Droits de la défense : la colère gagne à nouveau les avocats

Manifestation des avocats à Alger en juin 2011. Le bras de fer continue. New Press

Les robes noires se soulèvent à nouveau contre les atteintes multiples et répétées au droit de la défense. Cette fois-ci, le vent de la colère est parti de la ville de Béjaïa où le bâtonnat appelle à une grève de plusieurs jours pour dénoncer les «conditions intenables» dans lesquelles les avocats exercent leur métier. Régie par la loi 91-04 du 8 janvier 1991, la profession d’avocat «devient de plus en plus pénible en Algérie», s’inquiètent les avocats. La protestation des robes noires, qui commence ce lundi, n’est que le résultat d’un cumul de problèmes non traités et d’actes oppressifs contre les avocats qui évoluent, de l’avis de plusieurs d’entre eux, dans un milieu «très hostile». L’adoption d’un nouveau texte de loi le 2 juillet 2013 régissant la profession d’avocat avait soulevé la colère des professionnels de ce secteur. Des milliers d’avocats étaient sortis dans la rue pour protester contre ce texte de loi qui remettait en cause le droit de la défense et qui exposait l’avocat à toutes formes de sanctions et de représailles de la part de l’administration judiciaire.

Cette nouvelle loi «ne garantit pas le droit de la défense puisque l’avocat a été mis sous la tutelle du ministre de Justice», s’insurgent les robes noires. Ce qui est une remise en cause du principe universel selon lequel le métier d’avocat est une fonction libérale et indépendante. Les avocats de Béjaïa ainsi que leurs confrères inscrits aux quatorze autres bâtonnats du pays en souffrent quotidiennement. Si la protestation se limite pour le moment à Béjaïa, il est fort probable qu’il y ait propagation du mouvement tant «les problèmes, les difficultés et les mauvais traitements» dénoncés par les avocats de cette wilaya existent ailleurs.

Le recul que connaît actuellement le droit de la défense et les menaces que subissent les avocats constituent, aux yeux de nombreux observateurs, un signe de régression de la justice, en ce sens que la profession d’avocat jouissait de plus d’indépendance et de liberté avant l’adoption du nouveau texte de loi en 2013.

Sonia Baker

Comment (5)

    amar MOKHNACHE
    15 novembre 2016 - 12 h 46 min

    ILS EXPRIMENT L ETAT ACTUEL
    ILS EXPRIMENT L ETAT ACTUEL DE NOTRE SOCIETE ! ., oui certes il y a beaucoups d incompetence tout comme l ensemble des professions liberales qui outre mer s ouvrent sur la societe creent des tribunes ou les problemes sont exposees et les solutions proposees.. ..chez nous personne n a bouge lors du limogeage du procureur general dans l affaire chakib le concept de citoyennete n existe pas et ne peut pas produire une societe civile mature avec une classe moyenne avec qui on doit composer! Dans l affaire ARCELOR METAL STEEL aussi le corps des commissaires aux comptes ne s est pas prononces sur ce partenariat de dupe qui a pourtant saigne le tresor…donc il n y a pas lieu de les enfoncer outre mesure ils sont aussi a l image de ces candidats senateurs et deputes pour decrocher une jenba de cette frissa qu est devenue l ALGERIE…Peut etre demain une nouvelle generation aura des convictions……………………………………..




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    amar MOKHNACHE
    15 novembre 2016 - 12 h 43 min

    ILS EXPRIMENT L ETAT ACTUEL
    ILS EXPRIMENT L ETAT ACTUEL DE NOTRE SOCIETE ! ., oui certes il y a beaucoups d incompetence tout comme l ensemble des professions liberales qui outre mer s ouvrent sur la societe creent des tribunes ou les problemes sont exposees et les solutions proposees.. ..chez nous personne n a bouge lors du limogeage du procureur general dans l affaire chakib le concept de citoyennete n existe pas et ne peut pas produire une societe civile mature avec une classe moyenne avec qui on doit composer! Dans l affaire ARCELOR METAL STEEL aussi le corps des commissaires aux comptes ne s est pas prononces sur ce partenariat de dupe qui a pourtant saigne le tresor…donc il n y a pas lieu de les enfoncer outre mesure ils sont aussi a l image de ces candidats senateurs et deputes pour decracfer une jenba de cette frissa qu est devenue l ALGERIE…Peut etre demain une nouvelle generation aura des convictions……………………………………..




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    Anonymous
    14 novembre 2016 - 21 h 43 min

    Ces des corrompus , rares
    Ces des corrompus , rares sont ceux qui sont des professionnels , beaucoup d’incompétence




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    Derradji
    14 novembre 2016 - 13 h 11 min

    Les majorités d’entre eux
    Les majorités d’entre eux sont des corrompus. Ils escroquent leur clients sans aucun état d’âme. Nous sommes dans une société qui a perdu toute moralité.




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    Anonymous
    14 novembre 2016 - 7 h 51 min

    Et oui il y a régression et
    Et oui il y a régression et atteinte aux droits à la défense. Les avocats exercent sous la menace et l’humiliation de la part des magistrats, des procureurs et de l’administration judiciaire. Il m’est arrivé de voir un avocat humilié en séance plénière par le juge. Alors que pour les citoyens n’en parlons pas : les procureurs (certains) les menacent, les juges (certains) aussi. Le citoyen ne sait plus comment faire pour se défendre dans la dignité. Viendra t-il un jour où le citoyen recouvrira sa dignité dans nos tribunaux?




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