Prime à l’échec

Par R. Mahmoudi – Le dernier remaniement ministériel s’est avéré être un coup d’épée dans l’eau. Un non-événement politique. Aucun indice qui fasse croire à l’existence d’une volonté réelle de redresser le pays dans cette conjoncture difficile et reconnue comme telle sur tous les plans. Comme si tout marchait à merveille pour ce gouvernent auquel il ne manquait plus qu’un léger réajustement pour que, comme dit l’adage, «tout reste en place !» En maintenant à leurs postes tous les ministres ayant bruyamment échoué dans leur mission, le chef de l’Etat – ou son entourage, mais cela ne diminue en rien sa responsabilité – a pris le risque d’aggraver le sentiment de désarroi et de révolte qui s’est dangereusement amplifié dans la société depuis quelques mois. En dehors peut-être de l’indécrottable Amar Ghoul, dont on se demande si son départ n’est pas venu en retard, après sa calamiteuse gestion de l’autoroute Est-Ouest pendant qu’il était aux Travaux publics, aucun des membres du gouvernement concernés par des scandales n’a été touché par le remaniement. Mystère. Eclaboussé par les révélations des «Panama Papers», Abdesselam Bouchouareb peut se targuer d’avoir survécu à toutes les bourrasques et se sentira, désormais, renforcé dans sa position dans le sérail et dans sa stature d’homme de clan. De son côté, la ministre de l’Education, Nouria Benghebrit, ne pourra plus craindre quoi que ce soit, après le scandale du baccalauréat dont elle est, quoi qu’on en dise, politiquement et moralement responsable, quand bien même elle victime d’une abjecte campagne islamiste. Autre ministre jouissant de l’impunité, l’incorrigible Hamid Grine obtient le quitus pour poursuivre sa guerre contre le monde des médias, pendant que le secteur se débat dans une situation catastrophique. Son attitude dans l’affaire du rachat du groupe El-Khabar par Issad Rebrab n’a fait que creuser davantage le fossé, déjà béant, entre la corporation et les pouvoirs publics. Son maintien ne donne-t-il pas un avant-goût de ce que sera le verdict qui tombera mercredi prochain ? On notera aussi le cas du ministre de l’Habitat, Abdelmadjid Tebboune, dont le retour aux affaires en 2012, fut déjà une surprise. Ni les contestations grandissantes autour de son programme de logements ni encore l’incalculable retard accusé par le projet de la Grande Mosquée d’Alger n’auront été suffisants pour le déloger.
R. M.

Commentaires

    kassi lazhar
    16 juin 2016 - 13 h 18 min

    vous n’avez pas compris! ils
    vous n’avez pas compris! ils sont en train de continuer à piller le pays, c’est chacun son tour




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