochait à son chef sa tendance à s’éloigner de la base militante et à se passer de l’avis de ses collaborateurs. Il n’appréciera pas du tout, par exemple, l’arrivée d’Ali Mécili au FFS qu’il soupçonnait d’être un agent secret, et n’hésita pas à le faire savoir à Aït Ahmed. Il a également dénoncé, en son temps, le fameux accord entre ce dernier et Ahmed Ben Bella, en 1985 à Londres. Il n’a jamais accepté cette alliance avec celui qui, disait-il, «torturait» ses camarades au maquis. Très suspicieux, il accusa Saïd Sadi, alors représentant du FFS en Algérie, de vouloir écarter les anciens militants du parti à des fins douteuses. A son retour au pays, en 1989, il se retrouve politiquement isolé et dénonce encore une fois «l’empressement» de la direction de l’époque, représentée par Hachemi Naït Djoudi, d’obtenir son agrément. La rupture avec Aït Ahmed était consommée. Avec d’anciens militants de 1963, il tenta de créer un FFS parallèle dans la clandestinité, mais l’expérience fut un échec. Il finit par fonder le Front des forces démocratique (FFD).
Karim Bouali

Comment (2)

    ali
    2 novembre 2016 - 16 h 16 min

    il est toujours utile de
    il est toujours utile de recueillir les témoignages des différent acteurs direct de notre histoire contemporaine nonobstant leurs véracités.les historiens spécialistes sont capable de ce rapprocher le mieux de la vérité .mais une remarque s’impose, pourquoi nos politiques ou militaires ou tous autre acteur de la vie publique ne disent pas la vérité même au moment de restituer leurs âmes à leur créateur,chose que même ce q’on appel communément impies (koufar) savent qu’ils ont un devoir moral envers l’histoire et les générations futures; je pense notamment au général Aussares qui à avouer au crépuscule de sa vie avoir assassiner le chahid Ben m’hidi.




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    Aymer
    9 juillet 2016 - 11 h 31 min

    Ait a toujours était plus
    Ait a toujours était plus soucieux de ce que penses les differentes tendances et cheikhs des zaouias en kabylie , bcp plus que la problématique et les soucis des différents mvments berberiste .il a emené ts ses secrets dans son paradis…sans qu on savhe de quel côté il etait .1 chose est sûr ct pas 1 des notre pas 1 homme qui rappeoche les kabyles mais 1 diviseur.son grd père lui a dit ruoh a hocine nchallah athentchoudoudh kan iweth outsfouriudhara…..




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