Bonne gouvernance : l’Afrique à la traîne

Le président de la Fondation Mo Ibrahim. D. R.

Le progrès de la gouvernance en Afrique au cours des dix dernières années a été freiné par la détérioration enregistrée en matière de sécurité et de l’Etat de droit, selon le dernier indice de la Fondation Mo Ibrahim (IIAG) présenté lundi à Londres. Près des deux tiers des citoyens africains vivent dans un pays où sécurité et Etat de droit se sont dégradés au cours des dix dernières années, ce qui s’est répercuté de manière négative sur la gouvernance, a estimé Mohamed Ibrahim, président de la fondation qui porte son nom, lors d’une conférence sous le thème «une décennie de la gouvernance en Afrique, 2006 et 2015». 

«La détérioration observée en matière de sécurité et d’Etat de droit est le plus grand défi auquel le continent est aujourd’hui confronté», a relevé le président de la fondation. Cette tendance a été confirmée dans l’indice l’IIAG 2016, où la gouvernance globale sur le continent a progressé en moyenne d’un point, dans 37 pays, grâce, essentiellement, à la progression des catégories développement humain, et participation et droits de l’Homme. La fondation classe annuellement 54 pays africains en fonction de la qualité de leur gouvernance, après une évaluation sur la base de 95 indicateurs répartis en quatre grandes catégories, à partir de «43 sources indépendantes». La sécurité, la primauté du droit, la démocratie participative, le respect des droits de l’Homme et le développement économique durable constituent au préalable le point de départ pour le bon fonctionnement des institutions.

Seule évolution dans le Continent noir. Le développement économique durable a en effet enregistré une amélioration en 2016, mais à un rythme plus lent. Cette tendance positive contraste néanmoins avec la «baisse importante et préoccupante» observée dans la catégorie sécurité et Etat de droit, a justement relevé le président de la fondation qui s’intéresse aux questions de développements en Afrique. Tous les pays, sans exception, qui ont vu leur score se dégrader en matière de gouvernance globale ont enregistré un recul en matière de sécurité et d’Etat de Droit, souligne-t-on. La catégorie développement humain est celle qui obtient les meilleurs résultats, avec le meilleur score en fin de période et la progression la plus forte au cours des dix dernières années. L’IIAG 2016 indique que la Côte d’Ivoire a enregistré la plus forte progression au niveau de la gouvernance globale au cours de la dernière décennie suivie par le Togo, le Zimbabwe, le Liberia et le Rwanda.Même si le Ghana et l’Afrique du Sud continuent de figurer parmi les dix premiers pays du classement en termes de gouvernance globale en 2015, ils occupent également le huitième et dixième rang des pays ayant le plus reculé au cours de la dernière décennie.

Les trois pays en tête du classement en 2015 sont Maurice, Cabo Verde et le Botswana, et les trois pays ayant enregistré les plus fortes progressions au cours de la dernière décennie sont la Côte d’Ivoire, le Togo et le Zimbabwe. Par ailleurs, il a été retenu que le score moyen du continent pour l’indicateur corruption et bureaucratie a reculé au cours de la dernière décennie, avec 33 pays ayant enregistré une dégradation, dont 24 atteignant en 2015 leur plus mauvais score de la décennie, alors que les deux tiers des pays du continent, représentant 67% de la population africaine, ont enregistré une détérioration en matière de liberté d’expression au cours des dix dernières années.

La fondation chargée du suivi des questions de développement en Afrique a estimé que l’amélioration de la gouvernance globale en Afrique au cours de la dernière décennie reflète une tendance positive dans une majorité de pays et pour plus des deux tiers des citoyens du continent. Il a, en revanche, été relevé qu’«aucun succès, aucun progrès ne peuvent s’inscrire dans la durée sans un engagement et des efforts permanents». «La fondation recommande enfin qu’une gouvernance solide et un leadership avisé sont essentiels pour pouvoir relever ce défi, maintenir les progrès récemment accomplis et confirmer le potentiel considérable du continent».

De Londres, Boudjemaa Selimia

Commentaires

    Adel
    4 octobre 2016 - 13 h 55 min

    L’occident est en grande
    L’occident est en grande parti responsable du retard accuse par le continent noire dans tous les domaines, notamment sur le plan politique.




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