Al-Abadi aux Kurdes : «Vous n’aurez pas d’Etat !»

Haider Al-Abadi, Premier ministre irakien. D. R.

Le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi a déclaré, lors de ses entretiens cette semaine avec une délégation kurde en déplacement à Bagdad, que les ambitions des Kurdes de créer leur propre Etat est un «droit légitime». Le responsable irakien a cependant fait savoir que le moment n’est actuellement pas propice à un référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien. «Je n’ai pas à me mêler de l’aspiration et de l’ambition des frères kurdes d’avoir leur propre Etat, mais un référendum maintenant sur l’indépendance du Kurdistan ne servira pas leurs intérêts», a déclaré Haidar Al-Abadi.

Le Premier ministre irakien a ainsi expliqué qu’il était incongru de parler de référendum dans un contexte régional des plus explosifs. Outre de citer la guerre en cours contre Deach et la crise syrienne, M. Al-Abadi a fait savoir que le projet des Kurdes de fonder leur propre Etat ne sera pas accueilli favorablement par les pays voisins de l’Irak qui ne veulent pas en entendre parler. Pour lui, une telle démarche peut être l’origine d’un autre conflit régional, ajoutant qu’elle risquerait également de porter préjudice à la sécurité et à la stabilité de l’Irak dans la mesure où d’autres régions irakiennes pourraient être tentées de suivre l’exemple kurde.

Dans la région, la Turquie est le pays qui s’oppose le plus à un projet d’indépendance du Kurdistan. Un porte-parole du président turc, Recep Tayyip Erdogan, a répété la semaine dernière qu’Ankara était opposé à toute perspective d’indépendance kurde. «Nous pensons que ce (référendum) serait un faux pas», avait-il explicité. Le responsable turc avait également ajouté : «Nous ne trouvons pas qu’il soit juste de mettre ce sujet à l’ordre du jour au moment où l’Irak traverse une période compliquée et où il existe des risques sécuritaires régionaux concernant notre lutte contre le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, présent en Turquie et en Syrie) et Daesh».

Haidar Al-Abadi a expliqué, en outre, à ses invités qu’en l’état actuel des choses, les Kurdes n’avaient pas le droit aussi, comme ils viennent de le faire, de hisser leur drapeau sur les institutions officielles de Kirkouk, qui reste une ville irakienne. Le Premier ministre irakien a indiqué qu’il s’agissait là d’un «viol des lois irakiennes».

Le Parti démocratique du Kurdistan et l’Union patriotique du Kurdistan, les principaux partis politiques du Kurdistan irakien, sont, rappelle-t-on, tombés d’accord dimanche dernier à la suite d’une bipartite pour tenir un référendum sur l’indépendance de la région vis-à-vis de l’Irak en 2017. Le président de la région, Massoud Barzani, avait également assisté à cette rencontre. Le représentant du Parti démocratique du Kurdistan, Mahmoud Mohammed, avait expliqué que les partis avaient décidé de tenir le référendum cette année et qu’en conséquence les négociations avec Bagdad et les pays voisins seraient lancées.

Les relations entre le Kurdistan irakien et le gouvernement chiite de Bagdad sont devenues tendues ces dernières années notamment en raison des champs pétroliers de Kirkouk que les deux parties convoitent. Le Premier ministre irakien, Haider Al-Abadi, au pouvoir depuis 2014, tente tant bien que mal de garder des relations cordiales avec le Kurdistan, mais la tâche paraît pour lui difficile du moment que le courant nationaliste est actuellement dominant dans le Kurdistan.

Khider Cherif

Comment (2)

    Boumediene
    20 avril 2017 - 11 h 36 min

    C’est des pourris ces Kurdes
    C’est des pourris ces Kurdes qui ont servi d’éclaireurs à l’armée US lors de l’invasion de l’Irak




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    Anonymaoui
    20 avril 2017 - 11 h 16 min

    Finalement c’est l
    Finalement c’est l’appartenance à une faction religieuse, dans ce cas le chiisme, qui décide des politiques à défendre. Les notions de nationalisme de patriotisme et d’unité nationale ne veulent rien dire pour cet homme qui obeit aux ordres de ses maitres iraniens qui ont une minorité kurde qui veulent la maintenir sous leur joug. Comme d’autres responsables irakiens obeissent aux saoudiens parceque sunites. C’est comme ça que les Etats-Nations vont disparaître.




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