Le maréchal Haftar lâche ses officiers pour plaire à la CPI

Khalifa Haftar
Khalifa Haftar. D. R.

Par Sadek Sahraoui – Il n’y aura pas de bras de fer entre l’Armée nationale libyenne (ANL) et la Cour pénale internationale (CPI) concernant le cas du commandant Mahmoud Mustafa Busayf Al-Werfalli, accusé de crime de guerre par La Haye. Le maréchal Khalifa Haftar, commandant en chef de l’ANL, vient de décider de mettre aux arrêts son officier et d’ouvrir une enquête sur ses agissements.

Dans un communiqué lu ce matin par le porte-parole de l’ANL, le colonel Al-Mismari, Khalifa Haftar a insisté sur l’idée qu’il ne tolérera pas que son armée soit salie par de tels actes et qu’il ne ménagera aucun effort pour faire toute la lumière sur cette affaire. En ce pliant aux desiderata de la CPI, le maréchal Haftar donne ainsi clairement l’assurance à la communauté internationale qu’il n’agira pas en despote s’il venait à accéder au pouvoir et qu’il sera respectueux des droits de l’Homme. C’est ici aussi une réponse à ses adversaires politiques qui l’accusent régulièrement de n’être qu’un sanguinaire. En clair, il lâche donc son officier pour soigner son image de marque et plaire à la CPI.

La CPI a, rappelle-t-on, émis mardi un mandat d’arrêt international à l’encontre de Mahmoud Mustafa Busayf Al-Werfalli, un commandant militaire libyen de premier plan. Cet officier est soupçonné d’avoir été impliqué ces deux dernières années dans la mort de 33 personnes à Benghazi, la deuxième ville de Libye. La CPI «a délivré un mandat d’arrêt à l’encontre de Mahmoud Mustafa Busayf Al-Werfalli, qui serait responsable de meurtres en tant que crime de guerre dans le contexte du conflit armé non international en Libye», a déclaré dans un communiqué le tribunal.

Mahmoud Al-Werfalli, né en 1978, est un des commandants d’Al-Saiqa, une unité d’élite qui a fait défection à l’Armée nationale libyenne après le soulèvement contre le dictateur Mouammar Kadhafi en 2011. Elle se bat depuis aux côtés des forces de Khalifa Haftar à Benghazi. Mahmoud Al-Werfalli est accusé d’être impliqué dans au moins sept incidents en 2016 et 2017, au cours desquels il aurait lui-même tiré sur des civils ou des combattants blessés ou ordonné leur exécution.

Parmi les pièces à charge fournies à la CPI, figure une vidéo sur laquelle on verrait Mahmoud Al-Werfalli en train d’ouvrir le feu sur une personne désarmée portant une capuche et s’adressant ensuite à son cadavre pour lui dire notamment qu’il était sous l’emprise de «Satan». Dans une autre vidéo, il serait vu en train de lire un document et d’ordonner à un peloton d’exécution de tirer sur 15 personnes portant des combinaisons orange et des capuches noires, rapportent les juges.

Toujours d’après ces images, Mahmoud Al-Werfalli et deux autres hommes auraient eux-mêmes exécuté trois personnes et ordonné l’exécution de deux autres. «La vidéo rendant compte de cet événement, avec un total de 20 personnes exécutées, a été postée sur un réseau social le 23 juillet 2017», ajoute la CPI.

La procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a, de son côté, appelé les autorités libyennes à arrêter et remettre à la CPI Mahmoud Al-Werfalli. «Des crimes aussi graves, en particulier de par la manière cruelle et inhumaine avec laquelle ils ont été commis contre des victimes sans défense, doivent être stoppés», a-t-elle dit. La question est de savoir maintenant si Haftar ira jusqu’à livrer Al-Warfalli à la CPI pour prouver qu’il est vraiment du «bon côté de la barrière».

S. S.

Comment (2)

    Archer
    19 août 2017 - 18 h 14 min

    Et Bush, Blair et Sarkozy?




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    18 août 2017 - 14 h 49 min

    peut etre que ce soit disant CPI se penche un peu sur le cas de nos freres Yemanites.




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